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hôpital

Dossier IA88031986 réalisé en 1996

Fiche

Dénominations hôpital
Aire d'étude et canton Vosges - Remiremont
Adresse Commune : Remiremont
Adresse : rue Georges Lang
Cadastre : 2020 AC 155 ; 2020 AC 120 ; 2020 AC 119 ; 2020 AC 153 ; 2020 AC 165

Un premier hôpital fut créé sans doute au Xe siècle à l'intérieur du quartier canonial (et non au VIIIe siècle comme l'affirmait parfois le chapitre. Il est connu sous le nom d'hôpital et maison-Dieu Saint-Barthélémy. Au début du XVIIIe siècle, c'est un édifice comprenant "un étage bas", lézardé depuis le tremblement de terre de 1682, ne comprenant que quelques chambres "sombres, humides et malsaines" (cf Hdpt A 6) et une chapelle réduite à une simple pièce contre la rue et l'hôpital, dépourvue en 1664 de tabernacle. Il semble y avoir cependant eu des travaux avant 1695 (H dpt 29/E3).

Devant tant de vétusté et en raison de la crainte d'y voir se développé un foyer de contamination, l'abbesse Béatrix de Lorraine-Lillebonne (1711-1738) obtint de François de Camilly évêque de Toul (1795-1723) l'autorisation de transférer l'établissement à l'extérieur du quartier canonial. Il appartient à une vague de construction d'hôpitaux de proximité qui concerna le duché de Lorraine sous les règnes de Léopold, François II et Stanislas à l'instar du royaume de France. Il est construit en 1724. Son fonctionnement est confié aux soeurs de Saint-Charles et il prend le nom d'hôpital Sainte-Béatrix en l'honneur de sa fondatrice.

Situé entre le ruisseau de Maxonrupt et les anciennes fortifications, l'hôpital assura l'accueil des pauvres malades, des enfants isolés et donna du travail aux pauvres valides jusqu'en 1751 daté à laquelle un bureau des pauvres fut créé en ville (cf. AM Remiremont, BB 39). Des travaux d'agrandissement furent effectués au XVIIIe siècle augmentant la capacité du nombre de lits mais aussi de l'appartement du directeur à la demande du chanoine Pierre Andreu en 1753-1754.

Après un incendie, de nouveaux bâtiments sont édifiés pour la direction de Charles Perron (1820-1970) à partir de 1871. Ils sont complétés par un dispensaire érigé par Henri fachot à partir de 1881 et un pavillon militaire à partir de 1890. Le ruisseau de Maxonrupt est couvert en 1889 par Henri Fachot. Le même architecte construit un pavillon de désinfection en 1892, des espaces logistiques et le "services des femmes" en 1903, une salle d'opération en 1908 ... et réaménage la chapelle en 1890. Les vitraux de cette dernière avaient été refaits en 1873

Les anciens bâtiments ont détruits en 1974 pour permettre la construction d'un nouvel équipement projeté dès 1965 et dont les travaux durent jusqu'en 1977. Seule la porte de la chapelle est conservée, déplacée et réinstallée, elle est protégée au titre des Monuments historiques. Les pots à pharmacie sont également protégés et présentés dans le nouvel hôpital tandis que les archives anciennes sont déposées aux archives municipales puis départementales.

Période(s) Principale : 10e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
Secondaire : 4e quart 17e siècle , daté par source, daté par travaux historiques , (détruit)
Principale : 1er quart 18e siècle , daté par source, daté par travaux historiques , (détruit)
Secondaire : 3e quart 18e siècle , daté par source , (détruit)
Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source, daté par travaux historiques , (détruit)
Secondaire : 4e quart 19e siècle , daté par source, daté par travaux historiques , (détruit)
Secondaire : 1er quart 20e siècle , daté par source, daté par travaux historiques , (détruit)
Principale : 3e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1724, daté par source
1753, daté par source
1871, daté par source
1881, daté par source
1889, daté par source
1890, daté par source
1892, daté par source
1903, daté par source
1914, daté par source
1974, daté par source
Auteur(s) Personnalité : Lorraine-Lillebonne Béatrix,
Béatrix Lorraine-Lillebonne (1662 - 1738)

abbesse de Remiremont (1711-1738)


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commanditaire, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Perron Charles, dit(e) Perron Père,
Charles Perron , dit(e) Perron Père (1820 - 1886)

Charles Perron est né à Epinal en 1820 et meurt à Remiremont en 1886.

Formé à l'école départementale de dessin linéaire des Vosges à Epinal en 1834, il est architecte departemental de l'arrondissement de Remiremont (1845-1886), membre du service des travaux communaux pour la ville de Remiremont (1859-1869), architecte de la ville de Remiremont (1849-1881), membre du service des travaux departementaux (1860-1869), membre de la commission de surveillance de la prison, puis de la maison d’arrêt de Remiremont (1860-1886), membre du conseil d'hygiène publique et de la salubrité de l'arrondissement de Remiremont (1867-1879).

Son agence est située square des Rangs (1872-1885), puis boulevard Thiers (1882)

Il est le pere de Paul Perron (1854-1931).


