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Ferme modèle de Saurupt

Dossier IA88032067 réalisé en 2020

Fiche

Une ferme modèle est établie dans les années 1820, au lieu-dit « Saurupt » en bordure de l’ancienne route reliant Epinal à Ville-sur-Illon, par Jean Nicolas Derazey (1760-1843). Jean Nicolas Derazey est né en 1760 à Harol. Notaire à Ville-sur-Illon puis avocat, juge, et député des Vosges entre autres, il envisage dès 1810 de créer une ferme moderne. Son grand-père maternelle, Jacques Philippe Jeandatte, était laboureur à Igney.

État initial de Saurupt

Selon le rapport fait par Hubert Mathieu pour la Société d'émulation du département des Vosges, suite à une visite effectuée le 24 juin 1832, J.N. Derazey acquière progressivement les 239 hectares de terrains très morcelés pendant 22 ans. Peu entretenues, ces terres sont éloignées des habitations, soumises à un assolement triennal (blé, froment, jachère) sans engrais, peu productif, manquant d’eau. Après les récoltes, elles servent de pâture aux troupeaux des communes avoisinantes. Souvent décrit comme « sombre et lugubre […] ce canton passait dans le pays pour le séjour des sorciers, pour le théâtre de cent aventures mystérieuses, dont le récit charmait les longues soirées de l’hiver ».

Malgré le scepticisme de ses voisins cultivateurs, J.N. Derazey est persuadé que le sol calcaire parfois mêlé d’argile, de sable marneux et d’alluvions du Saurupt répondrait aux attentes, et que son infertilité était apparente. La découverte « de cercueils creusés dans les pierres, des débris de tuiles plates et à rebords et de grossières statues » atteste en effet d’une présence ancienne à cet endroit.

Les bâtiments

J.N. Derazey commence l’élévation du « premier bâtiment destiné à une grange, à une double étable, avec gerbier et fenil » en mai 1818. Il conçoit tous les plans et veille à leur application. Les constructions sont toutes solides, grandes et bien appropriées à leur destination. C’est « une maison de ferme, dont la construction et la salubrité sont un vrai modèle à suivre » (Mathieu - Voyage agricole dans les Vosges – 1821). Il poursuit en 1819 par « deux corps d’habitation contigües avec caves », en 1821 par « une bergerie avec grenier ; un bâtiment avec écurie simple pour chevaux, bergerie, grange, gerbier et fenil », en 1823 par « une construction distribuée en réduits à porcs avec greniers au-dessus », en 1824 « une remise avec greniers, à laquelle fut continu un abreuvoir couvert alimenté par une fontaine distante de 160m ». C’est à cette date que J.N. Derazey se retire de ses engagements précédents et s’installe à Saurupt.

En 1825, il installe « de chaque côté de la grande porte d’entrée, deux ateliers, l’un pour la maréchalerie et l’autre pour le charronnage, avec greniers », puis en 1826 « un bâtiment dans lequel sont placés une mécanique pour battre les grains, un moulin à cheval, une ribe, gerbier au-dessus ». Toutes ces constructions sont enfermées dans une cour spacieuse et close de murs de 9 pieds de haut. En 1832, il complète l’exploitation par l’ajout d’un « bâtiment situé près d’un étang également de récente formation, avec un corps-de-logis, chambres, caves, greniers, écurie, mécanique à battre, moulin à farine, à pommes de terre allant à eau. »

Les terrains

En 1832, les 225 ha de la propriété sont répartis de la manière suivante :

  • Un potager de 26 ares, contigu au corps de logis, entouré de murs. La création a été faite en rapportant la terre excavée pour l’étang.
  • Un verger de 2ha entouré de haies vives attenant au jardin
  • Des vignes et un verger de 24 ares entourés de haies vives, attenant au bâtiment construit en 1832
  • Des prairies naturelles en plein produit sur 30 ha
  • Des prairies naturelles commencées sur 20 ha
  • Des prairies artificielles sur 12 ha
  • Des terres labourables sur 154ha
  • Les chemins et les pierriers de 2 à 15 ares chacun qui sont garnis d’arbres et arbrisseaux de diverses essences.

