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Présentation de la cité ferroviaire de Nouvel-Avricourt

Dossier IA57030376 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Réchicourt-le-Château
Adresse Commune : Avricourt

La guerre franco-prussienne de 1870-1871 se termine, le 29 janvier 1871, par une défaite française. Alors que la France connaît la chute du Second Empire et proclame la Troisième République, l’Allemagne unifiée du 2e Reich annexe, l’Alsace et une partie de la Lorraine (essentiellement la Moselle). C’est dans ce contexte que naissent la cité ferroviaire et la gare frontière de Deutsch-Avricourt, sur le territoire lorrain annexé. C’est une création ex-nihilo, le long de la nouvelle frontière franco-allemande. En effet, à l’issue du traité de Francfort, la France perd notamment les deux villages d’Avricourt et d’Igney ainsi que la gare commune aux deux villages, située sur la ligne Paris - Strasbourg. Devant des considérations économiques revendiquées par ces deux communes, des conventions additionnelles au traité de Francfort sont signées en octobre 1871, par lesquelles la France récupère les deux communes et la gare d’Igney-Avricourt. Mais en contrepartie, elle s’engage à financer la construction d’une nouvelle gare sur la frontière, en territoire allemand. La gare impériale terminée en 1875 est un véritable manifeste politique par rapport à la petite gare française d’Igney-Avricourt. Cette gare-frontière, la première gare allemande sur la ligne Paris -Strasbourg se dote de plusieurs bâtiments liés à l’activité ferroviaire, douanière, de la poste impériale, des trafics commerciaux : des bureaux de poste et télégraphe, une grande halle à marchandises, un dépôt, un faisceau de triage et d’échange international des wagons, une glacière, une usine à gaz, un château d’eau, etc (…) En face de la gare, une cité s’élève, appelée colonie de Deutsch-Avricourt ou cité de fonctionnaires, ensemble architectural disposé autour d’un plan géométrique et organisé suivant une stricte hiérarchie, où vivent douaniers, cheminots, agents de la poste tous fonctionnaires allemands. La cité vit de manière indépendante. Outre des commerces, elle se dote d’un ensemble, école, église et presbytère luthériens.

La gare est déclassée et fermée au trafic en 1933 au profit d’Igney-Avricourt. Simple halte de service, les bâtiments principaux sont alors reconvertis en logements de cheminots, encore occupés en 1954. La gare est à nouveau bombardée durant la dernière guerre, dans la partie triage et le dépôt. La halle à marchandises et le bâtiment administratif adjacent sinistrés sont rasés en 1952, le château d’eau en 1957. Des équipements ferroviaires, subsistent de nos jours une partie du bâtiment des voyageurs originel et une ancienne halle à marchandises.

A l’est du bâtiment des voyageurs et sur le même alignement, le bâtiment postal comprenait des bureaux de poste et de télégraphe au rez-de-chaussée était également dédié au logement des employés des postes et télégraphes à l’étage. Sa surface au sol était de 376 m2. Il est encore en place dans les années 1960 après sa reconversion totale en immeuble d’habitation. Il est encore en place dans les années 1960 après sa reconversion totale en immeuble d’habitation. Toute la partie est de la gare comprenait le faisceau de triage, l’entrepôt des douanes, et le dépôt de locomotives. La rotonde ferroviaire en éventail, couplée à un pont-tournant, permettait le remisage de dix locomotives ainsi que la réparation de deux autres. Un petit atelier séparé de réparation lui était associé. Une station de pompage avec pompe à vapeur puise l’eau dans le Sânon, et l’amène aux grues hydrauliques et au château d’eau à base octogonale. Un foyer pour les mécaniciens roulants est construit également pour l’hébergement temporaire de 52 employés, conducteurs et chauffeurs. L’usine à gaz de houille permet à la fois l’éclairage de l’ensemble de la gare, de ses bâtiments et de la colonie d’employés, avec 350 lampadaires. A l’ouest du bâtiment des voyageurs, une halle en bois pour les marchandises à grande vitesse ou messageries ferroviaires figure également sur le plan d’ensemble du complexe en 1875. Celle-ci est détruite en 1915.

A Deutsch-Avricourt, il y avait une manufacture de tabac disparue aujourd’hui. L’usine, appartenant à Fernand Burrus est construite en 1911 et mise en marche en 1912. Très abîmée après le premier conflit mondial, son propriétaire ne peut pas obtenir de dommages de guerre car il est de nationalité suisse, et du fait du monopole de la Régie Française des tabacs il n’a pas le droit de relever son usine (car elle a été mise en service pendant la période d’occupation allemande).

La cité ferroviaire de Nouvel-Avricourt fait partie de la commune d'Avricourt. La cité comprend des maisons, une école, un temple protestant, un presbytère protestant et une gare. Avricourt et Nouvel-Avricourt étaient appelés après 1870 Deutsch-Avricourt. La cité de Deutsch-Avricourt est livrée en 1875, sur 28 hectares de terrain. Les coûts totaux s'élèvent à environ 3.153 000 Marks, dont 478 000 M sont imputés à l'Administration des douanes, des postes et des télégraphes. La cité offre une typologie d’habitat unique sur le territoire. Vingt-cinq années séparent la construction du premier bâtiment, la gare, de celle du presbytère, la dernière construction se plaçant durant l’Annexion.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Zeller-Belville Catherine
Catherine Zeller-Belville , né(e) Belville (14 07 70 - )
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- Zeller-Belville Catherine
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