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Gare de Toul

Dossier IA54030401 réalisé en 2019

Fiche

Œuvres contenues

1-le parti du bâtiment-voyageurs, avec pavillon médian renfermant logement(s) à l'étage et ailes latérales est conforme à un type "Est" antérieur à 1903, largement usité, par ailleurs, par d'autres compagnies. Sa distribution intérieure, avec puits de lumière assurant l'éclairage partiel des logements, traduit une influence parisienne, fréquemment utilisée dans des immeubles "haussmaniens" de la fin du 19ème siècle. Il présente un traitement architectural soigné (corniches sur modillons ; chéneaux encaissés), qui convient à un environnement urbain ; les bombes placées de part et d'autre du cadran de l'horloge symbolisent la fonction militaire de la ville. Il offre de fortes similitudes architecturales avec ses homologues des gares de Saint-Dié-des-Vosges (88), Paris-Reuilly (75) et Charleville-Mezières (08), dues au même architecte.

2-l'attribution d'éléments de décor intérieur au sculpteur Daniel Dupuis provient de mentions manuscrites sur dessins conservés dans les archives S.N.C.F. ( actuellement en cours de traitement et de regroupement à Nancy). Ce sculpteur parisien semble avoir été en rapport avec l'architecte Gouny (Base Léonore, dossier Daniel Dupuis) : la maison occupée par son parrain de promotion (rue Fortuny à Paris) est voisine d'une maison due à l'architecte Gouny, détail qui autorise la rapprochement.

3-l'examen des nombreux plans du bâtiment-voyageurs (établis entre août 1894 et 1896) fait apparaître les éléments suivants :

- repos partiel des murs extérieurs Est et Ouest sur des colonnes en fonte de fer doublant les pilastres (ou dissimulées à l'intérieur de ces derniers ?) de la salle des pas-perdus, disposition ménageant de larges ouvertures vers les ailes latérales.

- présence de 2 vastes fosses (non septiques) pour l'évacuation des matières des latrines ; placées en avant des murs Est et Ouest du pavillon médian, elles comportent des ventouses allongées par des gaines débouchant au sommet des souches de cheminées.

4-chauffage. Il comporte un calorifère, situé en cave, sous l'aile Ouest, en bordure du mur Ouest du pavillon médian, était dévolu au chauffage : de la salle des pas-perdus ; de l'ensemble des pièces de l'aile Ouest et des bureaux (télégraphe ; sous-chef de gare ; chef de gare) du rez-de-chaussée (coté quai) ; seul le bureau du chef de gare comportait une cheminée. Le chauffage des 2 logements de l'étage et du logement de l'entresol était dévolu à des cheminées. Un second calorifère semble avoir été prévu en bordure Est, pour le chauffage de l'aile des messageries, il ne semble pas avoir été réalisé bien que le conduit de fumée à lui affecté ait été réalisé. Les cheminées du logement de l'entresol sont de forme droite, genre "capucine" mais amélioré (avec placage latéral) avec manteau de marbre "rouge de France" couramment usité et d'un modèle économique ; elles comportent des âtres en fonte de fer à 3 plaques lisses non liaisonnées entre elles.

Précision dénomination gare de bifurcation
Parties constituantes non étudiées poste de commande, abri de voyageurs, abri, quai
Dénominations gare
Aire d'étude et canton Région Grand Est - Toul-Nord
Hydrographies Marne-au-Rhin canal
Adresse Commune : Toul
Adresse : avenue Victor Hugo
Cadastre : 2011 BK 166 Bâtiment-voyageurs et bâtiment annexe, halle marchandise, quais voyageurs, quai militaire 1
Adresse Commune : Écrouves
Cadastre : 2012 AK 57 Poste d'aiguillage ; 2012 AK 836 Voies principales et de débord, quai militaire 2.

