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halles

Dossier IA55000810 réalisé en 2012

Fiche

Depuis les années 1980, la commune de Bar-le-Duc a acquis les parcelles des anciennes halles au fur et à mesure des possibilités. En 1992, une première étude de programmation fut lancée, relayée par une seconde en 1999, menée par un cabinet d’études et deux étudiants de l’école d’architecture de Nancy. Essentiellement tournées vers un projet de réhabilitation à vocation touristique, ces études n’avaient pas donné lieu aux recherches historiques nécessaires pour bien comprendre l’intérêt du lieu qui n’était connu que par les travaux de l’architecte municipal Charles Demoget et par les dessins de la comtesse de Vézins inspirée par l’aspect pittoresque du quartier. En 2003, la réactualisation des études a donné lieu à un relevé de géomètres, une étude historique fondée sur le dépouillement des archives (Jérôme Balay) et une étude de l’Inventaire général conduite en 2003-2004. Celle-ci est mise en ligne en 2021.

Dénominations halle
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 55 - Bar-le-Duc-Nord
Adresse Commune : Bar-le-Duc
Adresse : place de la halle , place Saint-Pierre , rue Albert Cim , rue des ducs de Bar
Cadastre : 2012 AT 153 à 158 A COMPLETER ; 2012 AT 160 à 183 ; 2012 AT 190, 192 à 199 ; 2012 AT 279, 290-291, 298-300, 309, 320-323
Précisions

Au 13e siècle, le Comte Henri (1214-1239) fait transférer les marchés et foire dans la ville haute de Bar-le-Duc. En 1392, sont attestés la boucherie, la poissonnerie, la boulangerie et un lieu pour rendre la justice (l'auditoire est reconstruit en 1468), un four (depuis 1321) et un pressoir (depuis 1454). En 1450, les cordonniers y sont installés. L'espace sert aussi à stocker les céréales et les matériaux de construction. Il s'agit alors d'un bâtiment en bois couvert de tuiles creuses et éclairé par des fenêtre "flamaines".

En 1542, le duc Antoine autorise les occupants à construire autour des halles moyennant un cens. Un texte de 1551 précise qu'il s'agit de " bouticles ci l'entour des halles ... avecque petites chambre au dessus ...." , "est faict en terre..." , "les demandés édifices soient faictz tous semblables et d'ung mesme volume afin qu'il n'y ayt aucune difformitéz à l'entour de laditte hall". En 1635, 20 occupants versent le cens.

Une vue cavalière de la ville en 1617 montre une galerie en L, l'auditoire et le beffroi et un petit marché au sud qui correspond à un accroissement (non daté) qui abritait les bouchers. Au cours du 17e siècle, la pierre remplace le pan de bois, au moins pour le rez-de-chaussée puisqu'en 1731 puis 1738 sont réalisés des réparations avec le changement de pierre de taille. L'édifice devait alors comporter un ou plusieurs niveaux de caves (avec des dépassements au-dessus du niveau du sol qui furent interdits en 1738), voûtées ou munies d'un plafond, prenant jour sur la cour, un rez-de-chaussée en pierre de taille (38 arcades dont la partie supérieure est soulignée par une corniche en pierre), une cour (à faire paver), une galerie formant un étage carré avec des logements et un garde fou du côté de la cour (pan de bois), un grenier, un toit couvert en tuile creuse; 4 fenêtre flamandes assuraient l'éclairage. Un égout est projeté.

Après l'incendie du 25-26 septembre 1788 qui détruisit 9 maisons et les halles, il est prévu alors par l'inspecteur des Ponts et Chaussée de reconstruire 16 arcades, d'utiliser le moellon pour l'étage carré qui sera percé de 19 fenêtres munies chacune de deux volets. La cage d'escalier de la maison du gardien est néanmoins prévue en pan de bois ainsi que les cloisons intérieures. La couverture est prévue en tuile creuse de Combles.