En plus des plantations des vergers, J.N. Derazey fait planter plus de 700 arbres fruitiers en bordure des chemins reliant la ferme au chemins vicinaux, pour produire à terme du Kirch et du cidre, en plus du vin. Beaucoup d’arbres forestiers (érable, charme, bouleau, frêne, peuplier, saule, résineux) sont aussi installés dans diverses sections de la propriété, dont l’élagage fournit le bois pour alimenter les feux de la maison.

Les prés sont devenus d’assez bonne qualité suite au travail entrepris pour résoudre le problème engendré par la pâture d’automne transformant les parties les plus basses en marécages de jonc, laiches et mousses. J.N. Derazey fait ainsi creuser de fossés profonds dont les alluvions sont allés amender les champs, et les fait remplir de pierres provenant de l’épierrement des champs. Il fait également installer des pierres dans les ravines des coteaux lessivés par les pluies des orages, pour contraindre l’eau à s’évacuer par les canaux latéraux d’irrigation et retenir les terres qui se sont engazonnées rapidement.

De nouvelles sources sont recherchées en 7 points, pour irriguer les prairies par une multitude de rigoles. Elles sont ensuite réunies au ruisseau près de l’habitation, pour former deux petits étangs de 16 ares chacun, permettant aux animaux de s’y abreuver et de s’y baigner. A proximité, un réservoir ou vivier est alimenté par une source abondance partant du fond. Les eaux irriguent enfin la prairie inférieure.

Le sol des terres arables étant couvert de pierres, elles ont été rassemblées puis transportées sur les plus gros pierriers préexistants. Les anciens petits pierriers ont été enlevés pour servir de clôtures ou de chemin. L’opération a été répétée après de profond labourages. « Afin de borner l’entrainement des terres, les côtes les plus rapides furent sillonnées en travers ». Cette opération ramena « du fond une terre neuve [qui] détermina la fertilité ». En 1832, toutes les terres ne sont pas encore en culture, mais les céréales et les oléagineux « réussissent bien à Saurupt ». Les prairies de trèfle, lupuline, pimprenelle et surtout sainfoin et luzerne sont abondantes et la « véritable base de l’édifice agricole ». Elles nourrissent un bétail nombreux qui par son engrais augmente la richesse des récoltes.

L’élevage

L’élevage est en effet abondant et varié :

  • Les chevaux sont « les plus distingués des environs », provenant de croisement de juments normandes, mecklembourgeoises et communes avec des étalons royaux.
  • Les bœufs et les vaches dont le lait est excellent et abondant, sont « d’espèces améliorées », provenant de « la race suisse ou de celle dite bonne montagne ». Deplus la ferme tient à la disposition publique des « taureaux améliorés ».
  • Le troupeau de bêtes blanches est composé de mérinos dont la laine est fine, forte et élastique, et d’ovins croisés entre « la bête d’Espagne avec celle de haute stature du Wurtemberg ».
  • Les cochons dont la « race anglo-chinoise » a été utilisée puis abandonnée.
  • Des oiseaux de basse-cours
  • Des poissons dans l’étang
  • Des abeilles dont le miel est « blanc, sucré et aromatiques », abritées dans « un immense rucher ».

Lorsque J.N. Derazey devient Chevalier de l’Empire par lettres patentes du 20.02.1800, des armes lui sont accordées figurant d’ailleurs une ruche.

Le matériel agricole

En plus de la vente qui permet de parer aux imprévus, la force du bétail est indispensable aux divers instruments aratoires perfectionnés, inusités dans les villages limitrophes, dont s’est dotée la ferme de Saurupt : « Herse machon, rayonneur, sillonneur, charrue à deux versoirs, houe à cheval, semis à brouette », « le rouleau et le butoir à cheval », une machine à battre les grains dont le même manège fait mouvoir le moulin à grain, « une ribe » …

Les employés

Dans le cadre d’une administration paternelle de la ferme de Saurupt, J.N. Derazey veille à ce que les domestiques soient bien vêtus, aient toujours une nourriture saine et abondante. Ils les rassemblent tous le soir pour exposer les travaux de la journée et en indiquer le but par des « conversations instructives, des conseils prudents, des lectures choisies dans les meilleurs ouvrages d’agriculture ». Il fait également lire et calculer les enfants.

