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Dossier de synthèse d'aire d'étude de l'opération thématique régionale de l'ancienne métallurgie vosgienne

Dossier IA88032089 réalisé en 1988
Aires d'études Vosges
Adresse Commune : Vosges

Historique :

Le travail du fer est attesté dans les Vosges dès l'Antiquité. A la fin du Moyen Age, les conditions naturelles et la politique ducale favorisèrent l' essor des industries qui exploitèrent les sources d' énergie présentes dans la région : l'eau et le bois. Le 16e siècle marque une première période de développement peu connue et dont il ne reste pas de traces architecturales clairement lisibles. A partir du règne du duc Léopold (1698) et grâce aux privilèges ducaux, les forges connurent un essor sans pareil pendant 150 ans. Dès lors les sites industriels se répartissent dans trois zones correspondant aux bassins hydrographiques : au N-O, le Pays de Neufchâteau dans la vallée de la Haute-Meuse (affluents : Saônelle, Mouzon, Vair) où la présence du minerai de fer permit l'implantation de hauts-fourneaux ; au N-E, la vallée de la Mortagne, près de Rambervillers ; au Sud enfin, dans la Vôge, la région de Bains-les-Bains, où au fil de la Semouse, de l'Augronne du Coney et de l'Ourche s'installèrent tréfileries et aciéries alimentées par des fontes venues de Comté.

Les maîtres de forge, lorrains, franc-Comtois ou savoyards s'entourèrent d' ouvriers qualifiés venus d' Allemagne et du Tyrol. Situées dans une zone douanière particulière "à l'instar de l' étranger effectif", les forges achetaient fort cher la fonte de Comté et à moindre titre de Champagne et vendaient plus facilement leurs productions en Allemagne et en Suisse. Deux manufactures échappèrent aux handicaps du "tarif" : la Manufacture de fer blanc de Bains-les-Bains et la Manufacture d'acier de la Hutte.

La qualité de la production fit d'elles un sujet d' enthousiasme dans la littérature technique de la fin du 18e siècle et du début du 19e siècle (baron de Dietrich en l' an 8) mais aussi de l'Intendant Lazowski (en 1785) suivi par le préfet Desgouttes (en 1802) voire des auteurs aux oeuvres plus touristiques (Dom Tailly).

Dès la fin de l'ancien régime, certaines entreprises trop petites, dispersées et dépourvues des capitaux nécessaires pour adopter de nouvelles techniques, disparurent. Quelques familles de maîtres de forges pratiquèrent une politique de regroupement vertical ou horizontal des usines et eurent outre un rôle économique et social, des activités politiques : Muel, Colombier, Falatieu, Doublat, Chavanne, de Pruines... Aucun d' entre eux néanmoins ne sut faire face à la concurrence des nouvelles régions métallurgiques du nord de la Lorraine. Après le Second Empire, seules la tréfilerie et la clouterie (cette dernière pour quelques décennies seulement) purent se maintenir. Aujourd'hui, à l' exception de la tréfilerie de Xertigny, les établissements de l'ancienne métallurgie vosgienne sont détruits, à l' abandon (Forge de la Semouse à Xertigny; la Forgette à Ruaux). Certains ont fait l' objet d' une réaffectation à l'industrie textile : la Forge Neuve à Hennezel, Thunimont à Harsault ou Allangis au Clerjus. Encore bien actifs au moment de l'étude menée par l’inventaire en 1989, ces sites ont fermé à la suite de la dernière crise textile.

Présentation architecturale :

Au 18e et 19 siècles, les usines ont généré une architecture originale qui puise ses sources dans le milieu rural où elle est implantée (usage de « laves » de grès en matériaux de toiture dans le bassin de la Semouse), et d'autre part fait référence à des modèles plus savants. Les ateliers sont d' une grande simplicité ; on retiendra l'impressionnant volume des halles du pays de Neufchâteau et la qualité exceptionnelle de celle de Ruaux. Les logements ouvriers sont relativement biens conservés, les plus anciens (18e siècle) étant ceux de la manufacture de Bains-les-Bains qui présente une série qui va jusqu'à la fin du 19e siècle, ceux du Blanc-Murger et de la Pipée développant un type avec galerie en façade. L' ensemble des maisons de maîtres est hétérogène, les plus modestes ressemblant à un presbytère de campagne (Uzemain), les plus importantes étant de véritables "châteaux" comme à Bains-les-Bains (18e siècle), à Semouse (néo-renaissance) ou à Brouvelieures (néo-classique).

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Perry Eric
Eric Perry

Service régional de l'Inventaire général du Patrimoine culturel en Lorraine, ingénieur informatique


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