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Les fermes du canton de Raon-l'Etape

Dossier IA88031198 réalisé en 2017

Fiche

L'habitat rural du canton de Raon-l'Etape a fait l'objet d'une étude entre 2016 et 2017.

71 fermes y ont été repérées et 21 étudiées.

Le canton de Raon-l'Etape est typologiquement divisé en deux parties : la vallée de la Plaine (de Celles-sur-Plaine à Raon-sur-Plaine), bande étroite, fortement boisée, culminant à 700 mètres, aux villages de type"villages-rue" et le sud du canton aux villages organisés en hameaux et à l'habitat disséminé.

L'habitat de la partie sud reprend les caractéristiques des fermes de la région de Saint-Dié, à la façade sur rue ample et souvent à trois voire quatre travées fonctionnelles.

L’habitat de la vallée de la Plaine est groupé en bourg, souvent disposé sur un parcellaire laniéré de chaque côté d’une rue sinueuse unique. L’habitat isolé en périphérie est quasi inexistant. A l‘exception près du canton de Provenchères-sur-Fave où l’on retrouve des villages-rues mais accompagnés de hameaux et d’un habitat diffus, Il constitue un unicum dans le territoire des Hautes-Vosges et s’apparente d’avantage à l’habitat meurthe-et-mosellan. Le grès est omniprésent : encadrement de baies, pavage, soubassement, bancs extérieurs, bassins de fontaine, murets de pierre sèche.

Sa mitoyenneté et l’étroitesse des parcelles imposent un développement en profondeur des bâtiments. Ils sont généralement organisés en deux travées fonctionnelles, l’étable prenant place en fond de grange. L’habitation est souvent composée de trois pièces en profondeur où la cuisine borgne occupe la partie centrale. Elle est équipée d’une cheminée au large adossée à un puits de lumière (une vise-à-jour ou encore flamande) qui lui apporte un peu de clarté. Dans la pièce arrière, une seconde cheminée sur corbeau ou piédroits abrite la bouche du four du four à pain construit en excroissance sur le mur postérieur. Cette pièce éclairée d’une fenêtre a tendance à faire fonction de cuisine au cours du 19e siècle. Les annexes se développent essentiellement sur l'arrière du bâtiment en "rabaissée" (pièces supplémentaires couvertes par le prolongent du pan arrière de la toiture).

La charpente y est aussi différente, elle repose sur les deux murs mitoyens et sur une ou plusieurs fermes dont l’entrait mesure près de 20 mètres !

Le décor sculpté y est extrêmement limité. Le linteau de la porte piétonne ne porte généralement pas d'inscriptions. Quand elles existent, elles sont limitées à la date de construction et parfois aux initiales des propriétaires-bâtisseurs. Le décor symbolique n'y est qu’exceptionnellement présent. On note toutefois la présence de moulures sur l'encadrement de la porte piétonne qui persistent qu'au 18ème siècle, peut-être faut-il y voir une influence des décors sculptés du lunévillois.

Des fontaines collectives ou mitoyennes assuraient l’alimentation en eau des fermes. Ces fontaines étaient parfois complétée par des puits privés installés à l’intérieur des maisons et accessibles depuis la cave ou la cuisine.

Cette typologie de l’habitat est liée à l’importance de la couverture forestière du canton (plus 80 % pour certaines communes). Dans cette zone peu propice à l’élevage et à la culture, les professions étaient majoritairement liées à l’exploitation forestière, l’étable abritait uniquement une paire de bœufs ou de chevaux.

Aires d'études Raon-l'Etape
Dénominations ferme
Adresse Commune : Raon-l'Étape
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Henry Jean-Yves