Si l’entreprise de J.N. Derazey est notamment primée par la médaille d’or Olivier de Serres (6 avril 1834), certains des employés de la Ferme de Saurupt sont récompensé pour leur travail à l’exemple de « M. Charles Picot, jardinier à Saurupt, [qui] a planté successivement, depuis 1821, plus de 1500 pieds d’arbres fruitiers, soit en plein vent, soit en espalier » : poiriers, pommiers, cerisiers, pruniers, pêchers, abricotier…, donnant des fruits d’excellente qualité. Il a également converti des buissons d’aubépine en néfliers et en poiriers (environ 150), et établit une pépinière. « Ces résultats doivent sans doute en partie à M. Derazey, mais il reconnait qu’il doit beaucoup au soins et travaux de son jardinier ». Il reçoit la médaille par la Société d’émulation pour « multiplication des bons fruits dans les campagnes » en 1834.

La charrue-Grangé

La ferme modele de Saurupt est aussi le lieu d’invention d'un nouveau modèle de charrue par Jean-Joseph Grangé, né en 1804 à Harol et valet de ferme.

Fils ainé de la famille Grangé, il entre aux services de J.N. Derazey au début de l’expérimentation de Saurupt. Chargé à 18 ans « du soin et de direction d’une charrue trainée par six chevaux » et ayant sous les yeux des instruments aratoires perfectionnés, il a cherché à alléger son travail de valet de charrue, à retourner aisément en fin de raie, et plus généralement à améliorer l’efficacité du labour. Fort de son expérience, il souhaite appliquer des modifications sur une charrue pourvue d’un avant-train, y ajouter des chaines pour maintenir une raie rectiligne, et une charnière pour éviter qu’elle ne se renverse. Un seul mancheron avec un levier permet de faire sortir le soc de terre, et de manœuvrer plus facilement la charrue pendant le labour et pour faire demi-tour. Faciliter la pénétration du soc dans les terres difficiles à travailler, soulage l’effort physique tant de l’ouvrier agricole que de l’animal.

Après la mort de son père en 1828, J.J. Grangé investit son héritage et ses gages pour concevoir la charrue imaginée. Il en fait une démonstration devant la commission de la Société d'émulation du département des Vosges lors de la visite de la ferme du 24 juin 1832. Impressionnée, celle-ci relaie cette innovation, et pour l’encourager, elle acquière la charrue qui est mise au musée départemental.

Souhaitent perfectionner sa charrue, et ne trouvant pas de soutien sur place pour acquérir une nouvelle charrue, il quitte le village le 8 aout 1832. Pendant les 2 ans qui suivent, il parcourt une quinzaine de départements pour y présenter ses améliorations au matériel agricole, et bénéficie de nombreuses récompenses et honneurs. Souhaitant avant tout améliorer le matériel et les pratiques agricole des cultivateurs, sa générosité lui fait refuser un brevet d’invention. Suite à son mariage en 1834, il acquérir un terrain à l’abandon de 40 ha à Monthureux-sur-Saône, isolé sur la route de Tignécourt et y établi une exploitation avec ferme sur cour, dont le principe est assez proche de celui de la Ferme de Saurupt. Il décrit son entreprise dans le Mémoire adressé à la Société centrale d'agriculture de Nancy en 1843.

La poursuite de l'exploitation agricole

Suite à la mort de J.N. Derazey en 1843, la ferme de Saurupt est transmise sur le même modèle jusqu’à son arrière-petit-fils Joseph Victor René Derazey (né en 1862). Membre de la société d’émulation des Vosges à partir de 1892 (Commissions d'histoire, d'archéologie et des Beaux-Arts), il y est présenté comme un « agronome, qui, pour les excellents résultats obtenus dans une ferme considérable où il applique les méthodes nouvelles de culture, a reçu, il y a deux ans, du Comice agricole de Mirecourt, la plus haute récompense, la médaille d’or ».