La mise en service de la voie ferrée Paris-Strasbourg, sur le territoire de la commune de Toul, intervient dans le courant de l'année 1852. Son tracé est sensiblement parallèle, au Nord, du canal de la Marne-au-Rhin. Une première gare est édifiée, à titre définitif, entre 1852 et 1855. Placée dans la seconde zone de servitudes (entre 250 et 487 m) des fortifications urbaines de la ville, elle semble alors avoir comporté un bâtiment-voyageurs et une halle marchandises en briques à pans de bois ; s'y ajoute, avant 1874, une remise à voitures. L'ouverture, entre 1881 et 1884, de la ligne de la ligne Toul-Mirecourt (par Barisey-la-Côte, Favières et Frenelle-la-Grande), suivie en 1886 de l'établissement d'un premier projet de tracé de ligne vers Pont-Saint-Vincent, induit un projet d'agrandissement ou de reconstruction de la gare, rapidement ajourné à la suite de l'opposition du Ministère de la Guerre. Dans le courant de l'année 1887, le passage à niveau de la R.N. 4, qui franchit les voies à l'Est du bâtiment-voyageurs, est reporté d'une centaine de mètres vers l'Est, par l'établissement d'un passage supérieur par pont au dessus des voies. Cette réalisation intervient à la suite de directives formulées par le S.M.C.F. (Service Militaire des Chemins de Fer) et destinées à éviter, en temps de guerre, une obstruction accidentelle des voies par la circulation routière. La gare comporte 2 quais militaires, dont un de 350 m, édifié en 1891. L'établissement du projet définitif de la ligne Toul-Pont-Saint-Vincent intervient seulement en 1891, à la suite de l'abandon, par le MinIstère de la Guerre, de l'opposition à son passage en bordure Est et Nord-Est des fortifications urbaines. Cette nouvelle liaison, qui fait suite à la mise en service, en 1889, de la ligne Toul-Neufchâteau, par prolongement vers le Sud du tracé Toul-Barisey-la-Côte, induit un vaste projet de reconstruction de la gare qui fait l'objet de plusieurs études, sous la direction de l'ingénieur Albert Descubes. Le projet définitif est établi le 29 Novembre 1892 ; il comporte une importante extension de l'assiette originelle vers le Sud (côté ville) de manière à constituer une vaste cour en avant du bâtiment-voyageurs. L'opération entraine la disparition de plusieurs propriétés bâties, dont l'entrepôt des brasseries Betting de Maxéville (réédifié à proximité en 1895). Les travaux, d'un montant total de 1.600.000 fr (dont 400.000 fr. pour le bâtiment-voyageurs), sont adjugés début Janvier 1894 aux entrepreneurs Cheviet et Laporte de Vesoul (70). Ils comportent la construction d'un mur de soutènement en bordure Nord de la gare, la mise en place de 5 voies à quais (au lieu de 3) desservis par passage souterrain, l'établissement de nombreuses voies de débord et de 2 postes d'aiguillages, de type "Saxby-Farmer", l'un côté Nancy et Pont-Saint-Vincent ; l'autre côté Paris et Neufchâteau. L'alimentation en eau des locomotives est dévolue à un réservoir souterrain (0911847;6846002) de 380 m3 (désaffecté en 1960, détruit en 2017-2018) établi à la cote 231 m entre l'avenue Clémenceau et le mur de soutènement Nord ; l'ouvrage était alimenté depuis le ruisseau Ingressin par une station de pompage (0912016;6845730) disparue à une date inconnue. Ils incluent la reconstruction d'une halle marchandises, d'une remise à machines et d'un vaste bâtiment-voyageurs dont les plans et la composition architecturale sont dus aux dessins d'Adrien Gouny, architecte de la Compagnie de l'Est. Définitivement achevé en 1896, le bâtiment-voyageurs est couvert d'une charpente métallique due aux Ets. Schmid (Paris) ; son vaste hall offre des éléments de décor (mascarons ; clefs pendantes) dus au sculpteur parisien Daniel Dupuis (1849-1899) qui semble avoir été en rapport avec Adrien Gouny. Un calorifère (étudié) alimentant des bouches de chaleur pourvoit au chauffage du hall, des salles d'attente et des bureaux liés à l'exploitation. Le volume important de travaux induit par la réédification de la gare (bétons de fondations ; terrassements) entraine, en 1894, l'ouverture d'une ballastière sur la rive gauche de la Moselle ; elle est desservie par un embranchement temporaire trouvant son origine entre les pk. 321 et 322 de la ligne Paris-Strasbourg. Le remblai de cet ouvrage est encore visible entre les points 0913885;6847034 et 0914174;6846849. Entre 1918 et 1923, la signalisation est modernisée, lors de l'installation du block automatique à palettes entre Toul et Blainville (par Nancy) ; des abris de défense passive sont établis dans les années 1930, l'un à proximité du poste d'aiguillage, l'autre en avant de la façade Sud du bâtiment-voyageurs. Le poste d'aiguillage actuel est édifié après 1945. L'électrification de la traction en 1960 entraine vraisemblablement la disparition du block automatique à palettes et son remplacement par le block automatique lumineux actuellement en place. D'importants travaux d'entretien et de remise en peinture des abris de quai interviennent dans le courant de l'année 1987, c'est à cette occasion qu'est détruite la halle vitrée placée à l'Est du bâtiment-voyageurs, qui formait un abri au débouché du passage souterrain côté ville. L'ancienne remise à machines a été détruite vers 1995-1997, pour laisser la place à un hangar réservé au fret. Réalisé en 2000, ou peu avant, le réaménagement de la cour au Sud du bâtiment-voyageurs a entrainé la destruction de l'abri de défense passive placé en avant. Un projet de transformation de la cour voyageurs est actuellement à l'étude, il comportera l'établissement de la future gare routière affectée à la desserte du réseau des bus départementaux.

