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Les fermes du canton de Brouvelieures

Dossier IA88031707 réalisé en 2017

Présentation de l'architecture rurale du canton de Brouvelieures

L'architecture rurale du canton de Brouvelieures a fait l'objet d'une étude durant l'année 2018.

Dans le canton 107 ont repérées dont 33 sont étudiées.

L’habitat n’est mitoyen que dans les gros bourgs, et encore il l’est souvent par groupe de deux bâtiments jointifs par le mur pignon de l’exploitation. Dans les hameaux, il est construit en léger retrait de la route, laissant place à un usoir et au milieu de la parcelle afin de laisser suffisamment d’espace pour circuler autour du bâtiment. Les fermes sont alimentées en eau soit par des puits soit par des sources, souvent partagées, qui coulent dans des bassins de fontaine en grés ou en bois abritées par de petits bâtiments en charpente.

Datation

L’essentiel des fermes a été reconstruit durant le dernier quart du 18e siècle et le premier quart du 19e siècle. Plus de la moitié des bâtiments portent la date de leur construction (59/107). Les construction antérieures au milieu du 18e siècle sont rares et ont été profondément modifiées. Un seul bâtiment y fait exception (IA88001240). Quelques bâtiments sont issus des reconstructions qui ont les deux guerres mondiales.

Typologie de l’habitat

La distinction entre fermes du nord de la montagne et ferme de la plaine tient d’abord au mode de distribution. Dans le nord des Hautes Vosges, à chaque travée de plan correspond une porte sur la façade antérieure qui lui est dédiée : porte piétonne pour le logis, porte charretière pour la grange, porte animalière pour l’étable. Tandis que le reste du département la distribution des différentes travées se fait par l’avant-grange : partie antérieure de la grange située derrière la porte charretière (appelée localement charri ou chépu, …). Cette porte pouvant devenir l’unique accès au bâtiment. Il existe des solutions intermédiaires où la porte piétonne est présente, mais ne donne accès qu’à l’avant-grange, mais où par contre la porte animalière disparait. C’est le cas dans le canton.Cette avant-grange est souvent séparée de la grange proprement dite par une seconde porte charretière. La poutre qui en constitue le linteau fait souvent l’objet de décor : son centre peut porter les initiales des constructeurs et la date de construction, à l’image du linteau de la porte piétonne. Les jambettes d’angle de cette poutre sont fréquemment chantournées.Un autre critère est le mode constructif de la porte charretière. Dans le nord des Hautes-Vosges, elle est construite dans un plan situé à mi-épaisseur du mur, tandis qu’ailleurs elle est appuyée sur la face interne du mur gouttereau.

Dans ce canton, territoire intermédiaire entre le nord des Hautes-Vosges et la plaine des Vosges toutes ces variantes sont présentes en proportion à peu près égales.Sur 89 bâtiments où la présence ou l’absence d’un « charri » a pu être déterminée 41 possède un. De même, sur 101 bâtiments, 72 possède une porte charrière située sur la face interne du mur gouttereau. Ces deux caractéristiques étant totalement absentes dans les cantons limitrophes à l’est, on se situe donc bien dans une zone de transition.Quant aux charpentes, la traditionnelle charpente sur poteaux partant de fond (hommes-debout) porteurs de pannes en sapin qui caractérise le nord des Hautes-Vosges fait timidement place à une charpente à poteau portant des arbalétriers en chêne. 11 charpentes ont pu être observées.

Décor

La modénature des encadrements de baies suit la chronologie des Hautes-Vosges : linteau en arc segmentaire ou chapeau de gendarme au 18e siècle, linteau délardés en cavet durant la première moitié du 19e siècle. Il faut noter toutefois la présence rare de moulure sur l'encadrement de la porte piétonne au cours du 18e siècle (influence du style lunévillois ?). De même, on constate la présence de niches doubles au-dessus des portes piétonnes (5), ainsi que de décors à arcs interrompus terminés par des enroulements (2), style plus courant dans la région de Rambervillers.

Près de la moitié des bâtiments repérés (51/107) conservent des inscriptions liées aux constructeurs, que ce soit sur le linteau de la porte piétonne (24), sur la clé du cintre de la porte charretière (7), sur une pierre de fondation dans la chaine d’angle (13), ou sur la poutre du charri (4) lorsqu’elle est visible.Ces inscriptions sont rarement accompagnées de décor symbolique, seules 34 fermes en possèdent. Il est réduit à sa plus simple expression : croix latine, nomogramme du Christ, croix de Lorraine, cœur, larme ou roue. Une seule ferme porte une inscription religieuse : Pax huic domui.

Aires d'études Brouvelieures
Dénominations ferme
Adresse Commune : Brouvelieures
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