Selon le dénombrement de population de 1886 (AD88 - 6M792), les deux bâtiments d’habitation abritent 5 foyers pour un total de 23 personnes : René Derasey (cultivateur), sa mère (rentière), 9 domestiques de ferme, deux cultivateurs et un berger avec leur famille. En 1901, la ferme de Saurupt compte 20 personnes, et René Derazey a donné en fermage l’exploitation à Camille Dupont qui emploie sur place un berger, 4 domestiques et un bouvier (avec leur famille). Le hameau compte 17 personnes en 1906, puis 14 en 1911, date à laquelle Camille Dupont est désigné comme fermier en absence de René Derazey.

C’est probablement à cette époque que le corps de bâtiment à l’ouest de la cour est détruit et remplacé par la grande écurie, actuellement visible (en ruines).

Après la première guerre mondiale, c’est la famille de Elie Munier qui gère la ferme de Saurupt : en 1921, elle compte 15 personnes, dont 4 ouvriers agricoles ou domestiques, et un berger. En 1926, 30 personnes de plusieurs familles étrangères la région (Suisses, Mosellans, alsacien) se sont installées à Saurupt en tant que brodeuses, cultivateurs/cultivatrices à leur compte, ou bien comme berger, marcaire, ouvrier agricole, charpentier et maréchal, employés par Victor Gouy (cultivateur né en 1862 en Moselle).

En 1931, d’autres familles étrangères (15 personnes) sont arrivées et travaillent comme cultivateurs, ouvriers agricoles ou bergers, pour « Léon Hecker de Thaon » (probablement le boucher, marchand de bestiaux et éleveur, né à Bruyères en 1885 et mort à Auschwitz en 1842). L’exploitation de Léon Hecker est dirigée en 1936, par Pierre Jacquemin (né à Adompt en 1908), qui comprend 30 personnes (dont une moitié d’enfants et 14 allemands) œuvrant comme fermier, ouvrier agricole, vacher, berger et cochonnier.

A partir de 1979, les différents bâtiments de la ferme de Saurupt tombent en ruines. Seuls subsistent aujourd’hui la partie Est du logis probablement bâti en 1819, et le bâtiment du début du 20e siècle dont la toiture a disparu récemment. Le bâtiment de 1832 servant notamment de moulin près de l’étang a également été remplacé par un hangar agricole dans les années 2010. La petite annexe construite au début du 20e siècle à coté (parcelle cadastrale 2020 A 1017) est à l'abandon.

Précision dénomination modèle
Vocables de Saurupt
Appellations Ferme modèle de Saurupt
Parties constituantes non étudiées remise agricole, jardin potager, verger, écurie, bergerie, atelier, logement, moulin, étang
Dénominations ferme
Aire d'étude et canton Dompaire - Dompaire
Adresse Commune : Harol
Lieu-dit : Saurupt
Cadastre : 2020 A 1554 ; 2020 A 1555 ; 2020 A 1017

La ferme modèle de Saurupt (Harol) est établie à partir de 1810 par J.N. Derazey, à savoir : l'achat des multiples parcelles de terrain, ainsi que la construction de bâtiments agricoles et d'habitation en 1818, 1819, 1821, 1823, 1824, 1825 et en 1832.

La ferme modèle de Saurupt est aussi le lieu d’invention d'un nouveau modèle de charrue par Jean-Joseph Grangé.

Le corps agricole ouest est détruit et remplacé probablement par René Derazey, au début du 20e siècle par le bâtiment actuellement visible (vestiges). L'ensemble tombent en ruines à partir des années 1980, ne laissant couvert aujourd’hui que l'un des logements établis en 1819, servant actuellement de hangars agricoles.

Période(s) Principale : 1er quart 19e siècle, 2e quart 19e siècle , daté par source , (détruit)
Secondaire : 1er quart 20e siècle , daté par source , (détruit)
Secondaire : limite 20e siècle 21e siècle , daté par travaux historiques
Dates 1818, daté par source
1819, daté par source
1821, daté par source
1823, daté par source
1824, daté par source
1825, daté par source
1832, daté par source
Auteur(s) Personnalité : Derazey Jean Nicolas,
Jean Nicolas Derazey (21.06.1760 - 28.02.1843)

Jean Nicolas DERAZEY est né le 21.06.1760 à Harol, décédé le 28.02.1843 à Harol (Saurupt), Notaire à Ville-sur-Illon de 1784 à 1789, il devient avocat au parlement à partir de 1786, il est élu administrateur du département des Vosges en 1790, et juge puis administrateur du tribunal du district de Darney en 1794. Il exerce notamment les fonctions de conservateur des hypothèques à Epinal (1796), procureur impérial criminel près la cour d’assises des Vosges (1811-1814), député des Vosges (1815-1816), conseiller à la Cour d’appel de Nancy...