Dates 1852, daté par source
1853, daté par source
1854, daté par source
1855, daté par source
1891, daté par source
1893, daté par source
1894, daté par source
1895, daté par source, porte la date
1896, daté par source
Auteur(s) Auteur : Gouny Adrien,
Adrien Gouny (1852 - 1909 (après))

architecte attitré de la Cie des Chemins de Fer de l'Est (depuis 1878 ?)

auteur, en 1903, d'un nouveau type de bâtiment-voyageurs pour la Compagnie des Chemins de Fer de l'Est (Revue générale des chemins de fer, 1907, p.36-37, planches.)

DELAIRE, les architectes de l'Ecole des Beaux-Arts, 1907, p. 280.


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architecte, attribution par travaux historiques, attribution par analyse stylistique
Auteur : Descubes Albert, ingénieur des Ponts et Chaussées, attribution par source
Auteur : Laporte,
Laporte

à Vesoul (70) en 1894.

Ref : ICE, 20.01.1894, p. 278 [la gare de Toul].


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entrepreneur de maçonnerie, attribution par source
Auteur : Cheviet Pierre,
Pierre Cheviet (1855 - 1924)

à Vesoul (70) en 1894.

Ref : ICE, 20.01.1894, p. 278 [la gare de Toul].

Site généalogique : geneanet.org (2019)

Base Léonore : notice


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entrepreneur de maçonnerie, attribution par source
Auteur : Schmid Henri, Alfred,
Henri, Alfred Schmid (1851 - 1920)

entreprise de constructions métalliques parisienne (avant 1894), lui succède (à une date inconnue) : Schmid-Bruneton-Morin (participation à la reconstruction, entre 1928 et 1932, de la gare de l'Est à Paris).

Ref : ICE, 20.01.1894, p. 278 [la gare de Toul]

Base Léonore : notice.


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entrepreneur de charpenterie, attribution par source
Auteur : Dupuis Daniel,
Daniel Dupuis (1849 - 1899)

semble avoir été en rapport avec Paul-Adrien Gouny (1852 - ?), architecte de la Cie de l'Est.

voir Base Léonore : son parrain réside 7, rue Fortuny à Paris, dans une maison voisine (no. 9) édifiée par P.A. Gouny.


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sculpteur, graveur, attribution par source

