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Hôpital militaire "L", puis Sédillot, actuellement siège du Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle appelé Centre administratif départemental

Dossier IA54030234 réalisé en 2005

Le traitement "urbain" de la façade du bâtiment (c) semble s'expliquer par sa situation, en vis-à-vis, par rapport au Parc Sainte-Marie, qui fait, au même moment, l'objet d'importants aménagements par la Ville de Nancy. L'attribution d'une partie de la façade (avant-corps médian) à Charles Bourgon constitue une hypothèse d'autant plus séduisante qu'elle offre l'emploi, dans une même composition, d'ornements particulièrement usités dans de nombreuses réalisations connues de l'architecte : dessin de la lucarne du brisis ; losanges dans les linteaux des fenêtres de l'étage et dans l'entablement surmontant la corniche sur modillons ; ornements d'amortissement des extrémités de cette dernière ; éléments inférieurs, en formes de triglyphes, des 4 consoles soutenant le balcon et repos des tablettes sommitales des linteaux des fenêtres de l'étage. Il convient cependant de noter que la fiche de renseignement, établie par l'architecte en 1914 pour la constitution de son dossier de récipiendaire de la Légion d'Honneur, qui mentionne ses interventions à la caserne Sainte-Catherine, ne fait pas état de son éventuelle participation à l'hôpital Sédillot.

La réalisation de la galerie de liaison entre les pavillons pose plusieurs questions en suspens. Le médecin militaire Georges date, dans son ouvrage rédigé en 1938, le début de sa réalisation en 1904 alors que sa construction totale (ou reconstruction partielle?) fait l'objet d'un concours en juillet 1906. L'ouvrage, en fer, dont l'édification est adjugée en décembre de la même année à l'entreprise Bernanose de Nancy, est présenté comme ayant un développement total de 238, 45 m, longueur qui ne correspond pas à celle de la galerie en place en 1992, même en comptant les liaisons adventices avec les pavillons de malades et les accessoires (cuisines, bains et pavillon opératoire). L'ouvrage, encore visible en 1992, est une galerie en maçonnerie dont le développement (entre le bâtiment "c" et la chapelle) est de 215 m. Son développement total, en comptant les liaisons adventices, avoisine 365 m. La faiblesse des archives anciennes, conservées en 2006 à l'Etablissement du génie de Nancy, n'apporte aucune précision sur ce point.

La datation des pavillons de malades (d, d1, d4), ou tout au moins de leur début d'édification, reste incertaine (GEORGES, p. 105) ainsi que la teneur exacte des travaux de la période 1913-1915. L'affectation originelle des bâtiments (e) et (l), encore en place actuellement est inconnue.

Genre de militaires
Précision dénomination hôpital militaire
Appellations dit hôpital "L", puis Sédillot, centre administratif départemental
Dénominations hôpital
Aire d'étude et canton Nancy - canton du département 54
Adresse Commune : Nancy
Adresse : 48, 50 rue du Sergent Blandan
Cadastre : 1974 BS 25 ; 1989 BS 25, 535, 546 ; 2010 BS 619, 646 à 693
Précisions

