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Présentation de la commune de Gondrexange

Dossier IA57030314 réalisé en 2015

Fiche

Œuvres contenues

Layette AD 54, B946n°22 :

1402 « Nous Raoul de Coucy par la grâce de Dieu et du Saint siège de Rome évêque de Metz…et nous Jehan comte de Linanges et de Réchicourt faisons savoir à tous que du débat que était mené entre nous et sur ce que nous Jehan comte de Linanges et de Réchicourt dit de notre volonté avons fait une chaussée et un étang qu’on dit l’étang Gunedrekin séant entre Fribourg et Rechicourt …en bon accord dudit débat en telle manière que ledit étang et ses appartenances de chaussée et pêcheries et en tous profits sont et seront la moitié à nous évêques de Metz et l’autre moitié à nous Jehan comte de Linanges et de Réchicourt…et devons lever et maintenir la chaussée dudit étang et maintenir en bon état et peupler de poissons ledit étang. »

AD 54, E123

Voici les obligations liées à l’exploitation des étangs, des habitants et communautés du comté de Réchicourt-le-Château : « Doivent aussi lesdits habitants de Gondrexange toutes les corvées aux réfections de la maison seigneuriale de la pêche dudit Gondrexange. Ils sont obligés aussi à toutes les corvées des réfections et entretiens sur le grand estang dudit Gondrexange. Sont aussi obligés à remplir et à un dernier coup de vider ladite étang de poissons (...). Sont obligés de charroyer l’alevin de la Laxière dans la grande estang dudit Gondrexange. Encore sont obligés à toutes les corvées des réfections et entretien de l’estang de la petite Fraide et la vider et remplir de poisson. Sont obligés aux corvées des chais au relais de l’étang de Ketzing. Sont obligés d’amener tous les bateaux hors des étangs mentionnés d’autre part et ce jusqu’à Réchicourt-le-Château ou sur les autres étangs si on leur commande (...). Ils sont obligés de mener toutes les planches pour faire les bateaux de pêche de l’étang de Gondrexange. Les manouvriers sont obligés d’arracher tous les corrois (argile assurant l’imperméabilité) et la terre nécessaire pour fermer les étangs et rehausser la chaussée comme aussi couper les fascines nécessaires pour faire les seaux des estangs. Le pâturage des étangs du ban de Desseling est permis aux sujets et en réciproque ceux de Ketzing et de la Couarderie. Lorsque la grande étang sera vide, son excellence la pourra faire labourer et semer à la volonté. Ceux d’Avricourt, doivent vider et remplir l’étang, vider le poisson pour le mener au réservoir destiné à la cuisine de Monseigneur... Sont obligés d’amener tous les bateaux, reis et filets en temps de pêche sur tous les étangs du comté doivent mener en cas de besoin tous les tonneaux de pêche à Foulcrey comme sur les autres étangs et les tonneaux de vin à Gondrexange (...). » (Texte de 1670, AD 54, E123)

1696, Ketzing

Est une cense qui a un ban à part dont le finage est composé de quantité de terre et de prés qui ne sont pas tous en état. Il y a à présent une marcairie et une ferme. La marcairie qui jouit de plus de 70 fauchées de prés et de 30 journaux de terre et qui est charroie et ferme en même temps. La maison où il réside est nouvellement bastie et consiste en logement grange écurie. Cette cense de même que la marcairerie est considérablement augmentée au moyen des défrichements et de la construction d’une maison pour un fermier qui coutera fort peu les pierres estant sur place de même que les bois guère éloignés.

1668, condition de l’enchère du grand moulin de Gondrexange.

Le meunier sera obligé de moudre tous les grains du seigneur tant pour la cour que pour la pêche. Il aura un logement dans la maison de pêche pour lequel maintiendra la toiture à l’équivalent de sa portion et la portion de la maison qu’il tiendra. Comme aussi un maix appelé le maix du moulin et le petit pré au-dessous. Laquelle enchère la première mise a été faite par m. Claude Simon mulnier au neuf moulin de Réchicourt.

AD54 E 129

23 avril 1768, le seigneur du de Fronsac, la comtesse d’Egmont conjointement seigneurs par indivis du comté de Réchicourt, Baronnie de Marimont …ont déclaré volontairement avoir laissé à titre de bail en argent pur 9 années entières à partir du 1er janvier 1769 à Jean Renqueberg, Jean Chartz, Chritianne Riser et à Christianne Noskev, anabaptistes et fermiers actuels demeurant à Kettesin et la canarderie présents stipulant et acceptants les fermes du dit Kettesin et Canarderie pour en jouir audit titre comme le tout se contient ainsi qu’ils en jouissent depuis 1759, sans aucun terrage dans l’étang de Gondrexange , doivent livrer 30 cordes de bois, les seigneurs jouissent du jardin.