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architecte, attribution par source
Auteur : Fachot Charles-Henri,
Charles-Henri Fachot (1835 - 1910)

Architecte de la ville de Remiremont entre 1871 et 1908.


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architecte communal, attribution par source

Il ne subsiste de l'ancien hôpital que le portail de la chapelle.

Murs grès pierre de taille
États conservations vestiges
Techniques sculpture
Représentations pilastre, volute, ornement végétal fronton
Précision représentations

un portail d’entrée encadré de pilastre en bossage en table et amorti d’un fronton brisé et d’une niche accostée de volutes feuillagées qui abritait la statue de sainte Béatrix.

Statut de la propriété propriété d'un établissement public communal
Protections inscrit MH, 1974/08/20
Précisions sur la protection

Portail, y compris la niche avec sa statue qui le surmonte : inscription par arrêté du 20 août 1974

Annexes

  • descriptif de l'hôpital construit par Béatrix de Lorraine-Lillebonne

    Eloigné du centre ville, mais facilement accessible, le nouvel hôpital s’élevait au pied de la colline du Calvaire dans un endroit aéré, entre le ruisseau de Maxonrupt endigué et les anciennes murailles. Les travaux de construction furent achevés en 1724, avant la démolition des anciens locaux, permettant aux malades d’être transférés sans hâte excessive.

    Les bâtiments- en U- s’ordonnaient autour d’une cour ouverte, suivant les principes de l’architecture hospitalière de cette première moitié du XVIII e siècle. Ils comprenaient trois niveaux couverts d’une toiture à longs pans et croupes avec une large façade sur rue. On ignore la distribution intérieure qui devait être proche de celle de Commercy (construit entre 1716 et 1720 par l’architecte bénédictin Dom Léopold Durand) : communs au rez-de-Chaussée, salles communes au premier étage et chambres au second. La pharmacie pourrait avoir été dès l’origine au rez-de-chaussée si l’on en croit les témoignages du XIX e siècle. Les façades sur rue ou sur cour étaient d’une grande simplicité encore plus grande qu’à Lunéville et Commercy Edifiées en moellon enduit, elles ne portaient comme seul décor qu’un simple bandeau qui souligne chaque niveau. Les percements étaient abondants, plus grands et plus nombreux aux deux premiers niveaux.L’entrée se faisait, côté cour, par une porte du corps principal dont le linteau rappelait à chacun la devise de l’hôpital et l’année de son ouverture gravées sur une plaque de marbre noir : “ Hospes erat Christus quem collectura Beatrix/Aegros et miseros hoc beat.hospitio./Hospes eram et collegistis me.M.DCC XXIV. ”

    Les salles des malades et des passants. Il y avait à l’origine deux salles pour les malades, l’une pour les hommes, l’autre pour les femmes; deux pièces à l’usage d’ouvroir pour les garçons et les filles, deux chambres pour les orphelines et enfin des chambres pour héberger les “pauvres passants”. Conformément aux nouvelles pratiques hospitalières, il y avait bien séparation par type de pensionnaires avec distinction des fonctions médicales, d’orphelinat, d’aide sociale et d’hospitalité mais rien n’était prévu pour isoler les malades contagieux. Un soin attentif et constant fut apporté à l’alimentation en eau : les arrivées d’eau et les évacuations furent toujours soigneusement entretenues. Nous connaissons la capacité d’accueil de l’établissement en 1726 (13 lits pour les malades et 14 pour les orphelines) et surtout par les rapports de la fin du XVIII e siècle, après des travaux d’agrandissement : Sainte-Béatrix comptait alors 58 lits soit 26 pour les malades, 8 pour les passants et 24 pour les orphelines, ce qui en fait un établissement important à comparer à ceux de Saint-Dié (45 lits), Vaucouleurs (47 lits), Plombières (estimation de 31 lits)et Saint-Julien de Nancy (12 lits pour les orphelins et 12 pour les orphelines).

    Les logements : Ils étaient situés dans le bâtiment principal. Les soeurs logeaient probablement à l’étage (comme à Commercy) dans l’aile sud, proche de la chapelle mais aussi à proximité des malades. Le directeur disposait d’un appartement agrandi en 1753-1754 à la demande du chanoine Pierre Andreu désireux d’une chambre exposée au soleil. Les portraits de trois bienfaiteurs y sont attestés dès 1750 : Madame de Lisllebonne, c’est à dire de Béatrix de Lorraine-Lillebonne, fondatrice du nouvel hôpital, Madame de Lespinasse, chanoinesse et lare cdinal de Rohan, archevêque de Strasbourg, à l’origine du règlement de 1735.

