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Présentation de la commune de Damas-et-Bettegney

Dossier IA88031888 réalisé en 2019

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'études Dompaire
Adresse Commune : Damas-et-Bettegney

La carte archéologique mentionne le passage de la voie romaine d’Escles à Vaubexy sur le territoire de Damas-et-Bettegney. Six tertres à l’est du Bois des Meix, une villa au sud-ouest de la fontaine Saint-Médard, et de nombreux vestiges antiques sont signalés à proximité de Damas : débris de sculptures, tuiles, monnaies gauloises et romaines, tombeaux, céramiques sigillées et un fer à cheval notamment. Des sépultures mérovingiennes sont aussi identifiées au lieu-dit Poirier-Condé et d’autres ossements ont été relevés au Champ-du-Soldat et à la Croix-Lavieille.

Le nom du village est attesté dès 1285 (Midenet. Damas-et-Bettegney, état d’une communauté rurale à la veille de la Révolution de 1789. 25 janvier 1889. Sources : AD88 - 11T18/89). Il semble que Damas servit de camp à Charles Le Téméraire lors du siège de Dompaire en 1475. Le village fait partie en 1594 du bailliage des Vosges, prévôté de Dompaire et de Valfroicourt, ban d’Harol et de Girancourt, et à partir de 1751 du bailliage et maitrise de Darney, coutume de Lorraine. Au spirituel, Bocquegney est dépendant de l’église de Hennecourt, qui est une annexe de Gorhey, et qui fait partie du doyenné de Jorxey, du diocèse de Toul et de l’évêché de Saint-Dié (Lepage et Charton. 1845).

Damas-et-Bettegney a beaucoup souffert lors de la guerre de Trente ans et de l’épidémie de peste de 1636, ne comptant plus que 2 conduits en 1648, et plus un seul habitant en 1653. (Idoux. Les ravages de la guerre de Trente ans dans les Vosges.1912). La population du village se reconstitue ensuite à 51 habitants en 1710, puis augmente rapidement jusqu’à 760 en 1846, son maximum. Cette population chute progressivement pendant le siècle et demi suivant en raison de l’exode rural (269 habitants en 1982). Le nombre d’habitants dans la commune est à nouveau en hausse ces dernières décennies (367 en 2016).

A la veille de la Révolution, Damas est habité par Nicolas de Lalande, seigneur de Légéville et autres lieux, ancien officier au service de la France, possesseur de deux maisons, de 20 jours de terre par saison et du tiers du moulin. Son beau-frère, le baron de Bietach, ancien capitaine retiré au service de Joseph II Empereur du Saint-Empire, possède le second tiers. Le seigneur de Bettegney était l’abbé de Chaumousey. (Midenet. Damas-et-Bettegney, état d’une communauté rurale à la veille de la Révolution de 1789. 25 janvier 1889. Sources : AD88 - 11T18/89).Le Moulin à farine Coligneux est signalé sur la carte de Cassini (milieu 18e siècle) mais il est abandonné dans les années 1890 puis ruinés. Anciennement nommé Dommard-devant-Dompaire, Damas reçoit sa nouvelle dénomination lors de la fusion avec Bettegney vers 1795. En effet 425 personnes sont comptées à Damas et 77 à Bettegney en 1793 (sources : cassini.ehess.fr). A cette époque, Jean-Baptiste Perrin, dit Perrin des Vosges, qui est né à Damas le 5 mars 1754 (mort le 10 mai 1815 à Épinal), est négociant à Épinal. Il devient en 1791 président du directoire du département des Vosges. Il est ensuite élu député des Vosges à la Convention Nationale, puis président du Conseil des Anciens et du Corps Législatif.

Le village agricole, prospère aux 18e et 19e siècles, est situé en bordure de l’ancienne Route Royale n°66 entre Bar-le-Duc et Bâle, entre Épinal et Dompaire. Il bénéficie aussi de l’établissement de la voie ferrée Epinal-Neufchâteau en 1878, passant entre les deux hameaux. Celle-ci est partiellement fermée en 1989.

Damas-et-Bettegney est situé à l’Est de Dompaire à proximité de la route département n°166 menant à Epinal. La commune est composée du regroupement de deux hameaux.

Damas est implanté dans la vallée de la Gitte, affluant du Madon, à la confluence avec le ruisseau de l’Âtre, qui délimite 3 quartiers principaux. Au centre, les anciennes fermes sont regroupées autour de la place de l’église qui était initialement entourée du cimetière. Au nord, le quartier de l’Âtre possède des structures du début du 18e siècle, tout comme la rue des Grands Prés au sud. Ces quartiers se sont agrandis au cours des 18e et 19e siècle, dans les espaces de jonction et aux périphéries. Des constructions imposantes sont implantées le long de la route départementale n°6 en direction du sud, grâce notamment à la canalisation de la Gitte, et vers le nord, où ont été déplacé la chapelle Notre-Dame de Bonsecours en 1832 (initialement située sur la place à 65 mètres de l’église), puis le cimetière. L’agencement des constructions évoquent un village-rue peu dense, où les bâtiments sont rarement mitoyens. En direction de Bettegney et Dompaire, plusieurs regroupements restent distants, et sont plus modestes (maisons de manouvriers).

Les grandes exploitations agricoles récentes se sont développées à l’arrière d’anciennes fermes dans la partie nord-est (rue du 12 septembre), et au sud. Quelques habitations neuves sont réparties en périphéries (rue de la Croix Lavieille, rue de l’Etrau, rue de la Chapelle, et près du cimetière).

Les constructions non mitoyennes de Bettegney s’étirent le long de la route longeant le ruisseau des Preys. Une école est établie en 1808, restaurée en 1842, puis abandonnée à la fin du 19e siècle (AD88 - 11T18/89). Les bâtiments d’exploitation agricole récents sont implantés à l’extrémité nord. Au sud, la maison du garde-barrière marque l’emplacement de l’ancienne voie de chemin de fer qui séparait les deux hameaux, non loin de la route département n°166 qui longe son tracé.

Deux écarts sont signalés sont mentionnés au milieu du 19e siècle (détruits) : le moulin Coligneux et la Cense de Saint-Médard (Lepage et Charton. 1845).Dans les deux hameaux, les usoirs ne sont généralement pas cadastrés, hormis pour les constructions établies à partir du milieu du 19e siècle, en retrait par rapport à la rue. Le plan de 1806-1807 (AD88 – 3P160) montre que les constructions étaient entourées de vergers et de vignes, et des chènevières étaient installées de part et d’autre de l’actuelle rue de la Division Leclerc. Les parcelles de vignes sur les coteaux ont disparu suite aux crises du mildiou et du phylloxera vers 1900. Tout comme aujourd’hui, les prairies s’étendaient dans la vallée de la Gitte, et les champs se trouvaient plus en hauteur au sud et au nord-est du ban communal. Y sont actuellement cultivés du blé, de l’orge, du maïs, ainsi que du colza (sources : Registre parcellaire graphique 2017 – IGN). Le remembrement des parcelles agricoles a été finalisé en 2008-2009. Le Bois de Saurupt, le Bois de Bettegney et les Hauts-Bois sont situés en bordure sud et nord du ban communal. Les Bois du Behey et de Leuorot (ou Louverot) signalés sur la carte de Cassini (milieu 18e siècle) ont disparu sur le plan de 1806-1807 (AD88 – 3P160).

La commune a fait l’objet d’un traitement de l’architecture rurale à travers une étude thématique en 2019, qui a repéré 68 bâtiments et en a étudié 15.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général ; (c) Conseil départemental des Vosges - Varvenne Vanessa