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Cité ouvrière et usine de chaussures de Bataville

Dossier IA57030346 réalisé en 2015
Destinations ferme, cité ouvrière, stade, piscine, usine, église paroissiale, logement d'ouvriers, logement de contremaître, logement patronal, école, collège, gymnase
Dénominations cité ouvrière, usine de chaussures
Aire d'étude et canton Réchicourt-le-Château
Adresse Commune : Moussey
Adresse :
Cadastre :

Thomas Bata est le fondateur du groupe industriel des chaussures Bata. En 1894, il crée une petite fabrique de chaussures à Zlin (République tchèque). Cette petite industrie, modeste à ses débuts,se développe à partir de la Première Guerre mondiale. La fabrique fournit alors 50 % des bottes aux soldats de l’armée de la monarchie austro-hongroise. La cité de Zlin devient dans l’entre-deux-guerre une cité industrielle de plus de 40 000 habitants avec 2 000 bâtiments construits entre 1920 et 1940. C’est l’architecte Frantisek L. Gahura (1896-1958) qui dresse le plan de l’usine et de la ville de Zlin, selon une organisation que l’on retrouve dans les différentes cités Bata dont celle de Moussey. L’industriel tchèque Thomas Bata cherche un site pour installer son usine de chaussures en 1931. Le 23 octobre 1931, il achète le domaine d’Hellocourt, soit 143 ha de bois, 284 de terre et 60 d’étangs (voir cadastre napoléonien IVR41_20195730998NUC2A) . Hellocourt devient le siège social du site industriel avant le transfert à l’usine et surtout le producteur des denrées agricoles nécessaires à l’alimentation des ouvriers de l’usine et de la cité avec la création d’un service agricole. Le choix du site a aussi été motivé par la présence d’une ligne de chemin de fer, d’une gare d’eau et du canal. Le canal de la Marne-au-Rhin complété par le canal des houillères de la Sarre ouvert en 1866, effectue sa jonction avec ce dernier à Gondrexange. Les péniches chargées du combustible s'arrêtaient alors au port de Moussey pour alimenter les chaudières des usines Bata. Ce même port a permis la livraison des matériaux de construction nécessaires à l'édification de Bataville, à partir de 1931. Pour alimenter sa tannerie en eau, l'usine établit une prise d'eau dans la darse, en 1955 (réf. IA57030028).

Édifiée à partir de 1932, la cité industrielle doit être «complètement indépendante. Bataville est un véritable modèle de taylorisme ou de fordisme (organisation scientifique du travail). Aucun conflit social, toute la vie sociale est gérée par la société. Les logements, les services, les loisirs, l’école, les transports, les lieux de culte…tout appartient à la société. L’isolement du site évite que les employés ne dépensent leur salaire ailleurs que dans la cité. Tout est fait pour que l’ouvrier et sa famille soient redevables à la société. On y trouve des commerces, une école, une piscine (la première piscine publique en Lorraine à la campagne), un terrain de sport, un gymnase et une église (1961). Les bâtiments de l'usine ont été rénovés en 1985-1991 (ensemble des fenêtres). Les premières cités ont été construites à l’ouest de l'avenue Thomas Bata de 1932 à 1934. Elles ont été détruites en 1980. La partie est des cités a conservé le même partie (travaux à partir de 1934). l'internat date de 1934. Le foyer et le centre de formation date de 1938. Les logements côté du lac par Joseph Deny en 1939. L’ensemble industriel comprend : l’usine de chaussures et la tannerie construites entre 1932 et 1937 par l’architecte tchèque Frantisek L. Gahura, la cité ouvrière élevée de 1932 à 1935 sous la direction de l’entreprise tchèque Vymetalik S’y trouvent aussi un centre de formation et un hôtel pour loger les cadres. En 1939, les usines Bata de Moussey font appel à Joseph Denny (1911-1976) pour réaliser la cité-jardin de Moussey, l’implantation principale est entre l’usine et l’étang. En 1939, la cité compte 811 habitants dans 276 logements et 7 bâtiments pour célibataires, l'usine compte 2 700salariés, 2 000 dans les années 1950 et 1 500 au début des années 1990. En 2001, après plusieurs vagues de licenciements, Bata-Hellocourt dépose le bilan, se séparant de près de 840 salariés.La Seconde Guerre mondiale et la Reconstruction.

