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Édifice industriel, édifice commercial dit Hôtel de L'Est Républicain

Dossier IA54000044 réalisé en 1975
Appellations dit Hôtel de l'Est Républicain
Dénominations édifice commercial, imprimerie
Aire d'étude et canton Nancy et périurbain
Adresse Commune : Nancy
Adresse : 5bis avenue Foch , Joffre
Cadastre : 1972 BZ 59

Immeuble abritant les bureaux et les ateliers de l'Est Républicain, journal fondé le 5 mai 1889. L'ensemble est construit de 1912 à 1913 pour la société anonyme de l'Est Républicain dont le conseil d'administration est dirigé par René Mercier, ancien secrétaire général de la Dépêche de Toulouse. Le conseil compte en son sein le verrier Antonin Daum et le minotier Vilgrain, beau-père de l'architecte Pierre Le Bourgeois qui dresse les plans de l'immeuble entre les mois d'avril et de juillet 1912. L'ensemble est inauguré le 31 mars 1913, date et signature portée par la façade à droite de la porte de l'avenue Foch.

Les planchers en béton armé sont exécutés par l' entreprise nancéienne France Lanord et Bichaton, concessionnaire du système Hennebique, également auteur du gros-œuvre. Les ferronnerie et la sculpture sont réalisées par l' entreprise nancéienne de Jules Cayette, les stucs de la salle des dépêches par Louis Burtin, stucateur à Nancy. Le revêtement mural de la salle des dépêches est décorée de "verre coulé" réalisé par l'entreprise du maître-verrier nancéien Daum, attribution par sources et travaux historiques.

En 1929 et 1931 l'Est Républicain étend son emprise foncière sur des parcelles mitoyennes. En 1985, il s'installe sur le territoire de la commune de Houdemont et maintient sur place un seul service. L'édifice tel qu'il nous est parvenu ne conserve de son état primitif que son enveloppe extérieure hormis la structure métallique qui couronnait la tour d'angle ainsi que les marquises des portails.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle
Dates 1913, porte la date, daté par source, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Le Bourgeois Pierre,
Pierre Le Bourgeois (1879 - 1971)

Pierre Le Bourgeois (Dieppe 1879-Paris 1971) fit ses études à l'Ecole Nationale des Beaux Arts. Il entreprit deux voyages d'étude au Mexique et aux Etats-Unis. Sa carrière s'est déroulée en deux phases, la première en Meurthe-et-Moselle, la seconde à Paris. Son oeuvre a fait l'objet d'une étude par Patrick Dieudonné, chercheur au L.H.A.C. (laboratoire d'histoire de l'architecture contemporaine) et d'une maîtrise d'histoire de l'art soutenu à l'Universite de Nancy II par Alexia Battistin en 1998. Le résultat de ces travaux est publié sous la forme de divers articles parus dans le Pays Lorrain et des revues spécialisées en histoire de l'architecture. Il en ressort que : "même si l'architecture de l'art déco nancéien n'est pas aussi riche de particularités régionales que celle de l'Art Nouveau, on doitaux années 1925 quelques édifices aussi importants qu'ils sont peu spectaculaires. L'oeuvre de Pierre Le Bourgeois, l'une des moins tapageuses de l'entre deux-guerres, en est l'un des meilleurs exemples"(P. Dieudonné). Au double héritage de l'Art Nouveau et du rationalisme, l'architecte a ajouté une composante classiciste, lisible dans le plan et l'organisation des façades d'un certain nombre de ses oeuvres. Il travailla avec Jean Prouvé, Jean Bourgon, Louis-Hippolyte Boileau... pour quelques bâtiments particulièrement importants : le Pavillon de Nancy à l'exposition internationale des Arts Décoratifs à Paris (1925, aujourd'hui détruit), le Palais de la bière à Nancy (1926, dont l'intérieur est détruit), les grands moulins Vilgrain à Nancy (1928-1929), les Magasins Réunis à Nancy (1928)...Il se présenta à quelques grands concours : en 1922 pour un gratte-ciel de Chicago où il fut le seul projet français primé (mais non retenu), en 1927 pour le Palais de la Société des Nations et en 1930 à Paris pour des immeubles de rapport.