En 1824, il se retire dans la ferme expérimentale de Saurupt,

Il était chevalier de la Légion d’Honneur (14.06.1804) et chevalier de St Louis (1814).attribue à Derazey, la médaille d’or Olivier de Serres. Il épouse Marie Rose ETIENNE (1772-1837) en 1790 et à 4 enfants : Honoré (1791-1870), Philippine Victoire (1793-1809), Castor et Pollux DERAZEY (1795).

Lorsque J.N. Derazey devient Chevalier de l’Empire par lettres patentes du 20.02.1800, des armes lui sont accordées figurant notamment une ruche.


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propriétaire, attribution par source
Personnalité : Derazey Joseph Victor René,
Joseph Victor René Derazey (1862 - )

Joseph Victor René Derazey est né en 1862 et est l'arrière-petit-fils Jean Nicolas Derazey (1760-1843) fondateur de la Ferme modèle de Saurupt à Harol.

Membre de la société d’émulation des Vosges à partir de 1892 (Commissions d'histoire, d'archéologie et des Beaux-Arts), il y est présenté comme un « agronome, qui, pour les excellents résultats obtenus dans une ferme considérable où il applique les méthodes nouvelles de culture, a reçu, il y a deux ans, du Comice agricole de Mirecourt, la plus haute récompense, la médaille d’or ».


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propriétaire, attribution par source
Personnalité : Munier Elie,
Elie Munier

Elie Munier est notamment propriétaire de la Ferme de Saurupt (Harol) dans les années 1920.


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propriétaire, attribution par travaux historiques
Personnalité : Hecker Léon,
Léon Hecker

Léon Hecker est propriétaire de la ferme de Saurupt (Harol) dans les années 1930.

Léon Hecker est boucher, marchand de bestiaux et éleveur à Thaon-les-Vosges. Il est né à Bruyères en 1885 et mort à Auschwitz en 1842.


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Personnalité : Grangé Jean-Joseph,
Jean-Joseph Grangé (1804 - 1867)

Jean-Joseph Grangé, né en 1804 à Harol, est valet de ferme et inventeur d'un nouveau modèle de charrue qui porte son nom vers 1828.

Après la mort de son père en 1828, J.J. Grangé investit son héritage et ses gages pour concevoir la charrue imaginée. Il en fait une démonstration devant la commission de la Société d'émulation du département des Vosges lors de la visite de la ferme du 24 juin 1832. Impressionnée, celle-ci relaie cette innovation, et pour l’encourager, elle acquière la charrue qui est mise au musée départemental.

Souhaitent perfectionner sa charrue, et ne trouvant pas de soutien sur place pour acquérir une nouvelle charrue, il quitte le village le 8 aout 1832. Il trouve finalement un charron et un maréchal qui accepte de modifier une vieille charrue. Pendant les 2 ans qui suivent, il parcourt une quinzaine de départements pour y présenter ses améliorations au matériel agricole. Il bénéficie de nombreuses récompenses et honneurs, parmi lesquelles :

• La médaille d’or du conseil général des Vosges en 1834

• La médaille d’or la société royale et centrale d’agriculture de Paris (6 avril 1834)

• Une récompense du Ministre de l’agriculture : 6000 francs

• Une présentation de la charrue à Neuilly en présence du Roi

• La croix de la Légion d'honneur

• Une souscription ouverte en sa faveur pour indemniser le service gratuit rendu à l’agriculture, qui s’éleve à 4000 francs.

• 4000 à 5000 francs donnés par divers personnes rencontrés.