AD 54 E128

1769 bail à Jean Chartz anabaptiste et fermier à Ketzing à ce présent et acceptant le droit de pêche appartenant à nos dits seigneurs dans les ruisseaux provenant du grand étang de Gondrexange pour par lui jouir du droit de pêche pendant ledit temps ne pourra approcher des haies construites par les fermiers de l’étang au bas de la chaussée.

Dommages de Guerre 10RP150

Ferme de Ketzing : PV de conciliation 2e catégorie 1919 Vicomte de Curel François né 1854, sans profession, adresse château de Ketzing n’a jamais perdu la qualité de Français. Propriétaire. Biens atteints par les dommages : armoires, lampe, buffets, chaises, tables, cadres, piano, canapé, fauteuil, vase, tapis, glaces, fourneaux, vaisselle, lits, toilettes, commodes de tables de nuit, secrétaire, enlevées ou détériorées par les troupes en cantonnement. Déblaiement général la ferme a été pendant la guerre, un hôpital des chevaux. Désinfection des écuries. Petit hangar, grand hangar . Dégâts de tranchées et abris militaires. Évaluation des dégâts de guerre dans les forêts de Kitzing appartenant à M. le Vicomte François de Curel.

Aires d'études Réchicourt-le-Château
Adresse Commune : Gondrexange

Sur le territoire de Gondrexange de nombreuses villae gallo-romaines ont été fouillées ou signalées. Plus de dix sont identifiées sur le ban communal. En 1373, les comtes de Linange-Réchicourt, ainsi que les comtes de la Petite-Pierre "aménagent" l'étang de Gondrexange par la fusion de plusieurs petits étangs. Au XVe siècle, il appartient aux évêques de Metz, puis est cédé aux ducs de Lorraine et passe successivement entre divers propriétaires. Dans un acte de 1401 l’évêque de Metz Raoul de Coucy se réserve les profits de la première pêche sur l’étang de Gondrexange. Cet étang fait alors partie de la châtellenie de Fribourg dont les seigneurs de Fénetrange tiennent une partie en fief des évêques de Metz et les Linange Réchicourt une autre partie. La réserve piscicole représente une manne économique majeure pour les propriétaires, notamment la production de carpes. Les poissons garnissent les tables seigneuriales et ducales et sont aussi exportés. La pêche est un droit exclusif des seigneurs, elle est organisée de façon très rigoureuse et implique des obligations et restrictions lourdes pour les habitants. L’évêque de Metz, à Gondrexange, pour surveiller ses pêches s’est doté d’une maison seigneuriale ; elle communique avec la maison de pêche. Lorsqu’il y a pêche au grand étang de Gondrexange, la maison de pêche est réservée au receveur. Ces droits s’appliquent lors du premier retrait de filet et se terminent à la fin de la pêche. Le fermier des pêches a alors un droit d’exclusivité sur tous les cabarets, pour vendre du vin et toutes autres boissons et pour loger les étrangers.

Sur le cadastre ancien on observe la structure du village avant la construction du canal et la présence du patrimoine lié à l’utilisation de l’étang et des cours d’eau. Après 1848, destruction des moulins, de la tannerie de Gondrexange, du lavoir, de l’égayoir de la fontaine et de la maison de pêche. L’évêque de Metz, à Gondrexange, pour surveiller ses pêches s’etait doté d’une maison seigneuriale ; elle communique avec la maison de pêche

À Gondrexange, il y avait deux moulins, un sur l’étang et un dans le village appelé le vieux moulin. Le moulin sur l’étang. Le bâtiment de Gondrexange, décrit en 1757, était composé « d’un rez-de-chaussée avec un moulage avec un tournant à côté dudit moulage, un poêle et une cuisine. Au premier étage un grenier au-dessus du poêle et la cuisine. La toiture en forme de pavillon couverte d’essain. Au-devant du moulage une petite écurie à vaches. » (AD 57, J6321).

La commune de Gondrexange est déclarée sinistrée le 29 aout 1945. Le village a été bombardé en 1944 par l’aviation américaine, sur 202 maisons, 107 sont détruites, les 89 autres sont partiellement sinistrées.

Une campagne de reconstruction, sous l’égide du MRU (Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme) créé pour l’occasion le 16 novembre 1944, se met en place. La commune est alors soumise au projet de reconstruction et d’aménagement réalisé par l’architecte en chef du secteur, ici A Michaut ( (1894-1981). Le plan de A. Michaut a reçu l’accord du conseil municipal le 17 octobre 1945. C'est l'architecte P. Schott, architecte à Sarrebourg, qui travail à la reconstruction de Gondrexange.

