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Architecture rurale de la commune de Hagécourt

Dossier IA88031882 réalisé en 2019

Fiche

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Aires d'études Dompaire
Dénominations ferme, maison
Adresse Commune : Hagécourt

Hagécourt a beaucoup souffert lors de la guerre de Trente ans et de l’épidémie de peste de 1629. Sur les 36 habitants avant la guerre, il en est compté 10 en 1642, puis plus que 5 en 1647 qui sont pauvres. Un seul foyer est reporté sur les lignes de comptes de 1648 (Idoux. Les ravages de la guerre de Trente ans dans les Vosges.1912). Aussi, aucune ferme ne présente aujourd’hui d’élément architectural visible ancien. La plus ancienne porte la date de 1684, ce qui correspond à la période de reconstruction après la guerre de Trente ans. D’autre part, les dates portées 1824 et 1879, évoquent le développement démographique du 19e siècle. La population du village atteint son maximum en 1846 avec 395 habitants. Puis cette population chute progressivement pendant le siècle suivant en raison de l’exode rural (102 habitants en 1975). Les édifices repérés sont ainsi datables du 18e siècle et de la première moitié du 19e siècle. Seules deux fermes ont été établies dans la seconde moitié du 19e siècle (critères morphologiques et architecturaux, cadastre ancien).

L’observation du recensement de la population en 1886 (AD88-6M785) montre un village agricole avec 21 propriétaires et autant de cultivateurs, complétés par 32 manœuvres et domestiques et un vigneron. On relève également un nombre d’artisans assez conséquents (maréchal-ferrant, boulanger, terrassiers, bourreliers, tailleur d’habit), notamment dans les métiers liés au travail du bois (10 boisseliers, 5 charpentiers, un charron et un sabotier), et quelques commerçants (marchant de bois, négociant et cafetier). Les revenus des foyers les plus modestes (aux extrémités du village) sont complétés par une importante activité des femmes qui sont dentellières (45) et couturières ou repasseuse (7).

Un pâtre est employé par la communauté au moins jusque 1936, logé dans une maison située dans la Grande Rue. La commune met en effet à sa disposition une maison depuis au moins la fin du 18e siècle (réparée vers 1776 par Joseph Tirvaudé, architecte à Harol, sources : AD88 - Edpt 230/DD1). En 1872, une maison située « derrière la ville » appartenant à Jean Michel Gravier (manœuvre), est acquise en remplacement (sources AD88 - 2O236/9). Elle est toutefois dite en 1879 « très ancienne, dans un état délabré. Le mur extérieur de l’écurie est prêt à tomber et la couverture est mauvaise » (sources AD88 - Edpt230/1M1). Elle est démolie en 1923 pour cause de vétusté ; les pierres sont remployées pour l’entretien des chemins, les pierres de tailles et les bois pour les bâtiments communaux (sources AD88 - 2O236/9).

La pratique de la vaine pâture est ainsi encore en vigueur dans la commune au début du 20e siècle. Sous l’ancien régime, elle se faisait aux lieux-dits Haut Champ, Champ Quopré (ban mêlé pour Hagécourt et Valleroy), Derrière le Bois (ban mêlé d’environ 60 fauchées, pour Maroncourt), et à la Voivre sur commune d’Hymont (ban mêlé pour les trois villages : Hagécourt, Maroncourt et Valleroy-aux-Saules) (sources : AD88 - 11T21/166). Ces pâquis communaux sont partagés entre les habitants par tirage au sort le 16 juin 1793 (AD88 - Edpt 230/1N1).

A la veille de la Révolution Française, les habitants de Hagécourt produisent principalement du foin, de la paille, du blé, de l’avoine, de l’orge, du seigle, des pois, des lentilles et des pommes de terre. La plus grande partie du blé, de l’orge et du seigle est consommée dans le village. On en conduit très peu dans les marchés voisins, et l’avoine suffit à peine pour la nourriture des chevaux (sources : Monchablon. Hagécourt et Maroncourt. Situation des communes à la veille de la Révolution en 1789. 1889. AD88 - 11T21/166). Au milieu du 19e siècle, les productions sont les mêmes (blé, seigle, orge, avoine, pois, pommes de terre) mais le commerce du bétail s’est développé (Lepage et Charton. 1845).

L’assolement triennal et les affouages se pratiquent encore dans les années 1940. A cette époque, il est relevé que les chambres à four près des cuisines ont presque toutes disparues, certaines cheminées possèdent encore une taque qui sert au chauffage de pièce voisine, et que quelques cuisines borgnes sont éclairées par une porte d’entrée vitrée (AD88 - 147J670 : Fond Savouret).

Période(s) Principale : 4e quart 17e siècle, 18e siècle, 19e siècle , porte la date, daté par travaux historiques

Hagécourt comprend 61 résidences (source INSEE - 2015), dont 25 bâtiments repérés et 4 étudiés.

