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galerie marchande dite le Passage bleu

Dossier IA54003410 réalisé en 2016

Fiche

Appellations Passage bleu
Dénominations galerie marchande
Aire d'étude et canton Nancy et périurbain - Nancy
Adresse Commune : Nancy
Adresse : Passage Bleu , 14 rue Notre-Dame , 9 rue Clodion
Cadastre : 1972 BX 25 ; 2008 BX 9001

Fin novembre 1931, la Société foncière de la rue Notre-Dame (sise 24, rue de Verdun) reçoit l’autorisation de construire les immeubles et les 20 boutiques de la galerie marchande dite du Passage bleu. Les auteurs en sont les architecte et ingénieur Jacques et Michel André (qui semblent fortement impliqués puisqu'’il faut s'’adresser à eux pour louer un fonds de commerce). Les plans datent de février- juin 1932. Les travaux sont achevés à l’automne de la même année. L'ensemble est réalisé sur une parcelle occupée au 18e siècle par la maison de la communauté des prêtres de Saint-Sébastien. Vendue comme bien national à la Révolution et partiellement reconstruite au 19e siècle, elle abrite alors dans sa partie sud la gare d'’autocars de la Société des anciens établissements Closse, concessionnaire Citroën (dite « Transports Citroën ») dont le siège est 57, rue Saint-Jean. La société compte 14 lignes et 50 cars de 22 places. En 1933, elle s’associe avec les « Rapides bleus « pour devenir Les « Rapides de Lorraine ». L’activité est alors transférée place de la cathédrale.

Le projet intègre une partie des structures préexistantes (caves, corps de bâtiment nord). Tandis que les fonds de commerce sont acquis par différents commerçants, la destination des étages supérieurs reste plus floue : appartements ? ateliers ? bureaux ? Les plans sont peu clairs. L’édifice a subi plusieurs remaniements majeurs, tel le remplacement de la verrière (1994) et des grilles fermant le passage (2001) ainsi que le réaménagement des magasins de commerce.

L'ensemble est remarquable par son programme (20 magasins de commerce en centre-ville de Nancy, ateliers et bureaux, logements), par la qualité de ses architectes (Jacques et Michel André, les architectes nancéiens les plus proches du mouvement moderne), par son décor (une très rare application de carreaux de céramique cassés) et par son importance urbaine (passage couvert en plein coeur de Nancy).

Période(s) Principale : 2e quart 20e siècle
Secondaire : 4e quart 20e siècle , daté par tradition orale
Dates 1932, daté par source
1998, daté par tradition orale
Auteur(s) Auteur : André Jacques,
Jacques André (1904 - 1985)

Né en 1904, Jacques André est le fils de l'architecte Émile André et le frère de l'ingénieur Michel André (avec lequel il réalise l'essentiel de son œuvre architecturale). Formé à l'école des beaux-arts de Paris (atelier Umbdenstock-Tournon) dont il sort diplômé en 1932, il devient membre du Comité Nancy-Paris au printemps 1926 et intègre l'Union des Artistes Modernes (UAM) en 1930 (ce qui consolide ses relations avec le constructeur Jean Prouvé). Il appartient également à la Société des Architectes Diplômés par le Gouvernement (SADG) et à la Société des Architectes de l'Est de la France. Son début de carrière est marqué par une rapide association avec son frère ingénieur et une période de transition au sein de l'agence avec son père. Son premier projet connu est un ensemble de maisons HBM (1929, non construit) commandé par la SAHBM de l'Est, société d'habitations à bon marché dont Émile André est membre fondateur en 1928. Il est rapidement coauteur de projets importants tels l'institut de zoologie (avec émile et Michel, 1930-1933) ou l'extension du musée des beaux-arts de Nancy (idem, concours en 1931, achèvement en 1936). Après 1932, les deux frères gèrent l'agence seuls. ils se distinguent alors par la modernité de leurs commandes domestiques (notamment les trois villas dites Majorelle, rue de Santifontaine, 1933-1934). Après 1945, Jacques André conçoit le plan de reconstruction de la ville de Saint-Dié-des-Vosges. Il cumule alors les titres : architecte des bâtiments civils et palais nationaux, architecte régional des PTT, architecte-conseil de l'éducation nationale, etc. A Nancy, le duo qu'il forme avec son frère concevra notamment le campus de la faculté de lettres. En périphérie, il est l'auteur du Musée de l'histoire du fer de Jarville (1961-1966, équerre d'argent 1969). Au cours des années 1970, l'agence connaît une nouvelle phase de transition avec les jeunes architectes Claude Prouvé et Jean-Luc André (fils de Michel né en 1939).


