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Église paroissiale de la Nativité-de-la-Vierge

Dossier IA54003015 réalisé en 2010

Fiche

Vocables Nativité-de-la-Vierge
Dénominations église paroissiale
Aire d'étude et canton Meurthe-et-Moselle - Toul-Nord
Adresse Commune : Écrouves
Adresse : Chemin Haut
Cadastre : 2011 AB 318

L’église date du début du 13e siècle ou de l'extrême fin du 12e siècle. Elle fut construite probablement en remplacement d’une église ou chapelle plus ancienne qui, selon la tradition, fut le lieu d’un pèlerinage destiné à guérir de la scrofule (ou maladie des écrouelles). Son style est caractéristique d’un art intermédiaire entre roman et gothique, qui se développe en Lorraine dans les années 1180-1200, préfigurant le style gothique qui s’épanouit dans la région à partir de 1220, avec les cathédrales de Toul et de Metz.

Depuis sa construction, l’église a subi quelques remaniements. Les plus importants sont la surélévation des murs gouttereaux des bas-côtés d’environ 2 mètres et la modification des toitures, nef et bas-côtés ayant à l’origine des toitures distinctes (2 longs pans pour la nef, appentis pour les bas-côtés), des petites baies rectangulaires ayant été percées dans la partie surélevée. L’espace du comble, alors plus vaste, a servi de lieu de refuge et de défense, notamment dans des périodes troublées au cours du 16e siècle et début 17e siècle ; on y accédait par l’escalier en vis qui se trouve dans la tourelle située à l’angle du bas-côté sud et du portail - tourelle percée d’archères -. Au 18e siècle, les fenêtres des bas-côtés sont agrandies, une sacristie est accolée à la travée droite du chœur, le porche est repris notamment pour le fermer par une porte à linteau droit.

Au milieu du 19e siècle, l'église est très endommagée, la commune envisageant de la démolir pour en reconstruire une nouvelle. Finalement, des travaux sont entrepris en 1857, puis l'église est classée au titre des Monuments historiques en décembre 1883. Au début du 20e siècle (date non connue à ce jour), les lambris qui couvraient les murs de l'abside depuis le 18e siècle disparaissent.

En 1873-1875, de nouvelles verrières sont posées par Charles Najean : vitraux hagiographiques dans 2 baies du choeur (IM543004451), grisailles dans les autres baies. Trois de ces grisailles (2 dans le bas-côté sud, 1 dans le bas-côté nord) sont remplacées par des vitraux historiés de Jean-Jacques Gruber au milieu du 20e siècle (IM54004452).

En octobre 1933, des fouilles sont entreprises dans le choeur sous la direction d'Edouard Salin (cf Revue Historique de la Lorraine, mai-juin 1935, p. 85-90) ; elles mettent au jour un puits étroit, profond de 4 mètres environ. D'après l'archéologue, un orifice percé dans la maçonnerie donnait probablement accès à l'extérieur, dans le soubassement du chevet sous lequel devait se trouver une crypte. Toutefois, cette hypothèse ne fut pas vérifiée.

En 1964, des peintures murales datant du 14e siècle sont découvertes sous l'enduit du mur oriental des bas-côtés (IM54304450).

Période(s) Principale : limite 12e siècle 13e siècle
Secondaire : 18e siècle

L'église s'élève à flan de coteau, sur un promontoire, à l'écart du village, qu'elle domine. Elle est entourée de l'ancien cimetière dont il ne reste que 6 pierres tombales fort endommagées.

De plan basilical, elle compte 4 travées voûtées d'ogives, de plan barlong pour la nef, de plan carré pour les bas-côtés. Il n'y a pas de transept, la nef se prolonge directement par le choeur formé d'une abside à 5 pans coupés précédée d'une travée sur la droite de laquelle s'appuie la sacristie. Un porche hors oeuvre et une tourelle d'escalier demi hors oeuvre sont accolés à la 1ère travée côté sud.

A l'intérieur, la nef comprend 3 niveaux d'élévation : le 1er est constitué par les grandes arcades ouvertes sur les bas-côtés par des arcs en tiers point, le 2e niveau est constitué par une série de baies (arc trilobé et archivolte en plein cintre reposant sur une colonnette au chapiteau sculpté de feuilles plates) ouvrant sur le comble de chaque bas-côté, et au 3e niveau sont percées les fenêtres hautes en plein cintre. Les piliers sont très massifs, ils se composent de 8 colonnettes engagées, correspondant chacune à un arc et à une nervure de la voûte ; les chapiteaux sont sculptés de feuilles plates, de feuilles à 3 ou 5 lobes et de crochets. On note la présence de culots supportant les arcs formerets ; ils sont sculptés de visages grimaçants tout comme une corniche appuyée au mur occidental de la nef, sous la tribune surmontant la 1ère travée.

