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Collégiale Saint-Leger

Dossier IA57030403 réalisé en 1999

Fiche

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  • Parties constituantes

    • cimetière
Parties constituantes non étudiées cimetière
Dénominations collégiale
Aire d'étude et canton Vic-sur-Seille - Vic-sur-Seille
Adresse Commune : Marsal
Adresse : rue des Quartiers
Cadastre : 2020 1 01 76 ; 1988 1 71

L'histoire de l'édifice, qui remonte au XIIe siècle, est liée à celle d'un chapitre dont la plus ancienne mention écrite date de 1222. A cette époque, l'abbesse Clémence de Neumünster (Ottweiler, Sarre) lui donne la cure de Marsal à la condition d'en investir le doyen. En 1396, la paroisse est rattachée à la collégiale, la charge de curé archiprêtre étant exercée par le prévôt. En 1772, ce chapitre est réuni à celui de Vic-sur-Seille.

Une partie importante de l'édifice remonte au XIIe siècle, illustrant, malgré les modifications ultérieures, l’influence de l'architecture romane du Rhin supérieur dans la région. Le puissant massif occidental, qui n'est pas sans évoquer la collégiale de Marmoutier en Alsace, s'inscrit encore dans la tradition de l'architecture carolingienne. Bien que partiellement reconstruite après un effondrement, la tour sud a conservé une partie de son décor primitif. Le portail central et les deux fenêtres éclairant la tribune remontent à cette première phase romane, de même que le portail de la façade nord. A l'intérieur, les trois vaisseaux plafonnés, séparés par des arcades en plein cintre, illustrent la transition entre la structure basilicale des Xe et XIe siècles et le premier âge roman. Les deux absidioles prolongeant les bas-côtés et quelques vestiges dans la première travée du chœur datent de la même époque.

Au cours du XIIIe siècle, les deux dernières travées de la nef sont pourvues d'arcs brisés. La construction d'un arc diaphragme achève peu après d'isoler une sorte d’avant-chœur, vraisemblablement destiné aux chanoines. A la fin du XIVe ou au début du XVe siècle, il est voûté d'ogives de même que le chœur dont l'abside initiale en cul de four est détruite et remplacée par un chevet polygonal de style gothique. A la même époque, les bas-côtés sont percés de grandes baies qui subsistent côté nord et une chapelle est ajoutée sur ce même côté. En 1508, la tour nord est semble-t-il rehaussée d'un étage pour recevoir la cloche Saint-Léger, toujours en place dans le beffroi. A la fin du XVIIe ou au début du XVIIIe siècle, les piles de la nef auraient été retaillées en colonnes pour rendre l'église plus lumineuse, à l'exception de celle où était déjà adossée la chaire à prêcher (cf. un autre exemple : église de Vomécourt-sur-Madon dans les Vosges).

L'église, qui présente de grands problèmes de stabilité, a subi plusieurs effondrements au cours de son histoire, notamment de son massif occidental comme en témoignent l'absence d'étage de la tour sud et diverses reprises d'appareil. Cette instabilité est depuis longtemps reliée à l'existence du briquetage, explication confirmée par de récents sondages révélant que les fondations de l'édifice sont assises sur plus de huit mètres d'épaisseur de remblais. Si l'on en croit certaines vues cavalières du XVIIe siècle, la tour nord était à cette époque dotée d'une flèche rhomboïdale d'aspect très germanique et la tour sud, plus haute, pourvue d'une flèche, disparue depuis. Les comptes du Chapitre mentionnent tout au long du XVIIIe siècle des réparations tant des couvertures que des maçonneries. Parmi ces dernières, on mentionnera en 1748 la reconstruction complète de la flèche de la tour nord et vers 1754 celle du bas-côté sud ébranlé par l'élargissement des ouvertures. Quant au cloître attenant, déjà partiellement effondré, il disparaît des plans de la place forte vers 1760.

L'état de délabrement de l'église ayant été aggravé par sa transformation en magasin à fourrage lors de la Révolution, les réparations se poursuivent tout au long du XIXe siècle bien que la commune ait de plus en plus de difficultés à y faire face. Des fonds de l'Etat sont dégagés par l'administration allemande après que les nombreuses alertes sur l'intérêt exceptionnel de l'édifice et son état de péril aient abouti en 1874 à son classement au titre des Monuments Historiques. La restauration est confiée à Paul Tornow, architecte impérial et conservateur des Monuments Historiques, qui ne se contente pas, dans l'esprit de son temps, de consolider l'édifice mais conçoit en 1883 plusieurs modifications importantes. S'il doit renoncer au rétablissement du niveau supérieur de la tour sud, il fait restaurer la plupart des fenêtres, rehausser les murs de la nef et des bas-côtés, compléter le tympan triangulaire du portail nord jusque là interrompu par la toiture, rehausser le mur diaphragme entre la nef et le chœur en mur pignon afin de créer une différence de niveau entre les deux toitures, modifier la couverture des absidioles et inverser le sens de celle de la chapelle nord, enfin remonter l'oculus dans le pignon ainsi créé pour dégager l’ancienne baie gothique de la même chapelle. Tornow dessine également une nouvelle sacristie et un ensemble de mobilier de style néo-gothique. Les travaux ne sont toujours pas achevés en 1909.