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : 3e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
Dates 1931, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Denny Joseph
Joseph Denny

Architecte de la reconstruction et de la modernisation des Trente Glorieuses installé à la frontière de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, à Moussey puis à Avricourt, Joseph Denny (1911-1976) a déployé une activité intense dans les arrondissements mosellans

de Château-Salins et de Sarrebourg pendant un tiers de siècle (1944-1976).

Après deux ans de stage chez l’architecte strasbourgeois A. Mossler (1925-1927), Joseph Denny effectua un stage pratique dans l’entreprise Steinbach Frères à Strasbourg puis suivit quatre semestres de cours à l’école nationale technique de la même ville

(1929-1930) et le cours d’ingénieur-architecte de l’école des travaux publics de Paris (1931-1932). Patenté comme architecte, il est reçu comme membre de la Société des architectes en 1934.

De 1932 à 1934 il a réalisé 23 pavillons dans la cité Noeppel de Lingolsheim et Ostwald puis 11 autres ainsi que deux immeubles de rapport à la cité Kreutzmatt d’Eckbolsheim (1936). Il est aussi actif dans différents quartiers de Strasbourg, où il construit de

nombreuses maisons de rapport (à Meinau, Robertsau, Neudorf, Cronenbourg ; 1933-1936). En 1939, les usines Bata de Moussey font appel à lui et il réalise la cité-jardin de Moussey. L’entreprise s’étant d’abord repliée dans l’Eure, il s’installe à Saint-Marcel, près de Vernon, et y œuvre à la reconstruction des usines Steiner et pour les Manufactures de Saint-Marcel, filiale de Bata (1940-1944), dressant le plan de la nouvelle cité et reconstruisant les ateliers de fabrication de caoutchouc et bonneterie. Il y réalise notamment une

salle des fêtes à décor alsacien !

De retour à Moussey après la guerre, il reconstruit les fermes Jung (première stabulation libre en France) et Marchal (1945) puis est employé continûment à Avricourt, où il s’installe en 1949, Moussey, Azoudange, Réchicourt-le-Château et Diane-Capelle. Dans le cadre

de l’application de la législation sur la modernisation de l’habitat rural, il expérimente à Desseling et à Assenoncourt la suppression des tas de fumier sur l’usoir en construisant des fosses à purin à l’arrière des bâtiments agricoles.

Il construit aussi de nombreuses écoles dans les arrondissements de Château-Salins et de Sarrebourg, l’hôpital de Château-Salins, la maison de retraite de Vic-sur-Seille etc.

sources introduction du répertoire numérique du fonds privé de l'architecte AD57


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Auteur : Janyta Vladimir
Vladimir Janyta (1909 - )

Vladimir Janyta est un architecte Tchèque. Il a travaillé à l'édification de la cité ouvrière de Bataville (57). A Bataville, toutes les décisions et les plans viennent de la maison-mère de Zlin jusqu’à la Seconde Guerre mondiale.En 1946, Janyta est nommé à la direction des projets français , il est âgé alors de trente sept ans. L'architecte prendra de nombreuses décisions indépendamment du siège de Zlín, suite aux importantes pertes matérielles subies lors de la guerre. Il est chargé de reconstruire les succursales, de rénover les usines et la cité, de donner une nouvelle dynamique esthétique à l’enseigne basée en France.

Il dirigera le Service construire mosellan avec l’aide de plusieurs collaborateurs. Il partira à la retraite en 1970 et sera le dernier architecte à résider et à travailler sur place. (réf. http://strabic.fr/Service-construire)


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Auteur : GAHURA Frantisek,
Frantisek GAHURA

C’est l’architecte Frantisek L. Gahura (1896-1958) qui dresse le plan de l’usine et de la ville de Zlin, selon une organisation que l’on retrouve dans les différentes cités Bata dont celle de Moussey.


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architecte, attribution par travaux historiques
Auteur : VIMETAlIK,
VIMETAlIK

Entreprise tchèque ayant participé à la construction de la cité Bataville à Moussey.


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entrepreneur, attribution par travaux historiques

Bataville est le nom donné à l’ensemble industriel et urbain construit à partir de 1931 sur le site d’Hellocourt par l’industriel tchèque Thomas Bata. L’ensemble se compose de la ferme située sur le domaine d’Hellocourt (sur le territoire de la commune de Maizière-les-Vic, réf.IA57000472) , de l’usine de chaussures, des cités ouvrières, des infrastructures sociales et de loisir sur les territoires de Moussey et de Réchicourt-le-Château. C’est l’architecte Frantisek L. Gahura (1896-1958) qui dresse le plan de l’usine et de la ville de Zlin, selon une organisation que l’on retrouve dans les différentes cités Bata dont celle de Moussey. L’ensemble industriel comprend : l’usine de chaussures et la tannerie. Les bâtiments sont conçus sur une structure en béton apparent, constituée de coffrages fabriqués en série. Ils sont ensuite remplis de briques. L'usine comprend 2 bâtiments construits en 1932-1933, 4 bâtiments à 5 étages (1933-1935), une centrale électrique (1933), une tannerie et magasin (vers 1954).