Après l'incendie du 25-26 septembre 1788 qui détruisit 9 maisons et les halles, il est prévu alors par l'inspecteur des Ponts et Chaussée de reconstruire 16 arcades, d'utiliser le moellon pour l'étage carré qui sera percé de 19 fenêtres munies chacune de deux volets. La cage d'escalier de la maison du gardien est néanmoins prévue en pan de bois ainsi que les cloisons intérieures. La couverture est prévue en tuile creuse de Combles. Les travaux furent adjugés à l’entrepreneur Christophe Arnould en février 1790. Quoique commencé, le chantier fut abandonné à la suite d’une décision du département de la Meuse du 18 septembre 1790. Néanmoins, à la suite d’un contentieux, la ville et le département envisagèrent dès mai 1791 la reconstruction des maisons détruites en pierre de taille. L’architecte de la ville fit le choix d’un parti ordonnancé avec bandeau soulignant les niveaux et corniche. Les travaux eurent lieu durant le second semestre 1791 et furent conduits par l’entrepreneur-architecte François Pernet. Devenues bien national, les halles furent acquises par la ville de Bar-le-Duc en 1792 puis après une annulation de la transaction en 1795, de nouveau en 1817. Elle y installa dans la partie centrale un marché au grains qui fonctionna jusqu'en 1831. Les bâtiments, dont une partie a été vendue a des particuliers, abrita successivement une école (1835) puis un casernement pour vétérans (1856-vers 1880). En 1909, ce qui restait de propriété communale fut vendu en lots.

Au début du 19e siècle, l'ultime arcade encore ouverte sur la place Saint-Pierre fut bouchée ; une galerie avait été alors reconstruite dans la cour, elle a été bouchée vers 1970 en raison de sa vétusté.

En 1975, le secteur des Halles est retenu pour le plan de sauvegarde et de mise en valeur (secteur sauvegardé). Depuis 1992, la municipalité étudie diverses hypothèses de réhabilitation.

Période(s) Principale : 1er quart 14e siècle , daté par source , (détruit)
Secondaire : milieu 15e siècle , daté par source
Principale : 3e quart 15e siècle , daté par source
Principale : 2e quart 16e siècle , daté par source
Secondaire : 2e quart 18e siècle , daté par source
Principale : 4e quart 18e siècle , daté par source
Dates 1321, daté par source
1450, daté par source
1468, daté par source
1542, daté par source
1731, daté par source
1738, daté par source
1788, daté par source
1791, daté par source
Auteur(s) Auteur : Collesson,
Collesson

charpentier à Bar le Duc, attesté en 1419-1420


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charpentier, attribution par source
Auteur : Brullon Adam (de),
Adam (de) Brullon

charpentier attesté à Bar-le-Duc en 1484-1485)


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Auteur : Maquart Jehan,
Jehan Maquart

charpentier attesté à Bar-le-Duc en 1484-1485


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Auteur : Marwaiges Jehan (de),
Jehan (de) Marwaiges

charpentier attesté à Bar-le-Duc en 1484-1485


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Auteur : Remy François,
François Remy

charpentier attesté à Bar-le-Duc en 1484-1485


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charpentier, attribution par source
Personnalité : Antoine, dit(e) Antoine duc de Lorraine,
Antoine , dit(e) Antoine duc de Lorraine (1489 - 1544)

duc Antoine (1508-1544)


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personnage célèbre, attribution par source
Auteur : Arnould Christophe,
Christophe Arnould

entrepreneur de maçonnerie, attesté à Bar-le-Duc en 1790


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entrepreneur de maçonnerie, attribution par source
Auteur : Demoget Louis-Charles,
Louis-Charles Demoget (1827 - 1903)

architecte à Bar-le-Duc, où il construit la synagogue de Bar-le-Duc en 1872.

Il a édifié l’atelier de Champigneulles à Salvanges, divers édicules des eaux à dans les villages de la vallée de l’Ornain.

restauré les châteaux de Jeand’heurs et Thillombois, il a aménage le et aménagé le parc des Monthairons.


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architecte communal, attribution par source

Situées au centre de la ville haute, ces halles sont constituées par une galerie à deux niveaux encadrant une cour. La disposition d'origine se lit encore malgré les nombreuses modifications dont la plus importantes est le bouchage des arcades.

Construites en calcaire local (Combles), les maisons qui entourent la cour se composent de plusieurs niveaux de sous-sol, généralement deux, parfois un 3e (citerne ?), d'un rez-de-chaussée à vocation de boutique à l'origine et de deux étages carrés complétés par un étage de comble. Les plus anciennes cloisons intérieurs sont en pan de bois et datent du milieu du XVIe siècle.

