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hôtel de Curel dit des Loups ou de la Michodière

Dossier IA54002012 réalisé en 2003

Fiche

Œuvres contenues

Appellations de Curel dit des Loups ou de la Michodière
Parties constituantes non étudiées jardin, fontaine, usine de chaussures
Dénominations hôtel
Aire d'étude et canton Nancy et périurbain - Nancy
Adresse Commune : Nancy
Adresse : 1-1bis rue des Loups , 2 rue René d'Anjou
Cadastre : 2008 AL 146, 147 ; 1830 H6 2933 ; 1865 H9 3488, 3489, 3490, 3491, 3492

Construit dans le 1er quart du 18e siècle, l'hôtel de Curel dit hôtel des Loups tient son nom de son commanditaire, Nicolas-François Hennequin (1662-1740), comte de Curel, baron de Fresnel, nommé en 1702 à l'office du Grand Maître de Louveterie de Lorraine, puis 1er chambellan du duc de Lorraine en 1717. En limite ouest de la vieille ville, l'édifice est construit sur une parcelle qui appartenait dès le début du 17e siècle à la famille, plus précisément à l'arrière-grand-mère maternelle de Nicolas François Hennequin, Barbe de Stainville, qui possédait déjà une demeure à cet endroit, dont le puits, toujours en place dans le jardin actuel, devait faire partie. Traditionnellement attribué à l'architecte Germain Boffrand (1667-1754), le bâtiment a été construit en 1717 par l'entrepreneur nancéien Adrian Calame (AD54, 3 E 2148 : marchés pour voitures de chaux et de sable pour la construction). En 1770, l'hôtel est occupé par Pierre-Marie de la Michodière qui le loue, à vie, au fils de Nicolas-François Hennequin (AD54, 4 E 40), d'où l'appellation "hôtel de la Michodière" mentionnée sur un plan partiel de la ville conservé aux Archives départementales de Meurthe-et-Moselle (C 202). L'hôtel a subi des remaniements importants durant le 19e siècle : ajout d'un corps de dépendances dans l'angle formé par la rue René d'Anjou et la rue des Loups entre 1830 et 1865 (d'après cadastres anciens), puis, en 1884 (date portée sur un fronton de lucarne), d'un corps curieusement néo-XVIIe siècle réalisé par l'architecte Léopold Gigout (1836-1893) à la demande des propriétaires, le comte Alexandre Herbin et son épouse Marie-Juliette Vivien, qui remanient parallèlement le décor intérieur et installent une usine de fabrication de pantoufles (plus tard imprimerie) dans le parc, dans un corps de bâtiment (AL 146) édifié en retour du corps principal. On conserve de cette extension une ardoise de toiture portant date (1884), noms de l'architecte (Gigoux) et du couvreur (Mourquin). Le décor extérieur a été augmenté au 19e siècle : réalisation (réfection ?) du tympan du corps central et pose de 2 statues de loups sur le portail de la cour sur la rue, travail probablement réalisé par le sculpteur nancéien Nicolas Lépy (1785-1859) dit Lépy II, fils et élève du sculpteur Nicolas-Joseph Lépy, dit Lépy 1er. L'hôtel a fait l'objet d'une importante restauration des extérieurs en 2003. La grille d'entrée est restituée à ce moment.

Période(s) Principale : 1er quart 18e siècle
Secondaire : milieu 19e siècle
Secondaire : 4e quart 19e siècle
Dates 1717, daté par source
1884, porte la date
Auteur(s) Auteur : Boffrand Germain,
Germain Boffrand ( - 1754)

Né à Nantes en 1667, Germain Boffrand était fils d'architecte. Il est introduit très jeune dans les milieux artistiques parisiens par son oncle le poète Philippe Quinault (1635-1688) auprès de l'architecte Jules Hardouin-Mansard ; dès 1686, son nom figure parmi les architectes des bâtiments du Roi et il acquiert une notoriété indéniable à partir de 1708. Le 14 novembre 1711, il devient premier architecte du duc de Lorraine et travailla jusqu'en 1726 dans le duché tout en gardant d'importants chantiers à Paris (transformation du Petit Luxembourg à partir de 1709, nombreux hôtels particuliers dont le plus connu l'hôtel de Soubise en 1735 …). Puis il oeuvra dans le Senonais, surtout pour construire des ponts (1725-1742). Sa réputation s'étendit jusqu’en Allemagne (projet pour le palais épiscopal de Würzburg, palais Törring à Munich en 1738 …). Son activité lorraine fut principalement tournée autour des commandes du duc pour lequel il intervint à Lunéville (château 1709, puis pour la reconstruction partielle à partir de 1719-1723), à la Malgrange (à partir de 1712, avec deux projets dont l'un en plan en X, non retenu, n’est pas sans évoquer les palais viennois et surtout la Palazzina di Caccia di Stupinigi près de Turin, la résidence de la Malgrange est aujourd'hui presqu'entièrement détruite), à Nancy (Palais ducal en 1714, appelé « Louvre de Boffrand » et détruit avant même son achèvement), ou encore Commercy (à la suite d'autres architectes).