Édifiée à partir de 1932, la cité industrielle doit être « une cité industrielle idéale », à l’image de l’usine mère de Zlin. Fonctionnelle, la cité doit être complètement indépendante. Elle est construite par l'entreprise Bacco de Strasbourg. On y trouve des commerces, une école, une piscine (la première piscine publique en Lorraine à la campagne, détruite aujourd'hui), un terrain de sport, un gymnase et une église (réf.IA57001156 ). Les premières cités sortent de terre dès 1932, elles prennent alors le nom de Bataville. Situées à l’ouest de l’avenue Bata, elles ont été détruites dans les années 1980. En 1933, douze maisons et trois bâtiments pour employés célibataires sont déjà bâtis.Ce sont des logements double pour les ouvriers et à logement unique pour les cadres. Une deuxième tranche de logements est construite par Joseph Denny en 1938-1939. Jusqu’en 1959, tous les nouveaux bâtiments sont entièrement conçus par le service de construction de l’entreprise. La brique de terre cuite utilisée est produite sur place, dans la briqueterie de l’usine. Elle est parfois remplacée par des briques silico calcaire. Les terrasses sont en béton ainsi que les auvents des portes et des fenêtres. En 2001, la cité compte 158 logements répartis dans 75 bâtiments. La typologie des maisons est définie par le statut de l’occupant. On distingue les bâtiments collectifs pour célibataires, les maisons ouvrières à deux logements de plan carré ou rectangulaire et de volume cubique, le logement du contremaître qui peut être double, le logement individuel pour l’ingénieur, le cadre et le patron. S’y trouvent aussi un centre de formation et un hôtel pour loger les cadres.

6 logements d'ouvriers : brique, brique silico calcaire enduite, 2 étages carrés, terrasse; 3 logements de contremaîtres : brique, grès, calcaire, enduit partiel, garage ; logement patronal : enduit partiel, balcon; école : enduit, croupe, tuile plate; stade : tribune en parpaing de béton enduit, appentis en métal; gymnase : enduit partiel , verre, toit ciment amiante ; piscine : bassin unique en béton enduit. Bâtiment de l'usine : 5 étages carrés.

Murs brique et brique crue
béton enduit
brique silico-calcaire enduit partiel
grès
calcaire
verre
Toit béton en couverture, ciment amiante en couverture, tuile plate, métal en couverture
Étages 2 étages carrés
Couvertures terrasse
toit à longs pans croupe
appentis
Énergies
Statut de la propriété propriété d'une association
Protections inscrit MH partiellement, 2014/04/17
Précisions sur la protection

En totalité le bâtiment n°23 à 5 étages (A) situé en partie sur la commune de Moussey (cad. 6 222) et sur la commune de Réchicourt-le-Château pour son autre partie (cad. 12 158) ; les façades et toitures du bâtiment de l'ancien foyer social (avec restauration) (B) situé sur la commune de Moussey (cad. 6 202), cf plan annexé à l'arrêté : inscription par arrêté du 17 avril 2014

Références documentaires

Bibliographie
  • GATTI, Alain. @Chausser ceux qui vont pied nus, Bata-Hellocourt, 1931-2001 : enquête sur la mémoire industrielle et sociale@. Metz : Ed. Serpenoise, 2004. 720 p., ill., plans.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : L ARCH-IND
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Zeller-Belville Catherine
Catherine Zeller-Belville , né(e) Belville (14 07 70 - )
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- Zeller-Belville Catherine
Catherine Zeller-Belville , né(e) Belville (14 07 70 - )
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- Zeller-Belville Catherine
Catherine Zeller-Belville , né(e) Belville (14 07 70 - )
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- Decomps Claire
Claire Decomps

conservateur en chef du patrimoine, chercheur en Lorraine de 1994 à 2018 puis responsable de la conservation du musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris.


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- Thiébaut Pascal
Pascal Thiébaut

Chercheur à l'Inventaire général du Patrimoine culturel à Nancy


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