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Ancien magasin puis ancienne maison du greffier, rue de la cave, Fénétrange.

Dossier IA57030469 réalisé en 2020

Fiche

Dénominations maison, magasin de commerce
Aire d'étude et canton Fénétrange - canton du département 57
Adresse Commune : Fénétrange
Adresse : 4 rue de la Cave
Cadastre : 1813 G 365-366 ; 2020 8 48-49

Cette maison, composée aujourd'hui de deux maisons distinctes, ne forme qu'un seul bâtiment au 18e siècle et peut-être dès le début du 17e siècle. Elle est datée de 1599 par une date gravée sur le linteau de la porte piétonne de droite. La structure initiale a été en partie modifiée notamment aux niveaux des ouvertures du rez-de-chaussée, mais les deux autres niveaux semblent être d'origine. La première activité exercée dans cette maison est probablement commerciale, c'est très certainement un magasin avec les deux baies cintrées qui servaient de présentoir et de point de vente et le reste de la maison servait de logement et d'entrepôt. Cette partie de maison est aussi nommée maison de l'octroi étant à l'entrée de la ville, la tourelle d"escalier était mitoyenne de la tour de la porte d'Allemagne. Cette maison est identifiée comme étant celle de Deoblad Gundelsheim, greffier et garde-notes (notaire actuel), en 1719 (pied-terrier AD54 B 11766 ) : "Au sr Deoblad Gundelsheimer greffier gardenotte audit Fénétrange, une maison sise en la rue du kellergass et joignant la porte d’en bas bâtie sur le mur de la ville à gauche en sortant d’icelle séante entre le mur et l’occident sur ladite rue dite Kellergass, et sur celle qui monte de la porte d’en bas vers celle d’en haut laquelle rue elle touche y ayante son entrée par une tourelle adjointe à la dite porte et au murs de la ville, d’autre part entre le nord et l’occident jointe à la maison de Joh Lerch de la longueur sur la Keller Gass elle a 64 pieds de largeur jusqu’au mur de la ville 28." La longueur de 64 pieds correspond bien à la réunion des deux maisons actuelles (AD54 B11862). Sur un plan de 1715 elle est aussi notée comme la maison du greffier, et sur toute la longueur (réf. ill. IVR41_20215731013NUC2A). La stèle de Deobald Gundelsheimer se trouve dans l'ancien cimetière autour de l'église paroissiale (réf. IM57030557). La partie de gauche a été transformée au 18e siècle comme l'indique une date visible en 1974 figurant sur l'agrafe de porte piétonne (175.) ainsi que l'emblème des tonneliers (ref. ), cette agrafe est aujourd'hui amputée de ces éléments. En 1806 elle est vendue à David Karcher chamoiseur puis revient à son fils Abraham qui y installe son atelier de charron (voir annexe), la partie gauche de la maison (actuelle) appartient alors à Frédéric Muller tonnelier. Des modifications on été effectuées aux 18 et 19e siècles, il y a alors trois logements dans ce bâtiment avec trois portes piétonnes dont deux attribuables au 18e siècle et une datée 1599. La partie de droite a été transformée au 20e siècle avec le percement d'une porte charretière avec un IPN pour y faire entrer un silo, une grande partie des baies étaient murées. La maison a fait l'objet d'une restauration en 2019, les baies d'origine ont été ouvertes ou reconstituées et une porte piétonne a été installée à la place de la porte charretière en partie rebouchée. La toiture a été refaite ainsi que la couverture (interprétée) de la tourelle.

Période(s) Principale : limite 16e siècle 17e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : 2e moitié 18e siècle
Secondaire : 1er quart 21e siècle
Dates 1599, porte la date

Cette maison se situe à l'angle de la rue de la cave et de la rue de la porte d'Allemagne. Elle est actuellement divisée sur deux parcelles mais ne faisait qu'une maison à l'origine. AU 18e siècle et 19e siècle elle était divisée en trois logements avec trois portes piétonnes sur la façade antérieure (voir la photographie du Denkmalarchiv vers 1890-1930). La toiture à deux pans était couverte de tuile mécanique, sur la façade antérieure avant la restauration, la partie de droite est actuellement couverte de tuile plate récente et partie de gauche a gardé ses tuiles plates anciennes sur l'arrière, ce toit était d'un seul tenant avant la restauration. Cette maison était construite sur le mur de la ville, les petites baies visibles sur la partie haute de la façade postérieure correspondent à l'ancien chemin de ronde.