La cour est accessible par un passage couvert.

Murs calcaire pierre de taille
calcaire moellon enduit
bois pan de bois
Toit tuile creuse, tuile mécanique
Plans ensemble concerté
Étages 2 étages de sous-sol, rez-de-chaussée, 2 étages carrés, étage de comble
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans croupe
appentis
Escaliers escalier dans-oeuvre
Typologies halles à une galerie à deux niveaux encadrant une cour ou enclos
États conservations mauvais état, menacé

Les halles de Bar-le-Duc appartiennent à une typologie plutôt rare de halles constituées par une galerie à deux niveaux encadrant une cour ou enclos alors que le modèle le plus courant, y compris au Moyen Age et au début des temps modernes, est un bâtiment de plan carré ou rectangulaire, en charpente et couvert par une toiture volumineuse à longs pans et croupes. S’il n’existe pas de répertoire formel des halles en France, on citera néanmoins comme appartenant à ce même type peu abondant la grande halle de Saumur construite sous le règne d’Henri II d’Angleterrre (détruite), la halle aux laines de Calais (détruite), la vieille halle de Rouen (détruite) et le marché de La Flotte-en-Ré. La présence couplée de halles et de logis est rare ; l’exemple le plus ancien est peut-être celui cité par Viollet-le-Duc à Paris « en [1183], Philippe-Auguste fit faire deux halles entourées d’une muraille garnie de logis et fermée de bonnes portes, afin que, quand il pleut, les marchands y pussent vendre les marchandises et les tenir à couvert en tout temps et toute sûreté. ». Un autre cas subsiste à Montbéliard, avec une halle comportant un enclos, un cour, des maisons et des boutiques

Statut de la propriété propriété de la commune
propriété d'une personne privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Sites de protection secteur sauvegardé
Précisions sur la protection

L’îlot des halles comme la ville haute est géré depuis 1975 (arrêté ministériel du 7 mai 1975) par un secteur sauvegardé. Les maisons n° 5, 6, 7 et 11 place des halles, n°1, 3, 5, 7, 9, 11, 13, 15, 19, 21 place Saint-Pierre, n° 2, 4, 6, 8 rue Albert Cim et n° 34 et 36 rue des Ducs sont signalées sur le plan de sauvegarde et de mise en valeur comme à conserver. Le n° 17 place Saint-Pierre peut être amélioré ou conservé. Les autres parcelles sont dépourvues de prescription. Le n° 3-3bis place de la Halle a été inscrit au titre des Monuments historiques le 3 février 1988 puis classé par arrêté du 11 février 1993. La protection concerne la façade et toiture sur place (propriété privée) ainsi que le passage (propriété de la commune). Depuis 2003, la ville bénéficie du label ville d’art et d’histoire.

Références documentaires

Documents d'archives
  • AD 55 B 492 : réfection du four, 1321

    Archives départementales de Meuse, Bar-le-Duc : B 492
  • registres des comptes de la cour ducale, 15e siècle

    Archives départementales de Meuse, Bar-le-Duc : B 494, 497, 501, 511, 512, 514, 516, 517
  • FABREGUE (Claire) et GENOT (Fabrice), la halle de Bar-le-Duc, l’histoire en suspens …. Travail de fin d’études, Ecole d’architecture de Nancy, 1999

    Nancy, école d'architecture
  • BALAY (Jérôme), Histoire d’une partie méconnue de la ville de Bar-le-Duc, l’îlot de la halle, rapport tapuscrit, Nancy, 2003, 67 p.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
Documents figurés
  • Plan : Description de la ville de Bar faite en l’an 1617Description de la ville de Bar faite en l’an 1617

    Archives départementales de Meuse, Bar-le-Duc : 1 Fi 1198
Bibliographie
  • BAILLY (Gilles-Henri) et LAURENT (Philippe), La France des halles et des marchés, Toulouse, éd. Privat, 1998, 153 p.

    p. 112 Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Bouvet Mireille-Bénédicte
Mireille-Bénédicte Bouvet

Conservateur régional à l'Inventaire général Lorraine depuis 1995, Grand Est depuis 2018


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