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abbaye Saint-Maurice puis collégiale Saint-Dié aujourd'hui cathédrale Saint-Dié

Dossier IA88032086 réalisé en 1995

Fiche

Œuvres contenues

Genre de bénédictins, de chanoines
Vocables Saint-Maurice, Saint-Dié
Dénominations abbaye, collégiale, cathédrale
Aire d'étude et canton Saint-Dié
Adresse Commune : Saint-Dié-des-Vosges
Adresse : place Général de Gaulle , Place G. Trimouille , Parvis jean-Paul II
Cadastre : 2020 AB 141

Saint Dié, selon la légende, construisit après 660 deux sanctuaires l’un à côté de l’autre : une abbatiale dédiée à saint Maurice et une chapelle consacrée à Notre-Dame. Entre 959 et 975, les moines sont remplacés par des chanoines séculiers et l’abbatiale devient collégiale. Tombant en ruine, l’édifice est réparé en 1003 par Béatrix, sœur d’Hugues Capet et veuve du duc Ferry 1er, reçoit alors le corps du fondateur transféré depuis l’église Notre-Dame puis prend le vocable de saint Dié à une date ancienne mais inconnue. L'incendie de 1065 contraint à une nouvelle reconstruction (il en subsiste un mur en arêtes de poisson, à droite du passage menant au cloître).

Après l’incendie de 1155, l’édifice est rebâti. Il en subsiste aujourd’hui la nef et les bas-côtés de la collégiale. A la fin du XIIIe siècle, le chœur est reconstruit et qualifié par les textes d’opere somptuoso. En 1283, l’évêque de Toul, Conrad de Tubingen (1272-1296), consacre des autels. En 1288, le pape Nicolas IV (1288-1292) accorde l’autorisation de quêter et des indulgences pour ceux qui participent à la reconstruction de l’édifice. Aux XIVe et XVe siècles, des chapelles s’élèvent entre les arcs-boutants épaulant la nef. Deux sacristies sont construites de part et d’autre du chœur. Au XVIe siècle sont édifiées en style renaissance, sur le flanc sud de la collégiale, les chapelles d’Ainvaux (1520) et de Reynette (v. 1545). En 1636, les Suédois s’enferment dans le clocher de la collégiale et font exploser un baril de poudre.

Pour remplacer la tour qui menace de plus en plus ruine, Giovanni Betto érige une nouvelle façade à partir de 1710. L’architecte qui travaillait aussi sur le projet de la primatiale de Nancy a été conseillé par le duc de Lorraine, Léopold. Le choix d’une façade monumentale pourvue de deux hautes tours évoquant les cathédrales médiévales pourrait témoigner d’une volonté ducale de faire de Saint-Dié un évêché (hypothèse de G. Durand repris par R. Tassin, cf …). En 1718, le chœur est pourvu de lambris et de gypserie. Le 21 juillet 1777, Pie VI octroie la bulle d’érection de l’évêché de Saint-Dié.

Le chapitre est dissout à la Révolution ; un évêque constitutionnel est nommé en mars 1791. L’église est mise en vente. En 1797, Michel Antoine Lallemend (1764-1836), maire de Saint-Michel de 1793 à 1830, la sauve de la dégradation, par son rachat, et la redonne au clergé le 14 mars 1805. Le Concordat (1801) supprime l’évêché et l’ancien diocèse de Saint-Dié est rattaché à celui de Nancy jusqu’au rétablissement du siège épiscopal en 1824.

A partir de 1833 sont engagés des travaux de restauration avec badigeonnage de l’intérieur. Le 12 juillet 1886, l’ensemble cathédral est classé Monument historique et de nouveaux travaux entrainent le décapage du badigeon à partir de 1899, la découverte d’une piscine eucharistique et d’un décor de peintures monumentales. En 1907 commence la restauration des chapelles nord et sud.

Au cours de la nuit du 16 au 17 novembre 1944, la cathédrale est dynamitée et l’ensemble cathédral est largement détruit. Les travaux de restauration ne s’achèvent qu’en 1974.