La cour ducale ne fut pas en reste, commandant à Boffrand des hôtels particuliers à Nancy ; huit lui ont été attribués dont quatre avec une certaine certitude tandis que trois autres ne sont peut-être que le reflet de son influence sur les architectes alors actifs à Nancy et que le huitième serait plutôt l'œuvre d’un de ses collègues parisiens.

goût du jour des châteaux aux allures encore médiévales : Haroué et peut-être Aulnois-sur-Seille (Moselle). Lui-même se fit construire un petit château à Thuillières (Vosges) sur une terre qu'il acheta en 1720 et qu'il revendit vers 1730


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architecte, (?), attribution par travaux historiques
Personnalité : Hennequin Nicolas-François,
Nicolas-François Hennequin (1662 - 1740)

Nicolas-François Hennequin, comte de Curel, baron de Fresnel (ou Frenelle), seigneur de Gellenoncourt ; nommé grand louvetier de Lorraine en 1702 et 1er chambellan du duc Léopold en 1717. En 1718, il devient comte de Fresnel, la baronie de Fresnel étant érigée en comté. Il épouse en 1693 Elisabeth Le Prudhomme, fille du seigneur de Vitrimont, et, en secondes noces, en 1727, Catherine-Elisabeth de Roncourt. Il est inhumé en 1740 dans l'église de Frenelle-la-Petite (pierre tombale visible).

Père de Nicolas-François-Gabriel Hennequin (1695-1736) qui épouse en 1721 Marie-Barbe de Greder et de Nicolas-François Hennequin (1728-1819) qui épouse Marie-Charlotte Bexon-Ducoin et en secondes noces Jeanne-François Brice-Morgan

cf JP Rothiot, "Le destin révolutionnaire du comte de Frenelle", dans Philippe Bourdin (dir.) Les noblesses françaises dans l'Europe de la Révolution, (actes du colloque international de Vizille, 2008) Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010, p.285-309.


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commanditaire, attribution par travaux historiques
Personnalité : Herbin Alexandre,
Alexandre Herbin

Le comte Alexandre Herbin, manufacturier, fut propriétaire de l'hôtel des Loups à Nancy, ainsi que d'un hôtel particulier à Troyes (3 rue Juvenal des Ursins), 2 bâtiments pour lesquels il fit appel au même architecte, Léopold Gigout. Il a pour épouse Marie-Juliette Vivien, d'où le monogramme H V (Herbin-Vivien) que l'on trouve dans les 2 édifices.


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personnage célèbre, habitant célèbre, attribution par source
Auteur : Gigout Laurent-François-Léopold,
Laurent-François-Léopold Gigout (1836 - 1893)

Formé à l’École des Beaux-Arts de Nancy, Léopold Gigout est admis au nombre des architectes pouvant être chargés de rédiger des projets de travaux pour les communes et établissements publics par arrêté préfectoral du 19 février 1858. Il construit en 1869 un immeuble pour lui-même au 10 rue Gambetta, Nancy, où il installe son agence. Il a participé à la construction de nombreuses églises. Il est cofondateur de la Société régionale des architectes de l’Est avec Lucien Humbert (cf l'Immeuble et la construction dans l'Est, 24 novembre 1907, p. 236).


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architecte, attribution par source
Auteur : Calame Adrian, dit(e) La Prairie,
Adrian Calame , dit(e) La Prairie (1681 ou 1682 - 1730)

Adrian Calame dit La Prairie, entrepreneur, mentionné comme maître maçon, tailleur de pierres, mais aussi architecte dans document d'archives. Travaille durant la 1ère moitié du 18e siècle à Nancy, notamment à l'hôtel des loups en 1717 (marché de travaux : AD54 3 E 148). Décédé le 9 février 1730 à l'âge de 48 ans.


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entrepreneur, attribution par source

