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Dossier de synthèse thématique architecture de l'Art Nouveau à Nancy

Dossier IA54000151 réalisé en 1976

Fiche

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Nancy, une brillante capitale.

Le désastre militaire et humain de la guerre de 1870 a transformé la Lorraine restée française en Eldorado. Dans une province mutilée, au patriotisme avivé par les Alsaciens-Mosellans qui s'y installent et par une république revancharde, Nancy, sa principale ville, devient, le temps d'une reconquête, une brillante capitale. Une « ère de prospérité subite et intense » attire une population nombreuse et pugnace.

La Meurthe, devenue Meurthe-et-Moselle, devient, grâce à l'ouverture de nouvelles mines de fer et au développement de la métallurgie, une terre riche. Les industries de transformation, en particulier la construction métallique (entreprise Schertzer...) et la chaudronnerie (La chaudronnerie Lorraine), connaissent elles aussi un essor exceptionnel. Les industries plus traditionnelles (brasseries, tanneries et verreries) s'établissent et se développent dans la périphérie de Nancy notamment la Société Daum frères et Cie. Nancy est aussi devenue une place bancaire importante avec le transfert de la Banque de France de Metz à Nancy mais aussi plusieurs succursales voire la création de nouvelles banques (Renauld ...).

En 1873, 25 % de la population nancéienne est originaire d'Alsace ou de Moselle. La ville, qui a doublé sa population pour atteindre, à la fin du siècle, 100 000 habitants, est le siège d'une intense activité commerciale. Ainsi, toutes les conditions économiques sont requises pour voir se développer une vie intellectuelle et un mouvement artistique sans précédent.

La renaissance de l'enseignement artistique.

L'apport des Alsaciens-Mosellans est déterminant pour le rayonnement des universités et des grandes écoles ainsi que pour la renaissance de l'enseignement artistique. Devenu directeur de l’École municipale de dessin de Nancy, le Messin Théodore Devilly (1818-1886) renouvelle le contenu des cours et préconise déjà l'étude de l'ornement d'après nature ; il forme aussi des artistes-techniciens « en vue de satisfaire aux besoins des industries locales ». Le retour à la nature et la production artistique industrielle font, de la même façon, partie des préoccupations d’Émile Gallé (1846-1904) qui, le premier, libère les arts décoratifs de l'emprise des styles. Son exceptionnelle personnalité est révélée à Paris en 1884 lors de l’exposition de l'Union Centrale des Arts Décoratifs mais il faudra attendre 1894 pour que la capitale de la Lorraine organise une exposition d'art décoratif et industriel. C'est à cette occasion qu'apparaît, pour la première fois à Nancy, une section consacrée à l'architecture. Eugène Vallin (1856-1922), alors connu comme ébéniste, y expose le « somptueux » plafond de la salle à manger de la demeure qu'il va se construire à partir de 1895 au boulevard Lobau (IA54000060) et qui doit être considérée comme un des manifestes de l’architecture 1900 à Nancy.

La fondation en 1901 de l'Alliance provinciale des industries d'art, ou École de Nancy, ne fait qu’institutionnaliser un mouvement reconnu et opérationnel qui, néanmoins, s'intéresse assez peu à la création architecturale. Il faudra attendre 1904 pour voir une seconde exposition faire une place importante aux architectes. La dernière grande manifestation rendant compte de la vitalité du mouvement est la construction, en 1909, du pavillon de l'Ecole de Nancy réalisé par Vallin pour l'Exposition universelle de l'Est de la France.

Architectes et constructeurs.

La vitalité économique et artistique ne se traduit malheureusement pas en matière d'urbanisme. En confiant le développement urbain à des intérêts privés, les municipalités successives mènent une politique désastreuse et ce n'est qu'à partir de 1904 que l'on s'attache enfin à créer de grandes artères reliant le centre de la ville à ses faubourgs. Entre 1891 et 1911, on dénombre 3 500 demeures neuves, sur lesquelles environ 250 édifices seulement sont influencés par l'Art Nouveau, un chiffre toutefois bien supérieur à ce qui se passe dans d'autres villes européennes à la même époque. Architectes, ingénieurs, entrepreneurs et vérificateurs se partagent le marché. La majorité des architectes sont diplômés de l'Ecole nationale des Beaux-Arts de Paris et sortent, pour le plus grand nombre, de l'atelier Laloux. Ces hommes, porteurs de la tradition classique, ne sont pas toujours les moteurs de l'architecture moderne.