L’église est relativement épargnée par les bombardements de la seconde guerre mondiale. Si le côté nord était déjà bordé d'un large parvis, l'espace précédant le massif occidental n'est complètement dégagé qu'après la guerre

Période(s) Principale : 12e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : 13e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : limite 14e siècle 15e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : 1er quart 16e siècle , porte la date
Secondaire : limite 17e siècle 18e siècle , daté par travaux historiques
Secondaire : milieu 18e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
Secondaire : limite 19e siècle 20e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
Dates 1508, porte la date
1748, daté par source
1883, daté par source
Auteur(s) Auteur : Tornow Paul,
Paul Tornow (1848 - 1921)

Architecte originaire de Prusse, nommé architecte du diocèse de Metz à partir de 1874 puis chargé de la conservation des Monuments historiques de la Lorraine annexée de 1892 à 1906.


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architecte diocésain, architecte des Monuments historiques, attribution par source, attribution par travaux historiques

La collégiale est située à l'intérieur de l'enceinte, au sud de la place d'Armes, entre la rue des quartiers et celle des remparts. Le cimetière occupe l'espace méridionale laissée libre entre l'édifice et la fortification.

L'église est construite avec des blocs de grès régulièrement appareillés de diverses nuances de gris, de rose et de jaune, avec de nombreuses traces de reprises d'appareil, particulièrement visibles au niveau du massif occidental. Les parties en moellon enduit correspondent toutes à des restaurations. Quant aux toitures en ardoise, elles ont été trop souvent modifiées pour qu'il soit possible de restituer leur profil d'origine. Le massif occidental est composé d'un porche à tribune flanqué de deux tours massives d'inégale hauteur. La tour sud, totalement aveugle, contient un escalier en vis desservant la tribune à laquelle on peut aussi accéder depuis l'extérieur par la petite porte à droite. Cette partie de l'édifice est très instable comme on peut en juger par l’importance des reprises. Elle est cependant celle qui a le mieux conservé sa structure romane, de même qu'une partie de son décor comme les bandes lésènes et la frise en dents d'engrenage visibles sur la partie gauche de la tour sud. Le portail, très dépouillé, est formé de trois rouleaux en plein cintre à arêtes vives reposant sur des colonnettes, avec des chapiteaux cubiques gravés de cordages ou à corbeille de feuillages stylisés caractéristiques du premier art roman. Le tympan nu est moderne, de même que les colonnettes et les corbeaux qui le soutiennent. Les vantaux, posés en 1739, ont conservé leur panneautage et leurs ferrures. L'ensemble est surmonté par un grand arc de décharge. Contrairement aux fenêtres de la tour nord très remaniées, celles du massif reprennent des ouvertures romanes. Les deux masques d'animaux sauvages qui encadrent celles de la tribune, dont l'un est en train de dévorer une tête humaine pourraient cependant être en remploi. L'élévation nord de l'église, du côté de la place d'Armes, a conservé la plupart de ses baies romanes mais a été percée de nouvelles fenêtres à l'époque gothique (la petite baie à gauche du portail au XIIIe siècle, les grandes à la fin du XIVe ou au début du XVe siècle), l'ensemble ayant été très restauré par Paul Tornow. Le portail était emprunté par les paroissiens, celui du massif occidental étant, conformément aux usages, réservé aux chanoines. Si son décor rappelle le précédent, il est plus élégant avec des cordons torsadés et un curieux fronton triangulaire restauré à la fin du XIXe siècle, son tympan roman ayant disparu à une date indéterminée. Les parties hautes, la chapelle et les absidioles romanes ont été quasiment reconstruites à neuf à la même époque. Les arceaux torsadés des corniches ont été reconstitués par Tornow à partir de vestiges romans. Si le chevet polygonal est sensiblement resté dans son état de la fin du XIVe ou du début du XVe siècle, il ne reste guère d'éléments anciens sur le côté sud, Tornow ayant remplacé les grandes ouvertures du XVIIIe siècle par de nouvelles baies pseudo romanes. Le cimetière aménagé sur l'emprise de l'ancien cloître comporte plusieurs tombes intéressantes du XIXe siècle. Quelques plaques funéraires plus anciennes (XVIe – XVIIIe s.) ont été placées à l'intérieur de l'église, dans les bas-côtés.