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architecte, attribution par source
Auteur : André Michel,
Michel André (1905 - 1975)

Né en 1905, Michel André est le fils de l'architecte Émile André, le frère de l'architecte Jacques André et le père de l'architecte Jean-Luc André. Il est formé à l’École centrale des arts et manufactures (section constructeur). Il fait l'essentiel de sa carrière au sein de l'agence de son frère avec lequel il est coauteur de projets particulièrement novateurs dès le début des années 1930.


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architecte, attribution par source

L'’ensemble occupe une parcelle rectangulaire de 43 x 20,5 m entre les rues Notre-Dame et Clodion. Il se divise en deux barres larges de 7,5 à 8,5 m, séparées par un passage de 4,5 m couvert d’une verrière. Chaque barre est composée d’un immeuble de plan rectangulaire bordant la rue Notre-Dame et d’un corps allongé plus bas rejoignant la rue Clodion. Rue Notre-Dame, les immeubles comportent trois travées et deux étages carrés (accrus d’un étage de comble pour l’immeuble de gauche). Les deux façades en vis-à-vis ne sont pas tout à fait symétriques ; il semble que l’immeuble gauche soit antérieur aux projets de 1932. Rue Clodion, les deux façades à deux travées et deux étages carrés sont symétriques. Les deux élévations de part et d’autre de la galerie ne sont pas symétriques, là encore du fait de l’intégration de l’immeuble plus ancien rue Notre-Dame. Elles comportent respectivement 11 et 13 travées. Les murs en élévation sont essentiellement en moellon enduit. L’ossature semble mixte, associant le béton armé pour les piédroits en façade et le métal pour les poteaux et poutres intérieurs. Le béton est également employé pour les linteaux des baies des ateliers. La verrière repose sur la corniche du deuxième niveau. Les magasins du rez-de-chaussée sont largement ouverts sur le passage par de larges fenêtres-vitrines. Les séparations entre les baies sont réduites à de fins piédroits. Au niveau supérieur, les baies verticales et étroites des immeubles rue Notre-Dame se distinguent des baies larges des ateliers-bureaux côté rue Clodion. Le sol de la galerie présente un pavement alternant des bandes de granito et des bandeaux de carreaux de céramique rouges et gris. L’ensemble des façades du premier niveau, à l’extérieur comme à l’intérieur, est couvert de carreaux de céramiques bleus et nacrés. Des liserés blancs-nacrés ceignent la base et le couronnement des piédroits entre les vitrines, s’apparentant à une base et un chapiteau. Le soubassement de plusieurs vitrines est formé de plaques de marbre. Des tables rentrantes sont laissées nues au-dessus des vitrines afin d’inscrire le nom du commerce. Plusieurs fenêtres comportent encore des vitres gravées à l’acide et rehaussées de peinture (?) avec le nom des anciennes boutiques et leur logo. Les murs du deuxième niveau de la galerie sont actuellement peints en rouge. Les niveaux supérieurs des façades rues Notre-Dame et Clodion sont sobres, comportant ponctuellement une mouluration discrète. L’ensemble est couvert par une toiture complexe formée d’un toit brisé pour l’un des immeubles rue Notre-Dame et d'’une série de toits à deux versants juxtaposés pour les corps plus bas, côté rue Clodion.

Murs calcaire moellon enduit
Toit verre en couverture, ardoise, tuile mécanique
Étages sous-sol, rez-de-chaussée, 2 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Techniques céramique
Représentations ornement géométrique
Statut de la propriété propriété privée
Sites de protection secteur sauvegardé

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy. Cote : 119 J (Fonds André)

    Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 119 J (Fonds André)
Bibliographie
  • Petitjean Georges, L'évolution des transports publics, dans Le Miroir de l'Est, novembre 1934, p. 20-24

(c) Région Grand-Est - Inventaire général ; (c) Métropole du Grand Nancy ; (c) Ville de Nancy ; (c) Ecole nationale supérieure d'architecture de Nancy - Marseille Gilles - Tronquart Martine
Martine Tronquart

Chercheur au Service Régional de l'Inventaire du Patrimoine Culturel, site de Nancy.


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- Vaxelaire Yann
Yann Vaxelaire

Architecte du patrimoine à la ville de Nancy. A participé à l'étude menée par le Service de l'Inventaire général du Patrimoine sur la ville de Nancy.


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