Orientée Est-Ouest dans son plus grand développement, la gare de Toul comporte un ensemble d'installations implantées sur les territoires des communes de Toul et d'Ecrouves, à une cote comprise entre 220.00 m et 222.00 m. Elle est établie au PK 314.400 de Paris-Est et au PK 114.000 qui trouve son origine au point de bifurcation placé, à quelques kilomètres de Culmont-Chalindrey (52), sur voie 1 de la ligne Paris-Belfort (en avant de la tête Est du souterrain de Chaudenay). Elle constitue le PK 0.000 de la ligne Toul-(Chaligny)-Pont-Saint-Vincent et Chaligny-Blainville. Elle se compose des éléments suivants : 1-) bâtiment-voyageurs (0912026;6845961) : murs en pierre de taille calcaire (pierre de Lérouville ou d'Euville en partie basse et probablement pour corniches saillantes ; pierre de Savonnières), partiellement élevé sur caves (côté Nord), présentant une élévation ordonnancée, il comporte un pavillon médian, partiellement élevé sur cave, avec 1 étage carré abritant 2 logements et 1 comble à surcroît comportant 3 lucarnes à frontons triangulaires (sur brisis Est, Nord et Ouest) et 1 lucarne cintrée refermant le cadran de l'horloge cantonné de bombes (sur brisis Sud) surplombant l'inscription "CHEMIN DE FER" et la date "1895". Il est couvert d'une croupe brisée en ardoise et zinc supportée par une charpente métallique avec chevronnage et voligeage jointif en résineux. Il comporte, en son centre, une verrière surmontant un puits intérieur donnant le jour aux couloirs et dégagements des appartements de l'étage. Un troisième appartement, actuellement inoccupé, règne dans l'entresol placé côté quai (Nord). La distribution intérieure est assurée par un escalier à retour à limon et contre-marches en fer ou acier et marches en chêne. La salle des pas-perdus comporte une décoration présentant des pilastres saillants et un plafonnement à vastes compartiments séparés par des bandeaux ponctués d'ornements végétaux circulaires et de clefs pendantes. Deux ailes, elles-mêmes couvertes d'une croupe brisée en zinc et ardoise, règnent dans les prolongements du pavillon médian ; partiellement entresolée, l'aile Ouest comportait initialement des dortoirs pour les agents de trains et au rez-de-chaussée, les 3 salles d'attente pour voyageurs ; l'aile Est était initialement affectée aux messageries. 2-) halle des marchandises (0911864;6845888) : élevée sur quais débordants, elle est en moellon enduit sans chaines en pierre de taille avec encadrements de baies en moellons appareillés, elle est couverte d'un toit à longs pans à larges débord sur aisseliers. 3-) poste de commande d'aiguillages (0910968;6845630) : enduit, terrasse en béton avec débord formant visière pare-soleil. 4-) 3 abris de voyageurs sur quais : charpente métallique apparente, toit à longs pans inversé, appentis. 5-) abri de défense passive (0911012;6845650) : en sous-sol, béton armé. 6-) quais militaires (Est : 0911754;6845920, Ouest : 0911135;6845771) : moellon de calcaire sans chaines en pierre de tailles, assemblage partiel à boutisses, bordure en pierre de taille. 7-) passage souterrain reliant les quais voyageurs : voûte en berceau en anse-de-panier, murs en moellon appareillé sur plinthes en pierre de taille en granite de Senones (88) à revêtement en carreaux de porcelaine blanche avec bordure en porcelaine bleue.

Murs calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille carrelage mural en céramique
calcaire pierre de taille
granite pierre de taille
béton béton armé
Toit tuile mécanique, zinc en couverture, ardoise, verre en couverture
Étages sous-sol, entresol, 1 étage carré
Couvrements voûte en berceau en anse-de-panier
béton en couvrement

Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures verrière toit à longs pans croupe brisée
terrasse
toit à longs pans inversés
appentis
Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente métallique
Techniques décor stuqué
fonderie
Représentations ornement végétal, clef
Statut de la propriété propriété d'un établissement public de l'Etat

Références documentaires

Documents d'archives
  • plans divers, projets de reonstruction, correspondances (1852-1897) Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 5 S 72
  • Archives S.N.C.F., Nancy : VU 691
  • classement provisoire ?

    gare de Toul : projets, travaux divers, correspondances (1874-1889) Archives S.N.C.F., Nancy : 2962/8527
Bibliographie
  • 1895, p. 314. Bibliothèque Nationale de France
Périodiques
  • 20-01-1894, p. 278 [la gare de Toul]. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
(c) Région Grand-Est - Inventaire général ; SNCF Gares et Connexions - Thiébaut Pascal
Pascal Thiébaut

Chercheur à l'Inventaire général du Patrimoine culturel à Nancy


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