Deux fermes étaient gérées par des familles anabaptistes à Gondrexange (Ketzing et La Canardière), la ferme du Ketzing a abrité jusqu'à dix-huit personnes.

Gondrexang est un village de la région Grand Est, département de la Moselle, pays de Sarrebourg. Il fait partie de la Communauté de Communes de Sarrebourg Moselle Sud depuis le 1er janvier 2019. La commune est traversée par la ligne Paris-Strasbourg. Elle s'étend sur 22,9 km2 .Le village est traversé par le canal de la Marne-au-Rhin, la Sarre et le ruisseau de l'étang de Ketzing. Une partie du sol est occupée par un grand étang,l'étang de Gondrexange, réservoir du canal (voir IA57030001 ) qui existe sous sa forme actuelle depuis le 14e siècle. Plusieurs petits étangs sur le territoire de la commune dont l'étang de Ketzing, du Château, Colas et un grand espace boisé couvert par le bois de Ketzing et une partie de la forêt de Réchicourt. Sur le territoire deux domaines isolés, la ferme de Ketzing et celle de la Canardière. La ferme de Kertzing a été occupée par des anabaptistes. Le domaine a été racheté par la famille Curel.

En 1838, il y avait 1027 et 159 habitations, 805 habitants en 1900, 436 en 1946. En 2016, la population était de 483 habitants. Nombre de résidences principales 212, résidences secondaires 13 et logements vacants 12.,18% des résidences sont construites avant 1919, 8,4% entre 1919 et 1945, 30 % entre 1945 et 1970,15% entre 1971 et 1990, 17,7% entre 1991 et 2005 et 10,2% entre 2006 et 2013. (sources INSEE).

La structure du village a été modifiée en 1946, Gondrexange a bénéficié d'une plan de reconstruction et d’aménagement. Les rues ont été élargies et redressées. Dans la partie ayant gardé la bâti ancien, notamment la rue Madeleine et la rue Sœur Odile. Il s'agit de fermes mitoyennes se développant le long d'une rue. La comparaison entre la cadastre actuel et le cadastre de 1814 nous permet de comprendre les principales modifications dans la structure du village. Avant 1949, l’habitat est mitoyen avec des fermes en profondeur, des usoirs utilisés pour le fumier et des petites ruelles de service.

Le plan de reconstruction et d’aménagement de la commune de Gondrexange définit un véritable espace public pour les bâtiments de l’école et de la mairie; la voirie est redressée, élargie et même modifiée. Il s’accompagne d’un règlement sanitaire qui insiste sur l’amélioration de l’hygiène. Des îlots aérés sont tracés pour y construire de petites fermes selon les principes d’A. Michaut. Il définit le zonage de la commune, les caractères de la zone d’habitation, les caractéristiques de la zone extérieure au périmètre d’habitation, les caractéristiques de la voirie et des clôtures.

Le patrimoine de la commune se compose d'une église paroissiale, un cimetière, des croix de chemins, le canal de la Marne-au-Rhin et de nombreux ouvrages liés à son alimentation sur l'étang de Gondrexange, des fermes des 18e et 19e siècle, deux fermes héréditaires, des fermes et maisons de la Seconde reconstruction, d'une ancienne gare ferroviaire désaffectée. Les deux moulins, l'égayoir, la maison seigneuriale et la tannerie ont disparu. Il y avait de nombreux jardins clos de pierres sèches, il en subsiste de rares exemples.

Références documentaires

Bibliographie
  • Aux sources de la Seille et de la Sarre / ill. Pierre Chenu, réd. Jean Barthelémy. - Châlon-sur-Saône : P. Chenu, 1973. - 54 p. : ill. ; 23 cm.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : D57
  • CALMET, Dom Augustin. Histoire de Lorraine, qui comprend ce qui s’est passé de plus mémorable dans l’archevêché de Trèves, et dans les évêchés de Metz, Toul et Verdun, depuis Jules César dans les Gaules, jusqu’à la cession de la Lorraine,arrivée en 1737, inclusivement. Nouv. éd.Nancy : A. Leseure, 1745-1757.

    Bibliothèque municipale, Nancy
  • GIULIATO, Gérard. Les résidences fortifiées des évêques de Metz en Lorraine au Moyen âge.In : Colloque international (6-8 octobre1994 ; Le Mans). Palais royaux et princiers au Moyen âge. Le Mans : Centre d’édition et de publication de l’Université du Maine, 1996,p. 117-132.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Zeller-Belville Catherine
Catherine Zeller-Belville , né(e) Belville (14 07 70 - )
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- Zeller-Belville Catherine
Catherine Zeller-Belville , né(e) Belville (14 07 70 - )
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