L'activité de Pierre Le Bourgeois dans le Pays-Haut, essentiellement dans le cadre de la Reconstruction après les destructions de la première guerre mondiale a fait l'objet d'une présentation rapide dans l'image du patrimoine n° 93 " le Pays de Longwy" par Marie-France Jacops, Jacques Guillaume et Pascal Thiébaut. Un projet de reconstruction de la ville haute fut présenté en 1920-1921,résultat d'un travail commun de Le Bourgeois et de Louis-Hippolyte Boileau, futur architecte du Trocadero (1).Le parti rayonnant pourrait bien puiser sa source dans l'œuvre de Joseph Stubben (cf. plan des quartiers dit allemands de Thionville). En 1923, Pierre Le Bourgeois s'associa avec un architecte local , Jean Zimmermann (1891 - ?) et tous deux devinrent architectes municipaux de la ville de Longwy. Ils construisirent des équipements scolaires et sportifs, un hôtel de ville, des cités ouvrières et des églises. Pour les établissements industriels, Pierre Le Bourgeois édifia la cité-jardin d'Heumont à Rehon, des villas destinées aux ingénieurs à Longwy et les bureaux de la société Senelle-Maubeuge à Herserange. Pour tous ces bâtiments, il abandonna le décor, accentua la géométrisation des formes et leur simplication en jouant sur l'agencement des volumes, sur un rythme ternaire tout en respectant le principe d'une stricte symétrie. Selon les moyens fournis par le commanditaire, les matériaux choisis donnent une allure austère parfois même quasi empreinte de pauvreté. Mais quand le budget permettait davantage d'aisance, comme à Herserange pour Senelle-Maubeuge, Pierre le Bourgeois n'hésita pas à utiliser des matériaux plus nobles : Comblanchien, marbre, calcaire marbrier (provenant de Bourgogne comme à Senelle), pierre d'Euville (église Saint-Eloi à Rehon) ferronnerie... dont il soigna la mise oeuvre soulignée par des effets de surface. Pour les églises, il puisa parfois son inspiration dans l'architecture romane (ex. Saint-Pirmin de Cutry) ou tint à respecter l'organisation habituelle des volumes dans les églises lorraines (vaisseau unique, tour hors oeuvre en façade, choeur polygonal... comme à l'église de la Nativité de la Vierge à Hussigny). Il utilisa le béton, en voile de béton armé pour le voûtement des églises (1924 : Hussigny ) en pieux de béton armé (système Frankignoul pour le groupe scolaire de Longwy). On signalera enfin, cas un peu particulier- la construction dans les années 1925-1930 d'une villa d'ingénieur inspiré des réalisations de Mallet-Stevens (emboîtement des volumes géométriques, lignesépurées, toitures en terrasse...) où la seule référence à l'Art déco apparaît dans le décor des allèges des fenêtres.


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architecte, signature, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : France-Lanord et Bichaton,
France-Lanord et Bichaton

En 1865, deux maçons créent à Nancy l'entreprise Perrin & Bichaton, ils sont rejoints vers 1870 par un tailleur de pierre, Jean-Baptiste France Lanord. A partir de 1886, après le retrait de Pierre-Eusèbe Perrin, l'entreprise qui a pris le nom de France-Lanord et Bichaton, œuvre sur les nombreux chantiers industriels et privés de Nancy, participe aux ouvrages de fortifications Séré de Rivière ; dès 1895, concessionnaire du système Hennebique, elle emploie le béton armé, et accompagne le mouvement Art nouveau. Les chantiers de la Première Reconstruction donnent une impulsion nouvelle à celle qui est déjà l'une des grandes entreprises de bâtiments et travaux publics de la région. La période de l'entre-deux-guerres correspond à l'apogée de l'entreprise qui compte plusieurs milliers d'ouvriers, une sablière, une carrière, des installations de dragage et de transport fluvial, un parc impressionnant d'engins de chantier, ses réalisations comptent la brasserie de Sain-Nicolas-de-Port, le grand séminaire de l'Asnée à Villers-lès-Nancy, le siège de l'Est républicain, des maisons de ville, des lotissements, ainsi celui du Placieux à Villers-lès-Nancy. La crise qui touche le secteur du bâtiment dans les années soixante-dix, ne l'épargne pas. L'activité de menuiserie se développe et la branche maçonnerie s'oriente vers des domaines spécifiques, restauration de monuments historiques, ravalement, taille et sculpture de pierre, où sa compétence reconnue lui confère une forte identité patrimoniale.


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entrepreneur, attribution par source, attribution par travaux historiques
Auteur : Cayette Jules, ferronnier, attribution par source
Auteur : Burtin Louis,
Louis Burtin

sculpteur actif à Nancy début 20e siècle


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sculpteur, attribution par source
Auteur : Gauthier et Poinsignon (atelier),
Gauthier et Poinsignon (atelier)

Camille Gauthier et Auguste Poinsignon : atelier d'ébénistérie 1904-1924.


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fabricant, attribution par source
Auteur : Daum, verrier, attribution par source, attribution par travaux historiques

Bâti sur une parcelle irrégulière, l'hôtel de l'Est républicain se remarque par sa haute tour d'angle dont la partie supérieure (aujourd'hui disparue) jouait le rôle d'un phare publicitaire proclamant le titre du journal.

Le programme était complexe car il associait les salles des machines (au centre du rez-de-chaussée, entourée des espaces destinés à la surveillance, à la publicité et aux expéditions) à un logement au 2e étage destiné au directeur et souligné par la présence de balcons. La salle des machines est couverte d'une verrière et l'escalier principal est rejeté dans un angle. L'appartement se déploie sur un plan en L avec des salons dans l'angle.

Le souci de rationalisme de l'architecte se lit dans le choix d'une élévation rigoureuse en travées et niveaux de conception classique. Seul le décor végétal et le décor intérieur (aujourd'hui disparu) témoignent d'une esthétique plus proche de l'Art nouveau (ferronnerie, décor de stuc et dalle en verre coulé de la manufacture Daum).

Murs calcaire pierre de taille
brique silico-calcaire
calcaire moyen appareil
calcaire moellon enduit
Toit ardoise, verre en couverture
Étages sous-sol, 3 étages carrés, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans brisés
Escaliers escalier dans-oeuvre
escalier tournant à retours avec jour
en maçonnerie
Techniques sculpture
ferronnerie
Représentations ornement végétal pomme de pin chêne
Précision représentations

sujet : pommes de pin, support : piliers et plafond de la salle des dépêches, marquises des portails, garde-corps ; sujet : feuilles de chêne, support : corniches

A_GESTION

GESTION {publication MCC=versé 1998/07/21}{import cindoc=0205}

Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Bibliographie
  • ROUSSEL Francis, Nancy, architecture 1900, Nancy, éd. Serpenoise, 1992

    T.2, p. 6-7 Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Roussel Francis