Souhaitant avant tout améliorer le matériel et les pratiques agricole des cultivateurs, sa générosité lui fait refuser un brevet d’invention. Suite à son mariage en 1834, il dispose de 15000 francs pour acquérir un terrain à l’abandon de 40 ha à Monthureux-sur-Saône, isolé sur la route de Tignécourt. Malgré les réticences locales, il établit une exploitation avec ferme sur cour, qu’il décrit dans le Mémoire adressé à la Société centrale d'agriculture de Nancy en 1843, et dont le principe est assez proche de celui de la Ferme de Saurupt. Soumis à des difficultés importantes, il quitte par la suite les Vosges et se déplace en France, notamment en Sologne où il effectue des essais de défrichement et à Rennes, où il finit sa vie en 1867. Il bénéficie alors de nombreuses récompenses et honneurs.

Suite à son mariage en 1834, il fonde une ferme moderne à Monthureux-sur-Saône. Soumis à des difficultés importantes, il quitte par la suite les Vosges et se déplace en France. Il va notamment en Sologne où il effectue des essais de défrichement, et à Rennes où il finit sa vie en 1867.


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habitant célèbre, attribution par source

La ferme modèle de Saurupt à Harol est constituée d'une exploitation agricole (étable, écurie, bergerie, porcherie, grange et grenier) et de logements (2 logis avec caves) établis autour d'une cour fermée avec une fontaine, un atelier de charron et de maréchal, au centre de 239 ha de terre cultivées, de prairies, de jardin et de vergers. Un moulin est aussi établi près de l'étang avec vivier.

De gros travaux ont été effectués au 19e siècle pour améliorer l'ensemble des terrains (drainage, irrigation, amendement, plantations, chemins...).

Murs grès moellon enduit
grès pierre de taille badigeon
brique
résidu industriel en gros oeuvre
Toit ciment amiante en couverture
Couvertures toit à longs pans
Typologies Ferme à plusieurs corps de batiment

Références documentaires

Bibliographie
  • Mathieu, Hubert. Voyage agricole dans les Vosges en mil huit cent vingt, ou, Exposé succinct des principaux vices et des principales améliorations de l'économie rurale vosgienne : premier mémoire statistique. Vautrin, imprimeur-libraire, 1821.

  • Grangé, Jean-Joseph. Mémoire adressé à M. le sous-prefet de Lunéville par Jean-Joseph Grangé, sur la charrue dont il est l’inventeur. Nov. 1832 In Charrue-Grangé. [Rapports de MM. Génin, A. Nicolas, J.-J. Grangé, Soyer-Willemet et Mengin.] Éditeur : Haener (Nancy) 1833 In-8° , 51 p. et pl. (disponible sur Gallica.fr)

  • Mathieu, Hubert. Rapport fait au nom d'une commission sur la ferme de Saurupt, appartenant à M. Derazey père. In Annales de la Société d'émulation du département des Vosges. 1833. Page 105 à 124

  • Société d'agriculture de Paris. Mémoires d'agriculture, d'économie rurale et domestique. Paris : Buisson, 1834.

    (disponible sur Gallica.fr)

  • Charton, Charles. Rapport sur l’exploitation des produits de l’industrie Vosgienne. In Annales de la Société d’Émulation du Département des Vosges, 1834.

  • Bergé, Edouard. Rapport sur la distribution des primes. In Annales de la Societe d'Emulation du Departement des Vosges. 1834.

  • Tessier, Alexandre-Henri. Annales de l'agriculture française. L. Bouchard Huzard (Paris) 1835 (disponible sur Gallica.fr)

  • Grangé, Jean-Joseph. Mémoire adressé à la Société centrale d'agriculture de Nancy. Nancy : impr. de L. Christophe, 1843 (disponible sur Gallica.fr)

  • Grangé, Jean-Joseph. [Défrichement de la Sologne]. Paris, impr. de Maulde et Renou, 1852. (disponible sur Gallica.fr)

  • Mangin, Albert. Civilisation rurale : la charrue de Grange. In Charri n°2. 1992. p.22

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • LOUIS, Stéphane. Généalogie de la famille DERAZEY. In Généalogie Lorraine N° 114. Décembre 1999.

  • Knittel, Fabien. La charrue Grangé ou le parcours atypique d’un valet de charrue vers 1830 en Lorraine. In « Nous labourons » Actes du colloque Techniques de travail de la terre, hier et aujourd’hui, ici et là-bas. Sous la direction de René Bourrigaud et François Sigaut – Centre d’histoire du travail Nantes. 2007.

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