    Un jardin d’agrément sur lequel donnait la cour en U, était l’objet de soins attentifs : on acquit pour l’orner deux arbres à Nancy en 1755-1756 et des noyers à Masevaux et l’on recruta même un jardinier durant quelques années

    la chapelle : Scipion Jérôme Bégon, évêque de Toul (1723-1753), avait autorisé le 1er mai 1726 la bénédiction de la chapelle et la célébration des offices et commis le chanoine Andreu pour ce faire. Conformément aux nouveaux usages qui séparaient clairement activités religieuses et fonctions médicales et d’accueil, l’édifice avait été construit à l’extérieur de la cour en U de l’hôpital et formait une annexe au sud, directement accessible de la rue par un portail d’entrée encadré de pilastre en bossage en table et amorti d’un fronton brisé et d’une niche accostée de volutes feuillagées qui abritait la statue de sainte Béatrix. Cet élément architecturé, caractéristique du premier tiers du XVIII e siècle constituait le seul décor des austères façades sur rue de la totalité du bâtiment. Il a été conservé lors de la destruction de 1974 et a fait l’objet d’une protection au titre des Monuments Historiques. La toiture à longs pans avait été refaite après l’incendie de 1871. Un léger campanile, au dessus du choeur, abritait une petite cloche fondue en par Joseph Robert, fondeur à Nancy et acquise en 1752-1753 au prix de 79 livres.

    A l’intérieur, le vaisseau unique se terminait par une abside à trois pans. Le choeur était séparé de la nef par un simple emmarchement semi-circulaire, d'une grille de communion en fer forgé ornée de feuilles en tôle dorée et d’un décor en arabesque. Les comptes nous fournissent quelques précisions sur les autres éléments du mobilier : des chandeliers en bois doré réalisés par le sculpteur Hervé en 1750-1751, un missel acquis l’année suivante ...

    Une bonne partie des tableaux conservés sur place jusqu’en 1974 dans l’ancien hôpital devait orner la chapelle : deux toiles de facture très différentes représentants l'une saint Charles Boromée adorant la Croix, l'autre saint Antoine avec l’Enfant Jésus, éclairé par un rayon traversant une nuée, La Madeleine en prière les mains croisée sur la poitrine devant un ange porteur de la couronne et de la palme (d'après une gravure de N. Bazin reproduisant un tableau de Le Brun, la tente de Darius, dont le personnage de Statiro a été repris pour servir de modèle), un portrait de saint Romary, fondateur du chapitre, Jésus enfant jouant avec saint Jean-Baptiste sous les yeux de Marie et de Joseph ( le choix du thème iconographique rappelle la dévotion particulière des les religieuses de Saint-Charles pour la Sainte Famille.

    Les annexes : Outre la cuisine et le réfectoire situés dans le bâtiment principal, on note - rare trait d’archaïsme- l’importance des exploitations maraichères et agricoles à proximité immédiate : ferme, étables... Le rôle que jouait l’hôpital dans la distribution de nourriture et de pain en ville justifiait en outre la présence d’une boulangerie dans ses murs.

    D'après Bouvet, Mireille-Bénédicte. Politique hospitalière et sociale des dames et de la ville de Remiremont au dix-huitième siècle dans Colloque, Les chapitres de dames nobles entre France et Empire, 1996.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Vosges : Archives hospitalières de Remiremont, 1305-1984 (répertoire méthodique par Brigitte Chossenot, Epinal 2008 et 2012)

    Archives départementales des Vosges, Épinal : H dépot 29
Bibliographie
  • PUTON (Bernard), Notice historique sur l'hôpital de Remiremont, Nancy, Impr Voirin, 1887

    Archives départementales des Vosges, Épinal
  • BUISSON (Abbé F.), Essai historique sur l'hôpital de Remiremont, Remiremont, Impr. E. Guillemin, 1888

    Archives départementales des Vosges, Épinal
  • Hôpital-Hospice de Remiremont : programme d'extension et de modernisation et plan directeur. - [S.l.] : [s.n.], 1965. - 74 p. : ill., plans.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • JACOTEY (Marie-Louise), histoire de l'hospitalité à Remiremont (Vosges) au cours des âges, s.l. [après 1974], 30 p.

    Archives départementales des Vosges, Épinal
  • BAUMGARTNER (Jean-Claude), Béatrix Hiéronyme de Lorraine-Lillebonne et l'hôpital de Remiremont" dans La lorgnette hospitalière, n° 15, septembre, 1992, p. 19-20

    Archives départementales des Vosges, Épinal
  • BAUMGARTNER (Jean-Claude), 'hôpital de Remiremont, 1000 ans d'histoire hospitalière, dans La Lorgnette hospitalière, n°16, décembre 1993, p. 5-6

    Archives départementales des Vosges, Épinal
  • Santé et charité, catalogue de l'exposition des Archives départementales des Vosges.- Epinal, éd. du Conseil général des Vosges, 1994.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Bouvet, Mireille-Bénédicte. Politique hospitalière et sociale des dames et de la ville de Remiremont au dix-huitième siècle. In : Colloque (18-20 avril 1996 ; Remiremont). Les chapitres de dames nobles entre France et Empire. Paris : Ed. Messene, 1998, p. 181-214 : ill..

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Bouvet Mireille-Bénédicte
Mireille-Bénédicte Bouvet

Conservateur régional à l'Inventaire général Lorraine depuis 1995, Grand Est depuis 2018


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