Le bâtiment se compose de trois corps disposés en U entre cour et jardin. Les façades, au parti de symétrie rigoureux, sont animées par deux petits corps de liaison de plan curviligne, placés entre le corps principal et les ailes. D’une hauteur relativement modeste, il compte un sous-sol voûté (berceaux et arêtes) occupé par d’anciennes cuisines et caves, un rez-de-chaussée surélevé du côté rue des Loups, de plein pied côté jardin, et un étage d’attique. Particularité unique à Nancy : les communs ne sont pas placés dans les ailes latérales mais dans le demi sous-sol, une cour anglaise étant aménagée au pied de l'aile droite. L’ensemble est couvert d’une haute toiture en ardoise percée d'oeil de boeuf, la charpente étant probablement d'origine. L'élévation sur cour du corps principal compte 4 travées disposées de part et d'autre d'un portail formant un léger avant-corps. Ce portail est précédé d'un escalier droit de 5 marches menant à un porche qui abrite une seconde volée de 7 marches. Il est timbré d'un mascaron féminin (coiffé à l'orientale) et amorti par un fronton triangulaire au décor cynégétique (IM54007528) porté par deux consoles à décor de mufles et pattes de lion ; deux pots à feu sont posés sur les rampants. D'ordonnance symétrique, les ailes en retour comptent 3 travées sur la cour et 4 travées sur la rue des Loups. L'aile gauche contient un escalier à retours avec jour, en pierre, le jour intérieur ayant contenu un ascenseur aujourd'hui disparu. L'aile droite est percée d'une porte en bois permettant d'accéder directement depuis la rue des Loups aux appartements aménagés dans cette partie du bâtiment. Elle ouvre sur un vestibule et un escalier en bois qui mène aux étages (IM54 304232). Les fenêtres du rez-de-chaussée sont à linteau droit, encadré d'une plate-bande en ressaut et à crossettes, celles de l'étage sont à linteau segmentaire. La cour est close d'un mur percé en son centre d'un portail en fer dont les piliers en pierre sont amortis par deux loups en pierre, assis et se faisant face (IM54304231). Une fontaine avec bassin en pierre semi-circulaire est adossée dans l'angle formé entre le mur de clôture et le corps latéral droit, avec vasque et mascaron d'arrivée d'eau en fonte. Lors des travaux de restauration (2003), la maçonnerie a pu être examinée : réalisée à l'économie, elle comprend des briques, probablement récupérées des chantiers de démolition de l'enceinte urbaine de Nancy à la fin du 17e siècle. La façade postérieure, côté jardin, ne compte que 7 travées, une partie étant masquée par une aile en retour (parcelle 146) construite à la fin du 19e siècle pour abriter une fabrique de pantoufles ; cette aile compte 8 travées sur 2 niveaux percés de larges baies segmentaires. Une galerie couverte de verre relie directement cet ancien bâtiment industriel à la rue René d’Anjou. Le pavillon accolé au Sud dont la lucarne porte la date de 1884 est doté d'un balcon supporté par 3 consoles feuillagées et fermé par une balustrade en pierre au décor d'entrelacs ajourés. On accède au jardin par une porte fenêtre du grand salon du rez-de-chaussée, l’ancienne porte, ayant été obstruée par le bâtiment industriel dans lequel elle demeure visible (décor de trophée de chasse IM54304229). A l’intérieur, le décor se concentre essentiellement dans les pièces de réception du corps principal, côté gauche (IM54304233).

Murs calcaire moellon enduit
brique
Toit ardoise
Plans plan symétrique en U
Étages sous-sol, rez-de-chaussée surélevé, 1 étage carré
Couvrements voûte en berceau
voûte d'arêtes
Élévations extérieures élévation ordonnancée
Couvertures toit à longs pans
Escaliers escalier de distribution extérieur : escalier droit, en maçonnerie

escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente
escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Typologies hôtel 18e dit à la parisienne, entre cour et jardin
Techniques sculpture
sculpture
ferronnerie
menuiserie
peinture
Représentations mascaron pot à feu ornement végétal lion
Statut de la propriété propriété privée
Intérêt de l'œuvre à signaler
Sites de protection site inscrit, secteur sauvegardé
Protections classé MH partiellement, 1990/06/30
Précisions sur la protection

Sont classés (classement par arrêté du 30 juin 1990) : façades et toitures sur rues, sur cour et sur jardin ; cour pavée ; mur de clôture avec son portail ; statues des loups surmontant les piliers ; fontaine dans l'angle ; fontaine adossée au mur du jardin

Références documentaires

Bibliographie
  • MAROT, Pierre. Le vieux Nancy / collab. Jacques Choux. Nouv. éd. Nancy : Impr. Humblot., 1970. 271 p., ill., plans, plan h.-t. (Les Guides du Pays lorrain).

    p. 246
  • Pfister Christian, Histoire de Nancy, 3 tomes, 1902-1909.

    - tome 1. Nancy : Berger-Levrault, 1902.XXIV-750 p., ill., plans.

    - tome 2. Nancy : Berger-Levrault, 1909. VIII-1099 p., ill., plans.

    - tome 3. Nancy : Berger-Levrault, 1908. VIII-914 p., ill., plans.

    tome 2, p. 289-290 ; tome 3, p. 280
  • LIONNOIS, Jean-Jacques. Histoire des villes, vieilles et neuves de Nancy, depuis leur fondation jusqu'en 1788. Nancy : Haener et Delaye, 3 tomes, 1805-1811.

    tome 1, p. 356 Bibliothèque municipale, Nancy
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Tronquart Martine
Martine Tronquart

Chercheur au Service Régional de l'Inventaire du Patrimoine Culturel, site de Nancy.


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- Guillaume Jacques
Jacques Guillaume

Ingénieur CNRS, chercheur à l'Inventaire Lorraine jusqu'en 2004.


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- Bouvet Mireille-Bénédicte
Mireille-Bénédicte Bouvet

Conservateur régional à l'Inventaire général Lorraine depuis 1995, Grand Est depuis 2018


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- Vaxelaire Yann
Yann Vaxelaire

Architecte du patrimoine à la ville de Nancy. A participé à l'étude menée par le Service de l'Inventaire général du Patrimoine sur la ville de Nancy.


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