On pénètre dans la nef par un porche dont la voûte en berceau supporte une tribune ouverte avec un garde-corps néo-roman, l'ensemble ayant été remanié à la fin du XIXe siècle. Deux bénitiers en forme de niche, de chaque côté de l'entrée, ont été sculptés au XVIIe siècle. De type basilical, l'église comprend trois vaisseaux plafonnés séparés par de grandes arcades en plein cintre surmontées de petites baies romanes, le tout remontant au XIIe siècle. Cette partie de l'édifice n'a sans doute jamais été voûtée. Les piles, qui pourraient avoir été retaillées en colonnes à la fin du XVIIe ou début du XVIIIe siècle avec de curieux chapiteaux en forme de crosse à volutes, ont conservé leur base intacte sous la forme d'un haut socle de section carrée. Plusieurs niches ou lavabos ont été percés dans les maçonneries, côté nord. Une porte bouchée, côté sud, devait desservir le cloître.L’avant-chœur (XIIIe s.) est séparé du reste de la nef par un arc diaphragme brisé orné à une date postérieure, côté nef, d'un décor dont subsiste à droite un pinacle gothique flamboyant (reste d'un jubé ?). De la même façon, les bas-côtés s'ouvrent par un arc sur une sorte de faux-transept prolongé par les absidioles, ces dernières ayant conservé leur disposition romane. L’avant-chœur, où devaient être placées les stalles des chanoines, est aujourd'hui occupé pour moitié par le prolongement du dallage du chœur. Au-dessus des arcades modifiées au XIIIe siècle, ont été conservées deux baies romanes. La voûte sexte-partite (fin XIVe – déb. XVe s.) repose sur des culots dont quatre portent des figures accroupies (deux anges, un personnage coiffé d'un bonnet et un musicien au visage simiesque). Le chœur, reconstruit à la fin du XIVe ou au début du XVe siècle avec cinq hautes fenêtres et une voûte d'ogives, a conservé au niveau de la première travée des vestiges du décor roman d'origine : frises à rangs de billettes comparables à celles des absidioles et chapiteaux cubiques identiques à ceux des deux portails. Au milieu des chapiteaux à feuillage, on note la présence de deux personnages porteurs de banderoles d'un style très proche de ceux de l’avant-chœur. Les deux clefs sont également sculptées, l'une d'un motif végétal et l'autre d'un Dieu le Père bénissant.Les lambris dissimulent plusieurs niches ou enfeux gothiques et une armoire eucharistique ouverte sur l'extérieur, signalée au début du siècle.

Murs grès pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 3 vaisseaux
Couvrements voûte en berceau
voûte d'ogives
Couvertures toit à longs pans
flèche carrée
flèche polygonale
Techniques sculpture

Représentations ornement architectural, billette, denticule ornement végétal ornement en forme d'objet, corde, volute personnage biblique, ange, Dieu le Père personnage profane, musicien

A_GESTION

GESTION {import cindoc=NAT2}{lot=0056}{publication MCC=versé 2016/02/09 EP}{Illustration=Pas de photo numérique trouvée}
Statut de la propriété propriété publique
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1874/07/05
Précisions sur la protection

classement par arrêté du 25 juillet 1874

Références documentaires

Documents d'archives
  • Goutal Michel, Eglise Saint-Léger, étude préalable, 1993

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
Bibliographie
  • Les églises romanes de Lorraine : tome III - dictionnaire des édifices. Igney à Rupt-aux-Nonnains / Hubert Collin. - Nancy : Société d'archéologie lorraine, 1984. - 216 p. : ill., plans ; 23 cm. - (Les Guides du Pays lorrain).

    p. 61-65
  • Decomps (Claire), Marsal, Metz, Editions Serpenoise, 2003, 36 p. (Itinéraires du patrimoine, 284)

    p. 23-36 Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • DECOMPS (Claire) et GLOC (Marie), Le canton de Vic-sur-Seille, entre Seille et Madon, Images du Patrimoine n°269, Paris, 2011, Somogy

    p. 68-74 Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
Périodiques
  • Collin Hubert, l'ancienne collégiale Saint-Léger de Marsal, in Cahier du sel, n° 13, 2000, p. 19-28

    p. 19-28 Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Decomps Claire, la collégiale Saint-Léger de Marsal, architecture et mobilier dans Cahiers lorrains, 2008, n°1-2, p. 23-35

    p. 23-35 Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
(c) Région Grand-Est - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Moselle - Decomps Claire
Claire Decomps

conservateur en chef du patrimoine, chercheur en Lorraine de 1994 à 2018 puis responsable de la conservation du musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris.


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