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présentation de la commune de Marsal

Dossier IA57000521 réalisé en 2001

Fiche

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Aires d'études Vic-sur-Seille
Adresse Commune : Marsal

Marsal est propriété des évêques de Metz à partir de 931 puis devient le siège d'un des quatre archidiaconnés du diocèse. Une première enceinte est construite en 1259 à l'instigation de l'évêque Jacques de Lorraine (1239-1260). Le sel est exploité à Marsal, quasiment sans discontinuité, de l'âge du Bronze au milieu du XVIIe siècle. Il lui assure une indéniable prospérité en dépit de sa situation peu salubre, les marais ayant subsisté jusqu’à la canalisation de la Seille au XIXe siècle.

Convoitée à la fois par les évêques de Metz et les ducs de Lorraine à partir du XIIIe siècle, puis par le roi de France dès le XVIe siècle, la ville intègre le royaume de France en 1663. La place forte voit son importance stratégique évoluer au grès des traités et des changements de frontières jusqu'à son déclassement après 1871.

Si la population de Marsal était importante avant la fermeture de la saline et les troubles de la guerre de Trente Ans, elle semble décroître au XVIIIe siècle, situation peu habituelle en Lorraine (environ 900 hab. en 1740, 753 hab. en 1787, auxquels peuvent s'ajouter 1290 soldats). Les ingénieurs militaires soulignent d'ailleurs régulièrement le déclin de la place et la misère de ses habitants. Bien qu’éphémère, la restauration militaire sous la Monarchie de Juillet marque l’apogée de Marsal (1 166 hab. en 1836 et 2457 soldats en 1845). La population décroît ensuite inexorablement (682 en 1875, 564 en 1900, 374 en 1954, 293 en 1999).

Marsal a fait l'objet, comme la plupart des communes voisines, de destructions considérables en 1944. Sur 170 bâtiments (dont deux tiers de logements), 60 sont irrécupérables et 57 très endommagés. Initiée par le Ministère des la Reconstruction et de l'Urbanisme créé le 16 novembre 1944, la reconstruction est conduite par des architectes agréés suivant le principe d'une indemnisation à 100% et selon un plan d'aménagement rigoureux. Confié en mars 1946 à Pierre Lablaude, architecte en chef chargé des arrondissements de Dieuze et Château-Salins, ce plan entre en application en 1950.

Marsal est situé dans la vallée marécageuse de la Seille, à la marge ouest du Saulnois, l’ancien Pagus Salinensis qui doit son nom à ses très nombreuses sources salées alimentées par un des gisements en sel gemme les plus riches du monde (le sel s'est déposé dans des marnes du Trias lors d'une période de réchauffement et d’évaporation des océans).

Quoique cerné par les fortifications, l'espace ne manque pas à Marsal. Nombre de maisons délabrées ont été remplacées par des jardins, les destructions de 1944 n'ayant fait qu'accélérer un phénomène ancien. Du fait de son histoire, Marsal présente une architecture mixte. Au centre, on rencontre un habitat de type urbain avec des demeures de notables (place d'Armes) et des maisons d'artisans ou de commerçants, les habitations étant souvent accompagnées de remises. Sur les marges, l'habitat devient plus rural avec des fermes ou des maisons d'ouvriers agricoles, parfois précédées de petits usoirs. Les nombreuses entrées de cave témoignent de l'importance du vignoble jusqu'au début du XXe siècle. Il subsiste quelques séchoirs à tabac, culture encore pratiquée après la 2de guerre mondiale. Bien que jointif et souvent construit sur des parcelles en profondeur comme il est de règle en Lorraine, l'habitat est aéré avec de grands jardins et des maisons aux façades assez larges et peu élevées. La place ayant été assiégée à maintes reprises, les façades ne sont pas antérieures aux XVIIIe ou au XIXe siècle avec quelques éléments plus anciens en remploi. Elles sont construites en moellon enduit, les encadrements des ouvertures étant en grès (avec quelques linteaux en bois). Les toitures à longs pans sont généralement couvertes de tuile mécanique, en remplacement de la tuile creuse ou en écaille traditionnelles dans la région. Cette architecture assez sobre présente un décor limité (moulurations, agrafes, bandeaux ou chaînages) auquel s'ajoutent quelques niches ou inscriptions.