Le patrimoine bâti y est majoritairement composé d’anciennes fermes à deux ou trois travées de plan (76% du corpus repéré) avec la grange séparant le logis de l’étable. Les autres fermes sont de plus grandes dimensions (16%) ou des maisons de manouvriers à une travée d’habitation et une étable à l’arrière surmontés d’un grenier (8%). Trois fermes à pavillon et quatre fermes avec un plan en L sont aussi repérées. La part des fermes à double logis de la commune est important par rapport aux autres territoires des Vosges (40%). Celle des fermes à charri (avant-grange) est plutôt faible (16%), car seulement trois ont été identifiées, et il en existe probablement trois autres (non vues).

Le village s’étire le long de la rue principale de manière peu dense, avec 60% de fermes relevées mitoyennes formant des îlots de 2 à 5 bâtiments, sans pour autant former un front de rue aligné. Tous les bâtiments relevés sont parallèles à la voie qui est orientée nord-sud. Toutefois certains sont implantés le long d’une ruelle perpendiculaires à la rue principale, s’ouvrant vers les champs alentours. Près de la moitié des fermes repérées sont marquées par l’absence de portes piétonnes, on entre dans l'habitation par la porte charretière. Parmi celles qui présentent une porte piétonne, 40% s’ouvrent sur l’avant-grange dans l’axe du logis, et sont surtout utilisées pour les invités.

Plus des deux tiers des logis sont en profondeur, avec une chambre (le poêle) s’ouvrant sur la rue et une cuisine derrière éclairée par le mur pignon. Aucune pièce borgne en raison de la mitoyenneté n’a été identifiée, toutefois, quelques cuisines aveugles éclairées par une porte d’entrée vitrée ont été relevées en 1942 (AD88 - 147J670 : Fond Savouret). Les autres logis sont en largeur et possèdent deux pièces en façade antérieure. L’étable bénéficie d’une travée traversante pour les fermes à 3 ou 4 travées. Pour les plus modestes, elle se situe à l’arrière du logis et est accessible en passant par la grange. Des chambres à grains sont installées au-dessus des pièces de vie, et des greniers sur le tout. Une dizaine de fermes possède une cave haute sous l’habitation accessible depuis l’usoir communal au-devant. Le jardin potager s’étend à l’arrière.

Les fermes de Hagécourt sont construites avec des moellons de calcaire local, et couvertes d'une charpente à longs pans sur laquelle reposent des tuiles mécaniques. Les encadrements des ouvertures sont en pierre de taille de grès, avec un linteau droit (63%) ou segmentaire délardé (37%). Quelques oculi sont aussi utilisés pour éclairer les greniers et un charri. Les encadrements des portes charretières sont en plein cintre (54%), segmentaires (17%) ou à un linteau droit, soit en bois pour les plus modestes, soit rehaussé par un IPN (30%).

Le bâti présente quelques d’éléments de décor, surtout sur les fermes à pavillon (niches, statues, girouette, agrafes, corniches, bandeaux en pierre de taille…). Une pierre sculptée en remploi, peu lisible, figure un outil de tailleur de pierre (ferme n°1). L’encadrement d’une porte charretière est mouluré et trois autres sont chanfreinés, ainsi qu’une petite baie. L’ornement sculpté de celui de plusieurs portes piétonnes est aussi à noter. Les huit fermes qui présentent des chaînes d'angle indiquent un effort d'ornementation des habitations. Elles sont complétées par cinq autres portant de fausses chaînes d'angle peintes sur l'enduit. Très peu de menuiseries anciennes sont conservées. On peut également remarquer un banc et un poirier palissé qui ont subsisté contre les façades antérieures, ainsi qu’une plaque de cocher en fonte provenant de la Fonderie de Varigney (Haute-Saône).

Typologies ferme à double logis, ferme à pavillon, maison de manouvriers, ferme à plan en L, Ferme à charri
Toits tuile mécanique, tôle ondulée, tuile creuse, ciment amiante en couverture
Murs calcaire moellon enduit
grès pierre de taille
bois essentage de planches
béton parpaing de béton
Décompte des œuvres nombre d'oeuvres reperées 25
nombre d'oeuvres étudiées 4
nombre des immeubles au dernier recensement de l'INSEE 61

Références documentaires

Documents d'archives
  • archives communales de Hagécourt : série DD2 (1753), série 1M1 (1841, 1881)

    Archives départementales des Vosges, Épinal : Edpt230
  • Monchablon. Hagécourt et Maroncourt. Situation des communes à la veille de la Révolution en 1789. Statistique rétrospective. 1889.

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T21/166
Documents figurés
  • Plan cadastral de Hagécourt (1841)

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 3P5166
Bibliographie
  • Michler, Mathieu. Les Vosges 88 . Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2004. - 426 p. : ill., croquis, plans, cartes ; 30 cm. (Carte archéologique)

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Idoux, M.-C. Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges : 2e fascicule. Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1912, p. 1-234

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Claudel, Jean-Paul. La Paroisse d’Hagécourt à la veille de la Révolution. In La revue Lorraine Populaire, n°120, octobre 1994.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
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