Période(s) Principale : 3e quart 7e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
Principale : 3e quart 11e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 3e quart 12e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 4e quart 13e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : 14e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : 15e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : 16e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
Principale : 1er quart 18e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : 2e quart 19e siècle , daté par travaux historiques , (détruit)
Secondaire : 4e quart 19e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 2e moitié 20e siècle , daté par travaux historiques
Auteur(s) Personnalité : Deodatus (saint), dit(e) Dié (saint),
Deodatus (saint) , dit(e) Dié (saint) ( - 679)

Saint Déodat (du latin Deodatus) appelé aussi saint Dié, et de manière populaire parfois « Le Bonhomme », est un personnage serait un moine irlandais venu à la suite de saint Colomban de Luxeuil évangéliser les territoires « sauvages » du massif vosgien. Certains hagiographes lui attribuent un passage à l’évêché de Nevers et une origine royale. La Vita Deodati écrite par Humbert de Moyenmoutier bénédictin au XIe voire au XIIe siècle dresse un récit aventureux de son séjour vosgien, de son arrivée dans la vallée de la haute Meurthe que Déodat nomme alors « Val de Galilée ». Il s’y serait installé à partir de 660 avec ses disciples, aurait fondé un ermitage au « Petit Saint-Dié » puis un monastère au lieu-dit les Joinctures, entre la Meurthe et le ruisseau de Robache. Il construisit deux sanctuaires l’un à côté de l’autre : une abbatiale dédiée à saint Maurice et une chapelle consacrée à Notre-Dame. En 679, Déodat meurt dans son oratoire de Saint-Martin (actuelle chapelle du Petit-Saint-Dié) ; son corps est transféré à l’église Notre-Dame.

Sa fête s’est célébrée à des dates variables : le 18 juin à Toul, le 20 juin à Nevers et Strasbourg, le 8 juillet par le chapitre de Saint-Dié. Elle est désormais le 19 juin


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personnage célèbre, attribution par travaux historiques
Auteur : Betto Giovanni, dit(e) jean ou Giovan,
Giovanni Betto , dit(e) jean ou Giovan (1640 - 1722)

cf. thèse de Raphaël Tassin


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architecte, attribution par travaux historiques

L’édifice appartient à la typologie basilicale comme l’église Notre-Dame, il est construit en grès rose (pierre de taille). La façade, plaquée sur la nef romane se développe sur 41 m de largeur, la hauteur des tours (sans les bulbes) étant de 35 m. Elle est interrompue par un avant-corps encadré de quatre colonnes géminées supportant un fronton triangulaire. Hors œuvre, deux tours de trois niveaux flanquent l’élévation. Le décor est sobre, animée seulement par le jeu de la modénature, des colonnes et des pilastres ou la mise en œuvre de l’appareil. Au-dessus du portail, on lit : IACTA COGITATUM TUUM (IN DOMINO) ET IPSE TE ENUTRIET (« Confie tes soucis au Seigneur et lui te nourrira », allusion au miracle des chevaux qui, guidés par Dieu, avaient retrouvé Déodat ; la scène bûchée se devine encore sur le tympan).

A l’intérieur, au revers de la façade, subsistent les colonnettes du début du XIIIe s., vestiges de l’ancienne tour. Le vaisseau central est composée d’une demi-travée précédant quatre autres, carrées, accompagnées de travées en nombre double dans les bas-côtés, à l’instar de Notre-Dame. L’élévation intérieure, elle aussi, rappelle celle de Notre-Dame : grandes arcades surmontées de baies géminées, le tout en plein cintre, et frise entre les deux niveaux. Au nord, un arc de décharge relie les piles « fortes » et allège le poids de la maçonnerie au-dessus des piles « faibles » (cf. alternance à Notre-Dame). Au sud, les arcs de décharge font place à des arcs à double rouleau. Les ogives sont de deux types : carrées et en amande. Au nord, elles pénètrent dans les dosserets ; au sud, des culots flanquant les chapiteaux leur servent d’appui. Les voûtes du vaisseau central sont d’une époque de transition. Seul un pilier au sud développe le système gothique : chaque nervure s’appuie sur une colonne. La demi-travée ouest est éclairée au sud par un quadrilobe cantonné de quatre oculi.