En revanche, les ingénieurs, parmi lesquels le polytechnicien Henri Gutton (1851-1933), introduisent dans l'art de bâtir une technique et des matériaux nouveaux qui contribuent au renouvellement des formes. Mais la place la plus originale revient à l'ébéniste Eugène Vallin. Rompu dans sa pratique aux formes du Moyen Age et lecteur assidu de Viollet-le-Duc, il est le promoteur du rationalisme, théorie également partagée par Émile Gallé : « Il faut que la construction réponde à la destination et à la matière et que l'exécution soit aussi simple, aussi logique que possible. Il faut que cette saine construction ne soit masquée par rien et qu'elle reste bien évidente […]. En résumé, les décors modernes, moulurés, sculptés d'après nature, mettront la construction en évidence. Leur dessin ne coupera, ne dissimulera que le moins possible, les points de conjonction, d'assemblage. La nature ne connaît ni les hétéroclites ni la théorie des trois ordres ».

Cette profession de foi est une véritable déclaration de guerre à l'encontre des architectes nancéiens qui, pour sauver leur place et leur marché, s'adonnent aux éclectismes les plus raffinés. La construction, au début du siècle, de la villa Majorelle (IA54000061) par le Parisien Henri Sauvage (1873-1932) n'a pas l'effet d'entraînement que l'on aurait pu supposer ; cette œuvre magistrale, étrangère à la tradition locale, sera en effet sans descendance, et seul Lucien Weissenburger (1860-1929), son architecte d'exécution, saura en tirer quelques leçons. Les architectes nancéiens continuent à décliner les styles historiques, tout en y mêlant des références régionalistes. Émile André, le plus brillant d'entre eux, est l'un des seuls à s'affranchir de ces influences. Plus que tout autre, il sait utiliser la grande diversité des matériaux alors disponibles.

Matériaux et décors.

Les carrières d'Euville, à proximité de Commercy, dans le département de la Meuse, fournissent un calcaire blanchâtre d'une qualité exceptionnelle. Il est régulièrement associé à la meulière dont la surface chaotique accroche bien la lumière, mais c'est aussi sa chaude coloration ocre qui est prisée.

La polychromie, partout présente, est accentuée par l'emploi de briques et d’éléments décoratifs en grès flammé produit par la Société anonyme des produits céramiques de Rambervillers (Vosges). Pour autant, les constructeurs ne négligent pas les matériaux modernes. Georges Biet, Eugène Vallin et Émile André utilisent régulièrement le béton armé, même s'il est le plus souvent masqué par un matériau de revêtement. La métallurgie, quant à elle, fournit aux ingénieurs Gutton et Schertzer des aciers de qualité dont l'emploi est clairement affirmé en façade. Dans ces cas (2, rue Bénit IA54000026 et Cure d'Air Trianon à Malzéville), ces ingénieurs se sont associés à des architectes qui ajoutent une décoration naturaliste.

Ceux-ci mettent à contribution les très nombreux sculpteurs, des peintres, des ferronniers, des peintres-verriers et des stucateurs de l’École de Nancy qui fournissent des modèles à la mode. L'essentiel est emprunté aux espèces locales : monnaie du pape, clématite, pavot, iris, chêne, érable, pin... La flore exotique, rare, est seulement utilisée par Jacques Gruber (1870-1936). La diversité des thèmes et des matériaux de décor a contribué à assimiler l'architecture Art Nouveau nancéienne à un art essentiellement floral. S'il est vrai que la surabondance décorative nuit à la compréhension des structures architecturales, ce problème toutefois, ne se pose que pour les demeures aux formes encore engluées dans les styles historiques. La qualité du décor révèle les moyens des commanditaires. Les industriels (Royer IA54000079, Majorelle IA54000061 et Bergeret IA54000059) montrent l'exemple, suivis par les grands commerçants - le belge Vaxelaire (IA54000073) et Corbin (IA54001521) le fondateur des Magasins Réunis- et les banquiers (IA54000029, IA54000075, IA54000023 ....) qui ne négligent pas un style brillant et ostentatoire.

