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Dossier de synthèse d'aire d'étude de l'architecture rurale de la Vôge méridionale

Dossier IA88000990 réalisé en 1998
Aires d'études Bains-les-Bains, Darney, Monthureux-sur-Saône, Lamarche, Xertigny
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L’'épais massif forestier qui recouvrait la Vôge a été défriché en partie sous la domination romaine. A l’Ouest de la Saône, la forêt était déjà largement défrichée avant l’an Mil. En revanche, dans le Sud, aux sols plus pauvres, les premières installations sont dues essentiellement au thermalisme (Bains-les-Bains). Les localités d’origine médiévale sont situées au nord et à l’est du secteur étudié. Territoire de marche, les Vosges méridionales sont situées à la limite du duché de Lorraine rattaché au royaume tardivement en 1766 et de provinces plus anciennement françaises : la Franche-Comté et la Champagne, dans un secteur disputé où les différentes influences se sont souvent heurtées pour des frontières mal définies ou des problèmes de souveraineté. La plupart de ces conflits sont réglés au 18e siècle. L’évolution de ces villages est alors marquée par un essor continu qui n’exclue pas l’activité verrière (depuis le Moyen Age), métallurgique active depuis le 16e siècle (cf. enquête : ancienne métallurgie Vosgienne) voire textile au 19e siècle. La crise agricole de 1846-1847 est concomitante du début d’un affaiblissement démographique important : baisse de la natalité et exode rural. 4 des 5 cantons étudiés ont aujourd’hui’hui une faible densité de population (moins de 27 hab. au km²) . Commencée en 1998, rapidement interrompue, l’enquête thématique sur l’architecture rurale de la Vôge méridionale a été reprise de 2002 à 2006. Elle concerne cinq cantons composant la frange sud-ouest du département des Vosges : les cantons de Bains-les-Bains, Darney, Lamarche, Monthureux-sur-Saône et Xertigny. 2498 fermes et maisons de manouvriers ont été repérées et photographiées ; 148 fermes ont été sélectionnées et ont fait l’objet d’un dossier ; 16 dossiers de mobilier ou de décor ont été réalisés. Chacune des 77 communes a fait l’objet d’un dossier collectif (ce dernier pourra être enrichi lors des opérations d'inventaires topographiques futures). Un dossier d'opération ponctuelle (2001, ferme-huilerie d'Ainvelle) a été ajouté à cet ensemble. Dates d'enquêtes : 1998 ; 2002 ; 2003 ; 2004 ; 2005 ; 2006.

Le territoire est un plateau de grès bigarré dont l’altitude varie de 300 à 500m, légèrement plus élevé au sud et couvert d’une forêt de feuillus, trouée par de larges clairières. Il est traversé par la ligne de partage des eaux. A l’Ouest, le cours du Mouzon rejoint la Meuse native de la Haute-Marne voisine tandis que celui du Madon se jette dans la Moselle au sud de Nancy ; tous appartiennent au bassin hydrographique de la mer du Nord. En revanche, à l’Est la Semouse et le Coney accroissent de leurs eaux la Saône qui prend sa source à Vioménil pour se diriger vers le bassin méditerranéen. Assez fortement arrosé de 800 à 1000 ml1 par m², les Vosges méridionales sont néanmoins à l’abri des hivers trop rigoureux : il y gèle moins de 85 jours par an. La carte géologique fait clairement apparaître l'opposition de deux ensembles, les sols calcaires dominant à l'Ouest de la Saône, les sols gréseux dominant à l'Est. Les sols calcaires, plus fertiles, sont les premiers mis en valeur et exploités : ainsi, les communes de Bleurville, Nonville et Belmont, qui forment un îlot calcaire dans le milieu gréseux, existent depuis l’Antiquité. Le territoire étudié présente deux types d’agglomération : l’habitat groupé en village-rue compact dominant à l’Ouest et l’habitat dispersé en hameaux et clairières dominant à l’Est. Cette distinction apparaît nettement : sur l'ensemble des fermes repérées, 110 sont mitoyennes dans les cantons de l’Est (Bains-les-Bains et Xertigny) et 1520 dans les trois cantons de l’ouest (Darney, Lamarche et Monthureux-sur-Saône). La ferme des Vosges méridionales présente les caractéristiques générales de la ferme lorraine : il s’agit généralement de fermes de type « bloc à terre », à un seul corps de bâtiment, abritant sous le même toit hommes, bêtes et récoltes. Plus de 50 % reprennent la disposition classique de la ferme à trois travées. Quelques grosses exploitations comprennent jusqu’à quatre travées (environ 12 %). Dans les fermes à trois travées, le logis, les engrangements et l'étable-écurie sont disposés parallèlement les uns aux autres. L'étable peut se situer à droite ou à gauche de la grange. Dans les fermes à deux travées (environ 35 % du corpus étudié), qui sont les plus fréquentes en-dehors du modèle principal, l’espace consacré à l'étable-écurie est généralement plus réduit que dans les grandes fermes et se situe derrière la grange. De nombreuses variantes existent quant au plan, à la morphologie et la structure : la ferme avec plan en L (8%) parfois avec un pavillon, la maison de manouvrier (11%), la maison de vigneron dans les cantons de Lamarche et Monthureux-sur-Saône. Mais deux grands types se distinguent sur l’ensemble de l’aire d’étude : à l’est la ferme à charri, à l’ouest la ferme à hallier. Le charri que l’on trouve aussi dans les Hautes-Vosges et en Franche-Comté, est présent dans les cantons de Darney, Xertigny et Bains-les-Bains (où il représente 50 % du bâti). Dans l'ouest de l'aire d'étude, il est quasi-absent (à l'exception de deux cas isolés observés dans le canton de Lamarche). Le charri est l’espace situé derrière la façade antérieure, entre deux portes charretières distantes de quelques mètres, c’est la partie antérieure de la grange, ou avant-grange et il sert à la communication entre les différentes parties de la ferme, à abriter le matériel, à divers menus travaux agricoles ; il est généralement dallée, car c’est là que s’effectuait le battage au fléau). Dans les villages agglomérés de l'ouest, l’espace plus restreint du village-rue a encouragé l’utilisation de l'usoir, ou parge (d’autant plus qu’il est privé dans le sud-ouest des Vosges) pour la construction d’un petit hangar ouvert appelé localement hallier qui est à la fois un avant-toit sur consoles de chêne et un hangar (à bois et à foin). Le bois était stocké dans la partie inférieure. Une chambre à four pouvait aussi être aménagée sous l’auvent qui accueille aussi un banc. Le rôle de distribution intérieure et de circulation joué à l'Est par le charri est assuré par un couloir cloisonné de planches, traversant toute la ferme en profondeur. Il est destiné au passage des animaux pour accéder à l'écurie située au fond de la grange.

A_GESTION

GESTION {import cindoc=NAT2}{lot=0220}{publication MCC=versé 2007/07/09 MBB}

Références documentaires

Bibliographie
  • Histoires de fermes. Architecture rurale des Vosges méridionales : catalogue / Exposition. Epinal, Conseil général des Vosges. 2007 / réd. Catherine Zeller-Belville. - Epinal : Conseil général des Vosges, 2007. - 152 p.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
(c) Région Grand-Est - Inventaire général ; (c) Conseil départemental des Vosges - Zeller-Belville Catherine
Catherine Zeller-Belville , né(e) Belville (14 07 70 - )
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