Le décor reste sobre au nord : entrelacs sur le cordon, vanneries et végétaux. Seul le pilier 4 est orné d’un tout petit personnage et le pilier 5 porte deux anges. Au sud, la sculpture est plus élaborée : cordon de fleurs de lys tête-bêche, chapiteaux à végétaux plus en relief, animaux (griffons affrontés au pilier 1), sortes d’ânes à bec de canard au pilier 5, et même personnages aux traits cependant encore primitifs : messe romane (pilier 2), « Mélusine » et larges visages (pilier 7).Les bas-côtés, voûtés d’arêtes, prennent lumière par de toutes petites baies en plein cintre ; le long des murs extérieurs, des chapiteaux cubiques à croissant rappellent ceux de Notre-Dame.

Au nord sont aménagés trois chapelles et un passage vers le cloître. La première, qui abrite les fonts baptismaux, est voûtée à liernes et tiercerons (XVe s.).

Les chapelles sud n’ont pas été restituées mais en 1982 ont été dessinées au sol la projections des nervures des voûtes afin d’en évoquer l’existence.Le mur le plus ancien, en arêtes de poisson, à droite du passage menant au cloître, a été vraisemblablement édifié après l’incendie de 1065.Les parties orientales sont d’un gothique plus tardif.

Le chœur se compose d’une travée et d'une abside à cinq pans datant des années 1280, le transept de cinq travées a suivi. Là aussi, en harmonie avec la nef, ont été adoptés deux niveaux seulement : mur-bahut assez épais et fenêtres hautes en retrait d’une coursière – ou « passage champenois » - traversant les piliers. Le décor est d’une grande sobriété : tous les chapiteaux sont à corbeille nue ; les remplages des baies sont même dépourvus de chapiteaux. Les ogives sont en amande.

Deux sacristies gothiques (XIVe s.), - et non des absidioles - flanquent le chœur ; celle du sud est devenue la chapelle du Saint-Sacrement. Accessibles depuis le chœur par d’anciennes portes en cintre brisé mouluré en tore, elles sont à deux vaisseaux de deux travées avec un pilier central. Le décor n'est présent qu'aux clés de voûte.

Murs grès pierre de taille
Toit tuile plate, ardoise
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements voûte d'ogives
voûte d'arêtes
voûte à nervures multiples
Couvertures toit à longs pans croupe
bulbe
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis
Techniques sculpture
vitrail
peinture
Représentations ornement architectural, colonne, fronton, quadrilobe ornement géométrique ornement animal, griffon personnages
Mesures l : 71.5 m
la : 38.0 m
h : 20.0 m
Précision dimensions

Longueur = 71,50 m ; largeur du transept = 38 m. La nef culmine à 20 m, mais l’abside à 18,50 m.

Protections classé MH, 1886/07/12
Précisions sur la protection

classement par arrêté du 12 juillet 1886

Références documentaires

Bibliographie
  • DURAND Georges, Eglises romanes des Vosges. Paris-Bruxelles, éd. Edouard Champion/Desclée de Brouwer, 1913, 395 p.

    p. 311-335 Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • BURNAND Marie-Claire, Lorraine gothique, Edition Picard, 1989

    p. 282-291 Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • GRANDIDIER Daniel, l'architecture gothique à la cathédrale de Saint-Dié, mémoire de maitrise, Université de Nancy ii, 1979

  • PARMENTIER Damien, Gens d'Église et société en terre d'Empire : le chapitre et la collégiale de Saint-Dié en Lorraine (XIIIe – XVe siècles), thèse en histoire religieuse de l’Occident médiéval, Strasbourg, 1995.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Bouvet Mireille-Bénédicte
Mireille-Bénédicte Bouvet

Conservateur régional à l'Inventaire général Lorraine depuis 1995, Grand Est depuis 2018


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- Grandidier Daniel
Daniel Grandidier

conservateur du Musée de Saint-Dié, enquêteur de pré inventaire, auteur d'une maitrise sur la cathédrale de Saint-Dié


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