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Gare de Nouvel-Avricourt

Dossier IA57030019 réalisé en 2013

Fiche

Dénominations gare
Aire d'étude et canton Réchicourt-le-Château
Adresse Commune : Avricourt
Lieu-dit : Nouvel-Avricourt
Cadastre : 2013 4 126
Précisions anciennement commune de Deutsch-Avricourt

La guerre franco-prussienne de 1870 et la défaite de la France conduisant à la signature du traité de Francfort sont les origines directes de la construction de la colonie ferroviaire de Deutsch-Avricourt, à partir de 1871. Pourquoi une nouvelle gare-frontière ?

Les deux communes d’Igney et Avricourt, sont comprises dans le territoire allemand lorsque la nouvelle frontière est déterminée entre la France et l’Allemagne, à la signature du traité de Francfort le 10 mai 1871. Or, depuis 1852, Igney et Avricourt possèdent une gare commune sur la ligne Paris - Strasbourg, également, depuis 1864, une gare d’embranchement sur la ligne rejoignant Dieuze pour l’exploitation des salines et depuis 1870, sur la ligne privée d’Avricourt – Blâmont - Cirey-sur-Vezouze, (ligne ABC). Pour des raisons économiques, la France négocie avec l’Allemagne afin de récupérer les deux villages et la gare. Par une convention additionnelle au traité de Francfort, signée le 12 octobre 1871 à Berlin, l’Allemagne rend la commune d’Igney et une partie de celle d’Avricourt (aujourd’hui en Meurthe-et-Moselle) et restitue la gare à la France. En contrepartie, la France s’engage à financer la construction d’une nouvelle gare frontière dans la partie allemande, c’est la naissance de Deutsch-Avricourt.

La construction de la gare débute rapidement. Le 17 mai 1873 l’empereur Guillaume 1er en autorise sa construction ainsi que la courbe de raccordement sur la ligne locale : « nous Guillaume par la grâce de Dieu, empereur d’Allemagne, Roi de Prusse (…). En vertu de la loi du 3 mai 1841, sur l’expropriation pour cause d’utilité publique (…) ordonnons ce qui suit. Dans le but de la construction d’une nouvelle gare-frontière à Avricourt et d’une courbe de raccordement entre les stations de Réchicourt sur la ligne de Strasbourg - Avricourt et la station de Moussey sur la ligne d’Avricourt -Dieuze, laquelle construction est, par la présente, déclarée d’utilité publique et d’urgence, il est accordé aux autorités chargées de l’exécution des travaux, l’autorisation d’acquérir, par voie d’expropriation, les parcelles de terrains nécessaires à la dite exécution. Donné à Berlin, le 17 mai 1873. » 'AD57, (15AL1567).

Les plans du bâtiment des voyageurs et du bâtiment postal de la gare de Deutsch-Avricourt sont confiés à Johann Eduard Jacobsthal (1839-1902)

La gare est construite à partir de 1874 sur la ligne renommée Strasbourg - Avricourt. Elle est déclassée et fermée au trafic en 1933 au profit d’Igney-Avricourt. Simple halte de service, les bâtiments principaux sont alors reconvertis en logements de cheminots, encore occupés en 1954. La gare est à nouveau bombardée durant la dernière guerre, dans la partie triage et le dépôt. La halle à marchandises et le bâtiment administratif adjacent sinistrés sont rasés en 1952, Des équipements ferroviaires, subsistent de nos jours une partie du bâtiment des voyageurs originel et une ancienne halle à marchandises.

En 1969, la gare est définitivement fermée à tout trafic. En 1983, la poste est détruite. La gare est rachetée par une association en 1985. L’électrification des lignes, après la guerre, entraine la disparition du dépôt. Des cartes postales anciennes donnent une idées de ce qu'était la gare avant la fermeture. (http://www.blamont.info/cartescantonavricourt21.htm). Elle est inscrite au titre des Monuments historiques en 2019.

Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle
Dates 1875, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Jacobsthal Eduard,
Eduard Jacobsthal (1839 - 1902)

Johann Eduard Jacobsthal (1839-1902), architecte historiciste allemand professeur d’ornements d’architecture à la Bauakademie puis à la Technische Hochschule de Berlin, lequel devint dès 1875 architecte en chef du métro de la capitale allemande du 2e Reich, pour lequel il dessine deux gares. Jacobsthal réalise également de nombreux plans de bâtiments des voyageurs pour la Direction générale impériale des chemins de fer d’Alsace-Lorraine, notamment ceux de l’ancienne gare de Metz (1875-1878) et de la gare centrale de Strasbourg (1877-1884 et 1901). Deutsch-Avricourt est le premier grand projet ferroviaire de Jacobsthal à l’échelle du Reichsland Elsass-Lothringen,


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architecte, attribution par travaux historiques

Le bâtiment est aujourd'hui amputé d’une partie suite au 1er conflit mondial, il mesurait 100m de long sur 18 de large, comptait 57 fenêtres et dix portes dont une centrale dotée d'un escalier monumental. Deux ailes symétriques reliées au corps central à trois larges portes coté cour et coté quai. il reste aujourd'hui l'aile Est du bâtiment, le corps central et deux tours d'angle, soit 49m de façade.

La gare est implantée sur la ligne Paris – Strasbourg (fig.5), 1400 m à l’Est de celle d’Igney-Avricourt. Aligné sur la ligne Strasbourg - Avricourt côté voies, et sur la ligne Avricourt -Cirey côté cour, le bâtiment en grès gris à deux niveaux et rez-de-chaussée surélevé est accessible, côté cour, par un vaste emmarchement permettant l’entrée dans la salle des pas perdus du pavillon central, reliée au quai situé de plain-pied. Les quatre tours d’angle à trois niveaux, soulignées par un décor de faux-écus en frise haute, évoquent l’architecture castrale avec leur corniche revêtue d’une frise à palmettes en céramique de la maison Villeroy et Boch imitant un faux crénelage, élément que l’on retrouve sur le pavillon central ainsi qu’à Strasbourg. Les toits en zinc en pavillon à faible pente sont presque invisibles.Le bâtiment des voyageurs de 1584 m2 à l’origine, comprend une douane de 300 m2, une salle d’attente de 1ère classe de 74 m2, de 2e classe de 176 m2, et de 3e classe de 176 m2 également. Il dispose d’un chauffage central à air chaud. Une marquise de quai à structure métallique de 170 m de long par 9 m de large recouvre le quai principal jusqu’au bâtiment postal. Bombardé par des obus français en 1915, le premier perd alors son aile ouest en totalité, y compris les tours d’angle. L’escalier axial du pavillon central est déplacé, et la porte-fenêtre transformée en baie.

Murs grès moellon
grès moyen appareil
grès petit appareil
Toit tôle ondulée
Plans plan régulier en H
Étages 1 étage carré
Couvrements

Couvertures toit à longs pans
toit en pavillon
Escaliers escalier de distribution extérieur
Énergies
États conservations menacé, désaffecté
Techniques
Statut de la propriété propriété d'une personne privée, propriété privée
Protections inscrit MH, 9/10/19
Précisions sur la protection

arrêté du Préfet de la région Grand Est, du 9 octobre 2019

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Zeller-Belville Catherine
Catherine Zeller-Belville , né(e) Belville (14 07 70 - )
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