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Présentation de l'architecture de la seconde reconstruction dans les Vosges - Version provisoire

Dossier IA88030068 réalisé en 2014
Aires d'études aire d'étude du département 88, Hautes-Vosges
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En novembre 1944, devant l’avancée des troupes alliées, les allemands se retirent, dynamitant ce qui n’avait pas été détruit par les bombardements des semaines précédentes. L’est du département des Vosges est particulièrement touché, des villages, des villes sont entièrement détruits (Saint-Dié, Gérardmer, La Bresse…). 7400 bâtiments ont été sinistrés à plus de 75% ; parmi ceux-ci on dénombre 3700 habitations, 2000 fermes, 1700 locaux industriels ou commerçants entraînant 25000 sinistrés sans-abri.

Le gouvernement de Vichy, vote en octobre 1940, une loi relative à l'indemnisation des dommages de guerre. Il crée le Comité National d’Urbanisme (26 mai 1941) chargé d’en contrôler l’exécution. En novembre 1944, le gouvernement provisoire crée le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme sous la direction de Raoul Dautry et la loi du 28 octobre 1946 reconnait aux sinistrés le droit à réparation intégrale. Les dommages de guerre sont alors calculés sur la base de la valeur du bien détruit. Chaque département est doté en 1946 d’une délégation départementale du MRU, qui approuve les plans de reconstruction et d’aménagement (PRA) et gère administrativement les opérations de reconstruction. Les départements sont divisés en arrondissements correspondant aux divisions administratives actuelles avec à leur tête un architecte en chef. Pour les Vosges, Pierre Crouzillard (1906-1983) pour l’arrondissement d’Epinal et Georges Michau pour celui de Saint-Dié ; ils se partagent celui de Remiremont. Les arrondissements sont partagés en 3 ou 4 subdivisions avec un architecte chef de groupe qui coordonne les architectes d’opération. L’ordre des architectes est créé en 1940, mais pour participer à la reconstruction des bâtiments publics et des travaux gérés par les associations syndicales de reconstruction, un architecte doit être agréé par le MRU. Pour le département des Vosges 134 architectes ont été agréés entre 1946 et 1952.

Parallèlement, l’État encourage la formation d’associations chargées de regrouper et représenter les propriétaires sinistrés. Tout d’abord dénommées associations syndicales de remembrement, elles deviennent associations syndicales de Reconstruction (ASR) une fois celui-ci terminé. Le département des Vosges en compte 14, en moyenne une pour deux cantons. Leur mission est d’assurer le lien entre l’administration et les sinistrés, mais elle va bien au-delà puisque les associations participent à la définition des programmes de reconstruction, gèrent les avances de l’État et se substituent aux sinistrés dans le cadre des Opérations Préfinancées (OP). Les premières reconstructions débutent en 1947 par les habitations privées et les dernier bâtiments publics sont construits au début des années 1960.

Les missions confiées au Ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme sont chronologiquement de déblayer les décombres, de reloger les sinistrés, puis de reconstruire les infrastructures, l’outil de production et, dans un dernier temps, les habitations des particuliers.

Dans chaque commune sinistrée, des architectes-urbanistes proposent des plans de reconstruction et d’aménagement (PRA). Ceux-ci définissent les zones d’implantation des édifices publics et des équipements sportifs, les quartiers à lotir, les zones à vocation industrielle et les modifications de voirie. Le remembrement est géré par les associations syndicales de remembrement.

Parallèlement débute l’évaluation des Indemnités de Dommage de Guerre (IDG). Les plans des bâtiments détruits sont dressés par les architectes d’opération afin de déterminer la valeur du bien détruit. De l’IDG seront déduits les constructions provisoires et les matériaux récupérables. Cette indemnité doit permettre au sinistré d’acheter un nouveau logement (Immeuble Sans Affectation Immédiate ou ISAI ou Habitation Bon Marché ou HBM) ou de financer la reconstruction de l’immeuble détruit. Le sinistré peut choisir librement son architecte et ses entreprises ou s'il opte pour une opération préfinancée en laisser totalement la charge à une Association Syndicale de Reconstruction. Les permis de construire sont approuvés par l'architecte en chef du MRU qui contrôle l'application des normes sanitaires, mais donne aussi son avis sur la fonctionnalité et l'esthétique du bâtiment à reconstruire. Les matériaux employé laissent une large place au béton pour les dalles et les linteaux, aux parpaing pour les murs de refend et à la terre cuite pour les cloison et les hourdis, mais dans un souci d'économie, les murs extérieurs restent construits en moellons de récupération hourdis à la chaux.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Henry Jean-Yves - Varvenne Vanessa