La question de la réalisation d'un nouvel hôpital militaire à Nancy est posée en 1884. En avril 1895, une importante opportunité foncière (propriété Gomien), située à proximité des 3 casernes d'infanterie de l'actuelle rue Blandan réactive le projet, d'autant qu'une part importante de la future emprise (61.788 m²) est offerte à l'Etat. L'acquisition de l'ensemble de la propriété, fait l'objet d'une D.U.P. en date du 22-08-1895. Un avant-projet est établi le 20-08-1898 par Charles Petitbon, chef du Génie à Nancy ; il prévoit la réalisation d'un hôpital de 528 lits dans 15 pavillons en rez-de-chaussée, très vraisemblablement de type Tollet (à plafonnement ogival), desservis par une allée ou galerie médiane couverte. Un dernier projet, conforme au plan d'ensemble actuel, est présenté le 15-06-1900 ; il comporte 6 pavillons de malades à étage carré desservis par une galerie centrale et prévoit un coût de réalisation de 2.100.000 f. Une chemin d'isolement, d'une largeur de 1, 25 m, est prévu en délimitation d'assiette (parcelles 646 à 692). Adjugés à l'entrepreneur Guillemin, les travaux d'édification débutent par la réalisation de 2 pavillons de malades ( d2 et d3) dés la fin juillet 1901. Les bâtiments sont pourvus de séparations de niveaux et d'escaliers en ciment ou béton armé système Hennebique ; il offrent, à ce titre, le premier emploi de cette technique dans une construction militaire à Nancy. En novembre 1901, l'entrepreneur Guillemin réalise le mur de clôture sur le rue Blandan et, vraisemblablement, l'actuelle entrée de l'hôpital en hémicycle. A partir de mai 1902, Guillemin édifie 2 pavillons supplémentaires. En juillet 1903 débutent l'édification du cinquième pavillon de malades et l'achèvement du mur de clôture. Fin décembre de la même année, est adjugée à l'entrepreneur Tixier la réalisation du bâtiment de l'administration et des officiers et sous-officiers malades (c). Achevé en 1904, il offre la particularité de présenter une façade dont le traitement architecturé et urbain est peu conforme aux réalisations militaires de cette période. Certains détails ornementaux pourraient plaider pour une attribution partielle à l'architecte nancéien Charles Bourgon (1855-1915), alors officier de réserve et qui avait, quelques années auparavant, participé à la réorganisation de certains bâtiments (dont l'infirmerie) de la caserne Sainte-Catherine (ou Thiry) à Nancy. La conciergerie (a) est construite en 1905, la maison (b) du gestionnaire et du médecin-chef en 1906 ; cette dernière sera reproduite, avec une élévation identique, mais dans un traitement plus épuré (couverture simplifiée notamment) en 1913 à l'hôpital militaire de Toul (étudié : IA54001415). L'année 1905 voit l'édification du pavillon opératoire (i) (reconstruit par la suite) et des bâtiments des cuisines (f) et des bains (j). Les travaux des années 1905 et 1906 sont réalisés par l'entrepreneur Luquet. Prévue, semble-t-il en 1904, mais à début de réalisation incertain ou très partiel, la galerie (g) de communication centrale est adjugée en décembre 1906 à l'entrepreneur Bernanose, de Nancy. L'année 1906 voit le début de réalisation du quartier des contagieux (w) (définitivement achevé entre 1913 et 1915 par la Société Nancéienne de Béton Armé) et l'édification de la chapelle (m) de la morgue (o), de la buanderie, d'une étable pour vaches vaccinantes, et du casernement des infirmiers et maîtres-ouvriers (u). Différée en 1907, la construction du sixième pavillon de malades (d5) n'intervient qu'après 1910 (probablement dans les années 1913-1914 qui offrent un volume de travaux importants, mais mal connus). La mise en service de l'hôpital intervient progressivement en 1909-1910. Les études, définitives (?), pour l'établissement d'un chauffage central à basse pression sont réalisées en 1908. L'achèvement de sa mise en place dans l'ensemble de l'hôpital ne sera effectif qu'en 1921. Il convient de souligner la qualité de facture de l'ensemble qui concerne, outre le traitement de la façade-déjà évoqué-du bâtiments principal (c) sur rue : emploi de tuiles mécaniques à glaçure (?) noire pour les couvertures donnant l'aspect de l'ardoise ; parquets en chêne sur bitume dans les bâtiments de malades, à point de Hongrie dans le logement (b) Dénommé Sédillot en 1913 (en mémoire de Charles Sédillot, 1804-1883, chirurgien et directeur de l'Ecole de Médecine Militaire), l'hôpital militaire de Nancy apparaît largement surdimensionné après 1920, à la suite de la baisse des effectifs des garnisons de son ressort (Nancy, Lunéville, saint-Nicolas-de-Port, Pont-saint-Vincent, Frouard, Pont-à-Mousson. En 1929, la caserne des infirmiers (u) est effectuée au Service des Pensions ; le logement des infirmiers est alors dévolu au bâtiment (e). Occupé par l'armée allemande, entre 1940 et 1945, l'hôpital Sédillot est dévolu, dans le cadre de l'O.T.A.N., aux troupes américaines jusqu'en 1956, date à laquelle entre en service l'hôpital Jeanne d'Arc à Dommartin-les-Toul. En concurrence avec son homologue de Metz (57), son abandon est clairement envisagé dés 1989. Fortement convoité par des acteurs locaux à caractère civil, il devient, en 1992, propriété du département de Meurthe-et-Moselle qui y installe, après d'importants travaux de modernisation, ses services. Cette transformation conduite par l'agence d'architecture nancéienne François-Henrion, qui a cependant conservé l'harmonie architecturale de l'édifice originel a entrainé la disparition de l'ensemble du quartier des contagieux et de plusieurs autres bâtiments (morgue, serre...) d'un intérêt architectural certainement faible.

Période(s) Principale : 1er quart 20e siècle , daté par source
Dates 1901, daté par source
1902, daté par source
1903, daté par source
1904, daté par source
1905, daté par source
1906, daté par source
1907, daté par source
1908, daté par source
1909, daté par source
1910, daté par source
1913, daté par source
1914, daté par source
1915, daté par source
Auteur(s) Auteur : Petitbon Charles,
Charles Petitbon (1847 - 1923)

notice Base Léonore


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ingénieur militaire, (?), attribution par source
Auteur : Guillemin A.,
A. Guillemin

actif à Nancy et semblant y résider.


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entrepreneur de maçonnerie, attribution par source
Auteur : Tixier L.,
L. Tixier

mentionné comme résidant à Chälons-en-Champagne en 1903.