L’extrême diversité des formes et des décors ainsi que leur coût sont un obstacle à la diffusion de l'architecture Art Nouveau qui cessera presque totalement après 1910. Le mouvement, qui doit être considéré comme une parenthèse stylistique originale commune à toutes les villes européennes éprises de modernité, est le témoin d'une société sans complexe et d'une liberté créatrice retrouvée.

Aires d'études Nancy et périurbain
Localisation Commune : Nancy
Période(s) Principale : limite 19e siècle 20e siècle , daté par source, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Bourgon Charles-Désiré,
Charles-Désiré Bourgon (1855 - 1915)

Architecte


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architecte, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Charbonnier Paul, architecte, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Déon Louis,
Louis Déon (1879 - 1923)

Vérificateur devenu architecte, construisit des immeubles de rapport et quelques hôtels particuliers à Nancy.


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architecte, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Gutton Hernri, architecte, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Daum frères, verrier, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Gruber Jacques,
Jacques Gruber , né(e) 1870 (1943 - )
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ébéniste, peintre-verrier, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Gallé Emile, verrier, ébéniste, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Majorelle Louis
Louis Majorelle (1859 - 1926)

L'entreprise Majorelle trouve son origine en 1858 avec Auguste Majorelle. Louis Majorelle en reprend les rennes à la mort de son père en 1879. Sa production éclectique et bientôt Art nouveau est distinguée lors des expositions universelles parisiennes de 1889 et 1900. En 1901, il devient l'un des vice-présidents de l'École de Nancy (association loi 1901). En 1913, l'entreprise fait construire une succursale par l'architecte Henri Sauvage à Paris. Le magasin nancéien bombardé pendant la Première Guerre mondiale est reconstruit en 1921. Jules Majorelle prend la succession de son frère à la mort de celui-ci en 1926. Alfred Levy assure la direction artistique de l'entreprise qui s'oriente résolument vers la mode Art déco. Les ateliers participent à l'équipement du paquebot Normandie au milieu des années 1930. ils disparaissent au début des années 1950.


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Auteur : André Émile ,
Émile André (1871 - 1933)

Petit-fils d'entrepreneur et fils d'architecte, il entre à l’École des Beaux-Arts de Paris en 1893, dans l'atelier de Victor Laloux. Durant un voyage au Maroc, il réalise des aquarelles qui lui permettent d'obtenir une bourse pour partir en Égypte. Il s'y rend de 1896 à 1897 pour réaliser une reconstitution du temple de Kom Ombo. Après un voyage en Perse, il rentre en France en 1900 et s'installe dans sa ville natale, Nancy, où il est actif à partir de 1901. A ses débuts, sa production se caractérise par l'originalité de la composition des dessins et la qualité du dessin des ferronneries. Entre 1901 et 1910, il construit plusieurs immeubles et maisons à Nancy (plusieurs sont d'ailleurs protégés MH), ainsi que des bâtiments industriels. Après la guerre, il participe à la reconstruction de plusieurs villages dans la Meuse et dessine les plans de villages meurthe-et-mosellans (Flirey, Lironville, Limey). En 1924, il possède une agence à Verdun.


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architecte, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : César Félicien, architecte, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Guitton Henry,
Henry Guitton (1876 - 1963)

Henry Gutton (1876-1963) architecte, neveu d'Henri Gutton


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Auteur : Vallin Eugène,
Eugène Vallin (1856 - 1922)

architecte, ébéniste à Nancy


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Auteur : Sauvage Henri, architecte, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Weissenburger Lucien,
Lucien Weissenburger (1860 - 1929)

architecte nancéien (Nancy, 1860-1929), actif à Nancy et à Lunéville.


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architecte, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Hornecker Joseph,
Joseph Hornecker (1873 - 1942)

Joseph Hornecker, né en 1873 et mort le 21 octobre 1942, est un architecte nancéien.