Le clocher de plan carré s'élève sur la travée de choeur. Surmonté d'un toit en pavillon, il est marqué par 3 divisons horizontales. La 1ère est formée d'un bandeau sculpté de bouclettes à l'appui des baies. La 2e est formée d'un cordon de 2 rangées qui se prolongent sur les archivoltes des baies. La 3e est également sculptée de billettes sur 2 côtés, interrompues par des modillons, une simple moulure animant les autres faces. Les baies géminées comptent 5 colonnettes : 3 au niveau du cintre supportent le tympan ; 2 à l'extérieur, engagées, reçoivent la retombée du cintre de la fenêtre. Les chapiteaux sont ornés de feuilles plates ou bombées, et quelques-uns de rubans entrelacés.

Situé sur le mur latéral, le porche d'entrée est fermé par une porte à linteau droit surmontée d'une niche qui abrite une Vierge à l'Enfant ancienne - elle pourrait dater du 15e siècle (?) - mais très restaurée. Il est voûté d'ogives et comporte 3 tympans en arc brisé. Les tympans latéraux ont perdu tout décor, à l'exception d'un bandeau d'appui sculpté de feuilles découpées et de l'arc formeret également orné de feuillage. Le tympan central est délimité par des voussures qui reposent sur des colonnettes baguées aux chapiteaux sculptés de feuillage. La voussure extérieure porte une série de petits personnages, en partie mutilés, qui pourraient évoquer les Vierges Sages et les Vierges Folles et/ou des anges. Ce tympan conserve des vestiges de son décor, dont une Vierge à l'Enfant en majesté, assise sur un trône, dont les membres, la tête et l'Enfant ont disparu ; de chaque côté, on distingue les traces de deux saintes femmes ou anges, et quelques vestiges de peinture.

La façade occidentale est percée d'une longue archère et d'une grande baie à 2 lancettes et oculus encadrée par deux contreforts. Surmonté d'une croix tréflée en pierre, le rampant mouluré du pignon est orné de crochets scutiformes. Certains modillons supportant la corniche du chevet sont décorés de curieux mascarons grimaçants.

Présence d'un lavabo en pierre dans le choeur, probablement du 18e siècle, et de peintures murales à l'extrémité orientale des bas-côtés (IM54304450).

Murs calcaire pierre de taille enduit
Toit tuile
Plans plan allongé
Couvrements voûte d'ogives
Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon

Escaliers escalier en vis
Techniques vitrail
sculpture
peinture
Représentations feuillage, mascaron, Vierges sages et Vierges folles, billette, crochet, entrelac, Vierge à l'Enfant, croix
Précision représentations

entrelacs de rubans sur chapiteaux des baies du clocher

L'édifice est classée en totalité au titre des Monuments historiques le 26/12/1883 (ce qui comprend verrières, peintures murales).

Objets protégés :

- Deux statues en pierre de la fin du 14e siècle représentant la Vierge à l'Enfant et saint Jean-Baptiste sont classées au titre des Monuments historiques le 08/06/1964

- Une statue en pierre de la fin du 14e ou début 15e siècle représentant la Vierge à l'Enfant (déposée au musée de Toul) a été classée au titre des Monuments historiques le 18/01/1965

- Une statue en pierre, datée vers 1550 et représentant la Vierge à l'Enfant a été inscrite au titre des Monuments historiques le 17/10/1977

- Le maître-autel en bois repeint et doré du 18e siècle a été inscrit au titre des Monuments historiques le 05/01/1994.

Statut de la propriété propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections classé MH, 1883/12/26
Précisions sur la protection

Classement par arrêté du 26 décembre 1883

(c) Région Grand-Est - Inventaire général ; (c) Conseil départemental de la Meurthe-et-Moselle - Mazerand Michel
Michel Mazerand

Enquêteur du pré-inventaire à l'Inventaire général de Lorraine.


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- Tronquart Martine
Martine Tronquart

Chercheur au Service Régional de l'Inventaire du Patrimoine Culturel, site de Nancy.


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- Tronquart Martine
Martine Tronquart

Chercheur au Service Régional de l'Inventaire du Patrimoine Culturel, site de Nancy.


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Mary Gottscheck

Prestataire au Service Régional de l'Inventaire de Nancy


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