A l'origine, l'entrée dans le logis se faisait depuis la porte piétonne de la tourelle d'escalier située sur le pignon droit. Cette tourelle était accolée à la porte d'Allemagne ou d'en-bas avant que cette dernière ne soit détruite en 1838. La maison se développe sur deux étages carrés, au rez-de-chaussée les baies de la maison de gauche ont été modifiées au cours du 18e siècle et une porte piétonne aux encadrements moulurés et portant une agrafe sculptée a été percée pour accéder au logis. Le rez-de-chaussée de la partie droite de la maison est percé par trois baies d'origine une fenêtre à double meneaux, une porte piétonne moulurée et à linteau gravé et une grande baie à plein cintre, sur le pignon droit on retrouve la même baie cintrée. La tourelle est accessible par une porte piétonne aux encadrements en grès. La tourelle abrite un escalier en vis en chêne. Elle est percée de 4 petites baies aux encadrements en bois. Le premier niveau est percé par quatre fenêtres à deux meneaux (deux sur chaque maison) et une petite baie rectangulaire moulurée portant des marques de tâcherons. On retrouve la même petite baie au second étage première travée de la maison de gauche, seconde travée de celle de droite et sur le pignon, cet étage est également percé d'une fenêtre à deux meneaux (gauche) et de deux à un meneau (à droite, interprétation lors de la restauration? ). Une porte charretière avec un linteau en IPN a été percée dans la maison, partie droite, elle est bouchée aujourd'hui et on y a percé une porte piétonne avec un linteau segmentaire délardé (reprenant la présence d'une telle porte ayant existé). Les baies cintrées sur la partie restaurée étaient ouvertes sur la voie publique, l'ouverture était fermée par des volets fixés à des crochets dont on peut voir encore les encoches. Le second volet formait une tablette pour l’étalage des marchandises, le marchand se tenait derrière. Un auvent en toile était suspendu aux corbeaux de pierre que l'on voit sur la reproduction de L Benoît (réf. IVR41_20215731014NUC2). On pénétrait dans la boutique par une porte piétonne située à gauche de la grande baie cintrée. Cette porte a un linteau gravé daté 1599 entre les initiales S.R. C.C. et les insignes d'un métier.

A l'intérieur il subsiste un placard en bois dans ce qui devait être une pièce d'habitation au premier étage. La tourelle d'escalier permettait d'accéder à chaque étage, il reste encore une partie des portes. L'arrière de la maison était borgne puisque construite sur le mur d'enceinte.

Murs calcaire moellon enduit
grès pierre de taille
bois
Toit tuile plate
Couvertures toit à longs pans pignon découvert
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier en vis sans jour, en charpente
Techniques sculpture

Représentations volute feuille acanthe
Précision représentations

L'agrafe de la porte piétonne est ornée de feuilles d'acanthes sculptées. Les encadrement des petites baies portent des marques de tâcheron et une sculpture en forme de feuille.

Annexes

  • Documents d'archives

    AD57, 336U41806, vente d’une maison près de la porte basse à David Karcher chamoiseur et sa femme, d’une part la porte de l’autre Fréderic Muller tonnelier du devant sur la rue et du derrière appuyé sur le mur de la ville sur la cour et dépendances du sieur Regnard.

    AD57, 338U20, 1846. Inventaire des biens de Élisabeth épouse de Abraham Karcher, maison rue Kellergasse. Dans le poêle au rez-de-chaussée prenant jour par deux croisées sur la rue dite Kellergasse. Dans la cuisine. Dans une chambre prenant jour par une croisée sur le jardin. Dans une chambre au premier étage prenant jour par deux croisées sur la rue. Dans une autre chambre au même étage prenant jour par une croisée sur la rue. Au grenier à foin. Dans un autre grenier au-dessus du précédent. Dans la boutique de charron, les outils de charrons composés de vrilles, scies, hachettes et en général tout ce qui fait partie du métier de charron, cent jantes de voitures non façonnées. A la cave, une tonne à choux-groutte, une grande cuve, deux barils, et un hectolitre de pommes de terre. A l’écurie 7 poules, une vache, un porc, une fourche à fumier. Devant la porte, une brouette et une voiture de fumier.

    AD57, 2O204/4 Démolition de la porte d’Allemagne qui entrave la libre circulation des voitures et notamment à la rentrée des récoltes. Vente en 21 lots. L’arcade de cette porte est trop basse et étroite, elle gêne la communication du passant avec voiture qui très souvent sont obligées de décharger pour y entrer et même les habitants pour les entrées de leur récolte.

    1838, démolition de la porte, pierre de taille, lattes, planches. Frais de démolition de la porte d’Allemagne autorisée par le préfet de la Meurthe en date du 26 juillet 1838. Fourniture de matériaux tels que chaux, sable, pierre de moellon, bois et autres employé au rétablissement du mur de chaque côtés des propriétaires riverains endommagés par suite de la dite démolition. Payé au charpentier de Fénétrange George Mader pour ôter la charpente du toit. A Laurent Mack journalier du même lieu pour 9 journées de main d’œuvre employées à ladite démolition. Plusieurs journaliers, deux maîtres maçons, (…) pour 14 mètres de pierres neuves provenant de la carrière de Romelfing employées pour le rétablissement d’une brèche occasionnée par la démolition à une des maisons voisines, 4 paquets de bardeaux pour réparer les deux toits des riverains.

Références documentaires

Périodiques
  • BENOIT, Louis. Les corporations de Fénétrange. Mémoires de la société d'archéologie lorraine, 1864, p. 42-71 : ill.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : C FEN
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Zeller-Belville Catherine
Catherine Zeller-Belville , né(e) Belville (14 07 70 - )
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