Il s'associe à l'architecte et polytechnicien Henri Gutton en 1903.

Il reconstruit les églises de Boinville-en-Wöevre et Rouvres-en-Woëvre


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architecte, attribution par source, attribution par travaux historiques

A_GESTION

GESTION {publication MCC=versé 1998/07/21}{import cindoc=0205}

Références documentaires

Documents d'archives
  • Fonds Joseph Hornecker

    architecte
  • Fonds de l'agence d'architecture André, 119 J

    architecte Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 119 J
  • entrepreneur Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 113 J
  • Fonds Bernanose et Lommée, entreprise de bâtiments et travaux publics. L’entreprise de bâtiments et travaux publics de la famille Bernanose a connu une longue existence sous divers patronymes. Mosellan d’origine, Adolphe Bernanose opte en 1871 pour la nationalité française, s’installe à Nancy et intègre la société Doirisse, avant d’accéder au statut d’associé avec Auguste Lommée. Á Adolphe (mort en 1910) succède Jules (mort en 1927), puis Pierre, avant que l’entreprise n’arrête son activité dans le courant des années 1960.

    entrepreneur Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 82 J
  • architecte Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 17 Fi
  • architecte Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 146 J
  • Jajoux, Christel. "Etude du fonds Höner - Janin - Benoît (1850-1950) déposé à l'Inventaire général de Lorraine" / dir. François Pupil, Francis Roussel. [S.l.] : [s.n.], 1987. 3 vol., 104 p. + 45 pl. + Annexes, ill. Mém. maîtrise : Hist. Art : Nancy 2 : 1987.

    NB à Nancy : copie ; les originaux sont à Sampigny, conservation départementale des musées de la Meuse

    peintre-verrier Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : L VITR
Bibliographie
  • ROUSSEL, Francis. De l'art néo-gothique à l'art nouveau : Nancy, foyer de renaissance. In : Patrimoine et culture en Lorraine. Metz : Ed. Serpenoise, 1980, p. 305-318

    p. 305-318 Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • ROUSSEL, Francis. Le fer dans l'architecture Art Nouveau. In : Les arts du fer en Lorraine. Pont-à-Mousson : Centre culturel des Prémontrés, 1980. p. 50-53, 65-77

    p 50-53 ; 65-77 Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • ROUSSEL Francis, Nancy, architecture 1900, Nancy, éd. Serpenoise, 1992

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • BRADEL Vincent et ROUSSEL Francis, Nancy, le parc de Saurupt, Nancy-Metz, éditions Serpenoise, (Itinéraires du patrimoine , n° 187), 1998, 18 p. (ISBN 2-913411-03-7)

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • BOUVIER Roselyne, MOYNE Joëlle et ROUSSEL Francis, Nancy, chambre de commerce et d'industrie de Meurthe-et-Moselle, Nancy-Metz, éditions Serpenoise, 1999 (itinéraire du patrimoine n° 198)

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • BOUVIER Roselyne et ROUSSEL Francis, Nancy, Villa Majorelle. Nancy-Metz, éditions Serpenoise, 1999

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • L'Ecole de Nancy, 1889-1909, l'Art nouveau et industries d'art. Exposition, Galerie Poirel. Nancy, éditions de la Réunion des musées nationaux, 1999, 358 p.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • L'école de Nancy et les arts décoratifs en Europe : actes du colloque, 15, 16 octobre 1999, Salle Poirel, Nancy, sous la direction de François Loyer, Metz, Éditions Serpenoise -2000

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • 1900 : catalogue. Exposition. Paris, Galeries nationales du Grand Palais. 2000. - Paris : Réunion des Musées Nationaux, 2000. 343 p.

    Conseil Régional de Lorraine, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • 1870-1914, les Alsaciens-Lorrains à Nancy : une ardente histoire / Hélène Sicard-Lenattier ; préf. François Roth. - Haroué : PLI - G. Louis, 2002. - 463 p. : ill., plans ; 24 cm. Index des noms p. 459-461. Publication d'une thèse de doctorat soutenue à Nancy 2.

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(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Roussel Francis - Laty Corinne