La reconstruction a entrainé une modification du paysage urbain. Le plan de reconstruction de Pierre Lablaude, entré en application en 1950, s'efforce de respecter les caractéristiques du bâti ancien, n'apportant de modifications qu'à la place d'Armes et à quelques îlots du nord-est où voisinaient un bâti trop dense et de grands jardins (emplacement du couvent des sœurs de la Congrégation, détruit peu après la Révolution). Dans le premier cas, il conserve les alignements mais élargit l'espace autour de l'église et installe par dérogation le presbytère, à côté du cimetière, non transféré à l'extérieur eu égard à son intérêt historiqu. Dans le second, il redessine les îlots trop étroits en modifiant la voirie. Ce plan est accompagné de prescriptions tant en matière d'hygiène et de sécurité (taille et densité d'occupation des parcelles, espace entre les bâtiments, volume et ouvertures des pièces, circulation des animaux,...) que l'esthétique (choix de matériaux locaux, harmonisation des formes et des couleurs avec les alignements préexistants...). La reconstruction elle-même est menée par l'architecte Gilles Bureau, également chargé des communes voisines de Moyenvic et Ley. Une vingtaine de fermes ou maisons seulement sont reconstruites en 1960, soit à leur emplacement d'origine (rue des Quartiers, rue des Cadets...), soit, pour une majorité, dans les îlots du nord-est où la taille et la forme des parcelles permettent un mode d'implantation discontinu ou des regroupements de deux ou trois unités selon un parti d'ensemble plus monumental.Les bâtiments reconstruits sont de type et d’importance variables, du chalet à la grosse ferme. Les « fermes bloc » traditionnelles sont souvent remplacées par des compositions plus complexes où les différentes fonctions sont abritées dans des bâtiments disposés en L, en éventail ou autour d'une cour et quelquefois reliés par des galeries de liaison. Les matériaux locaux sont prédominants (moellon enduit, soubassement en pierre calcaire, tuile mécanique, bois), l'usage du béton étant limité aux encadrements des ouvertures et à quelques détails (auvents, balcons, marquises...). La marque de l’architecte Bureau est très nette dans la qualité des compositions et des jeux d'écriture (monumentalisation des entrées, variété dans la forme et la disposition des fenêtres, balcons, claustra...).

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Références documentaires

Bibliographie
  • Artezet de la Sauvagère (Félix-François), Recherches sur la nature et l'étendue d'un ancien ouvrage des romains, appelé communément briquetage de Marsal... Paris, chez Charles-Antoine Jombert, 1740, 53 p.

  • Les églises romanes de Lorraine : tome III - dictionnaire des édifices. Igney à Rupt-aux-Nonains / Hubert Collin. - Nancy : Société d'archéologie lorraine, 1984. - 215 p. : ill., croquis, plans ; 23 cm. - (Les Guides du Pays lorrain).

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : L ARCH-REL
  • Bertaux Jean-Paul, "Marsal : Vicus marosalliensis" in Les agglomérations secondaires de la Lorraine romaine, Besançon, Presses universitaires de Franche-Comté, 1997, p. 215-229

    p. 215-229
  • Decomps (Claire), Marsal, Metz, Editions Serpenoise, 2003, 36 p. (Itinéraires du patrimoine, 284)

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • DECOMPS (Claire) et GLOC (Marie), Le canton de Vic-sur-Seille, entre Seille et Madon, Images du Patrimoine n°269, Paris, 2011, Somogy

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
(c) Région Grand-Est - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Moselle - Decomps Claire
Claire Decomps

conservateur en chef du patrimoine, chercheur en Lorraine de 1994 à 2018 puis responsable de la conservation du musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris.


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