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entrepreneur de maçonnerie, attribution par source
Auteur : Luquet,
Luquet

mentionné, en 1905, comme résidant à Chalons-en-Champagne.


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entrepreneur de maçonnerie, attribution par source
Auteur : Bernanose Jules
Auteur : Société Nancéenne de Béton Armé,
Société Nancéenne de Béton Armé

constituée entre 1910 et 1913 ; adresse : rue des Chaligny à Nancy ; administrateur : Pierre Chatrian ; semble succéder, avec reprise possible d'activité, à la société des "Poutres Siegwart", agence nancéenne exploitant des brevets de poutres B.A. à ce nom

(A.D.M.M. WO 720 : soumission pour reconstruction d'un pont à Art-sur-Meurthe).


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entrepreneur de maçonnerie, attribution par source
Auteur : François-Henrion,
François-Henrion

agence d'architecture sise à Nancy : Christian François et Patricia Henrion


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architecte, attribution par source

6 pavillons de malades orientés selon un axe Nord-Sud : soubassement en moellon appareillé, moellon, filets saillants entre niveaux, corniche saillante sous égout,encadrements de baies en pierre de taille à linteau à claveau et filet saillant sommital, enduit partiel, séparations de niveaux en ciment ou béton armé (entre sous-sol et rez-de-chaussée et entre ce dernier et étage carré, absence probable entre ce dernier et grenier), en rez-de-chaussée surélevé avec 1 étage carré, élévation à travées, toit à longs pans en tuile mécanique à glaçure ou engobe (?) de couleur noire, corps d'extrémités couverts en pavillon, latrines de nuit en saillie avec soubassement à placage de granite en opus incertum, enduit partiel et toit à longs pans ; pavillon de l'administration et officiers et sous-officiers : élévation ordonnancée à 2 avants-corps d'extrémités couverts d'une croupe brisée en zinc et ardoise et avant-corps médian couvert d'un pavillon brisé en zinc et ardoise, encadrements de baies en pierre de taille à linteau sommé d'un filet saillant, l'avant-corps médian est pourvu, au rez-de-chaussée de 3 ouvertures cintrées, à l'étage de 3 baies rectangulaires sur balcon, chacune sommée d'un linteau à filet sommital saillant reposant sur 2 modillons à culots, lucarne en pierre à fronton bombé à l'étage de comble ; galerie (disparue) : toit à longs pans en tuile mécanique, croupe de l'extrémité Ouest en zinc ; maison du gestionnaire et du médecin-chef : enduit partiel, chaînes en brique et pierre de taille en assises alternées, soubassement en placage de granite en opus incertum, encadrements de baies à appuis, harpes et écoinçons en calcaire, jambages et cintres en brique, toit en ardoise avec pignon médian sur façade Sud ; caserne des infirmiers : 1 étage carré, toit à longs pans ; conciergerie : pavillon en ardoise ; mur de clôture : moellon enduit, sommé d'une tablette saillante en pierre de taille et mur-bahut (sur rue Blandan) surmonté d'une grille en fer ou acier forgé.

Murs calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille enduit partiel
granite revêtement
brique brique et pierre à assises alternées
brique silico-calcaire brique et pierre à assises alternées
béton béton armé
Toit tuile mécanique, ardoise, zinc en couverture
Étages rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées, élévation ordonnancée, jardin en pente
Couvertures toit à longs pans
toit à longs pans brisés
toit en pavillon croupe brisée
États conservations désaffecté
Statut de la propriété propriété publique (?)
Intérêt de l'œuvre à signaler

Références documentaires

Documents d'archives
  • liste des références de la Société Nancéenne de Béton Armé Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : WO 720
  • Archives municipales, Nancy : 2 H 65
  • bâtiments en bordure de la rue Sergent Blandan (absence du bâtiment "b") Archives municipales, Nancy : 2 H 12
Bibliographie
  • Paris, Imprimerie Nationale, 1938.

    p. 100-111. Bibliothèque municipale, Nancy : 6127
Périodiques
  • 22-09-1895, p. 155-156. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • 7-07-1901, p.91. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • 14-07-1901, p. 85. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • 14-10-1901, p. 189. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • 18-05-1902, p. 23. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • 21-12-1902, p. 271. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • 5-07-1903, p. 77. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • 26-07-1903, p. 103. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • 20-12-1903, p. 271. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • 9-07-1905, p. 95. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • 22-07-1906, p. 88. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • 29-07-1906, p. 91. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • 16-02-1908, p. 329-330. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • 7-06-1908, p. 45. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • Editeur : le béton armé, Lille, 1898-1939.

    no. 39, 08-1901, p.26, dossier d'affaire no. 11025.
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Thiébaut Pascal
Pascal Thiébaut

Chercheur à l'Inventaire général du Patrimoine culturel à Nancy


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- Olier Virginie