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Maison du chanoine Andreu aussi appelée "Maison de la Bibliothèque"

Dossier IA88031968 réalisé en 2020

Fiche

Genre de chanoines
Précision dénomination maison du chanoine Andreu
Bibliothèque du chanoine Andreu
Destinations maison, bibliothèque
Dénominations maison, bibliothèque
Aire d'étude et canton Remiremont - canton du département 88
Adresse Commune : Remiremont
Adresse : 20 rue des Prêtres
Cadastre : 2020 AC 183 Localisation sur le cadastre Napoléonien : section A, n°595.

Cette maison dont l'architecte demeure inconnu a été édifiée en 1742 pour le chanoine François Andreu (1686-1748), curé, directeur de l'Hôpital et écolâtre à Remiremont. Elle est construite à l'emplacement de la maison de Nicolas Bagré (marguillier et vitrier de Remiremont). Son commanditaire en avait lui-même dessiné les plans car elle était destinée à accueillir son importante bibliothèque destinée à être ouverte au public. Cette fonction particulière explique le nom sous lequel elle fut longtemps désignée : "maison de la bibliothèque". Une partie de ces collections constitue le fonds ancien de la bibliothèque municipale de Remiremont. L'aménagement intérieur est connu par un descriptif précis (cf annexe 1).

La demeure été vendue aux enchères en tant que bien national (avec d’après l’acte de vente : « le jardin, la bûcherie, les écuries, aisances et dépendances attenantes ») et adjugée pour 2800 livres à Joseph Savoyen, en qualité de cessionnaire de son frère Michel Savoyen, le 16 novembre 1791. Elle est ensuite passée à la famille Thouvenel puis à Madame Boulangé (fille du président Thouvenel), à son fils Charles-Paul Boulangé puis à la veuve de ce dernier, avant d'être achetée en 1933 par Françis Puton.

Période(s) Principale : 1ère moitié 18e siècle , daté par travaux historiques
Dates 1742, daté par source
Auteur(s) Personnalité : Andreu François,
François Andreu (1686 - 1748)

François Andreu (1686-1748) est un chanoine de Remiremont ordonné prêtre en 1710. Il est élu directeur de l'hôpital de Remiremont en 1714 puis écolâtre en 1720.

Un portrait peint du chanoine a été découvert au sein de l'hôpital Sainte-Béatrix de Remiremont. Celui-ci mesure 81 cm de hauteur et 64 cm de largeur, c'est une huile sur toile avec un cadre boisé, doré et taillé. Il appartient désormais à la commune de Remiremont et a été classé au titre d'objet Monument historique, le 9 septembre 1968.


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commanditaire, attribution par travaux historiques

Cette maison mitoyenne de chanoine est composée d'un corps de bâtiment principal donnant sur la rue des Prêtres et une cour à l'arrière. Elle est construite en pierre de taille avec des chaînes d'angles. Le corps de bâtiment principal se développe sur quatre travées percées de fenêtres à linteaux segmentaires délardés moulurés et d'une porte bâtarde sur la gauche.

Il compte une cave, un rez-de-chaussée, un étage carré et un étage de comble. Chaque niveau est séparé par un bandeau en pierre de taille.

L'édifice est couvert d'une toiture à longs pans avec des tuiles mécaniques qui est soulignée par une corniche avec denticules.

Murs grès pierre de taille
Toit tuile mécanique
Étages rez-de-chaussée, 1 étage carré, étage de comble
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
Techniques ferronnerie

Précision représentations

La porte bâtarde en bois est située sur la gauche de l'édifice. Elle est à linteau segmentaires, délardés et moulurés et est surmontée par une fenêtre avec une grille en fer forgée (avec monogramme ?). Une inscription latin est encore visible dans le vestibule d'entrée : "Et qui sitit, veniat ; et qui vult, accipiat aquam vitae gratis" ("que celui qui a soif vienne et que celui qui le désire reçoive gratuitement l'eau de la vie". Apoc. XXII).

Statut de la propriété propriété d'une personne privée

Annexes

  • Histoire de la Bibliothèque

    La décision de créer une bibliothèque à Remiremont remonte au 11 mai 1727 lors de la visite du cardinal de Rohan sur place[1]. C’est alors qu’il a ordonné l’établissement de conférences ecclésiastiques ainsi que la formation d'une petite bibliothèque à laquelle le clergé pouvait avoir recours[2].

    François Andreu, un chanoine ordonné prêtre en 1710, élu directeur de l’hôpital de Remiremont en 1714 puis écolâtre en 1720 est alors chargé de la constituer. Son fond initial était composé des ouvrages personnels du chanoine (celui-ci les a légués en échange de pouvoir en disposer quand bon lui semble). Il est ensuite enrichi par des dons et achats de chanoines et chanoinesses à l’image de la princesse Béatrix de Lorraine (1662-1738) qui a acheté des ouvrages à Nancy et Paris[3].

    Le premier lieu de conservation de cet ensemble de livres était situé dans une pièce de l’hôpital de Remiremont (au sein duquel le chanoine avait également un logement). Face à l’augmentation constante de la collection, le chanoine n’eut d’autre choix que de songer à trouver un espace plus grand. C’est ainsi qu’il a décidé en 1742 de faire construire une maison, appelée plus tard « Maison de la Bibliothèque », au 20 rue des Prêtres. Son idée était de rendre cette maison habitable et d’y installer un bibliothécaire : l’abbé Bagré (vicaire de la paroisse). Le chanoine a ensuite légué la maison ainsi que sa bibliothèque au clergé en 1743. Cette dernière a continué d’être enrichie entre 1748 et 1760 grâce aux legs après décès du chanoine Andreu et de Jean-Nicolas Petitmengin (curé et écolâtre du chapitre après le chanoine Andreu, mort en 1760)[4].

    À la mort du chanoine Andreu (le 8 avril 1748), un long procès concernant la destination des livres s'est engagé entre ses héritiers et les chanoines de Remiremont. Malgré la volonté du chanoine de léguer l’ensemble de sa collection au clergé, l'arrêt de la cour souveraine de Lorraine du 20 mai 1749 est prononcé en la faveur des héritiers qui ont alors acquis et dispersé l’ensemble du fond[5].

    Lors de la Révolution et de la suppression des chapitres, les biens de première origine tels que les manuscrits, livres et archives des établissements religieux du district (bibliothèque du clergé de Remiremont, bibliothèque des chanoinesses, bibliothèque des Capucins de Remiremont et de Plombières-les-Bains, bibliothèques des Prieurés du Saint-Mont et d'Hérival) ont été confisqués, de même que quelques biens de seconde origine : des collections de familles émigrées. L’ensemble de ces ouvrages a alors assez peu été pris en considération et a été conservé dans de mauvaises conditions dans une salle de l’hôpital (ce dépôt a subi de nombreuses pertes et certains ouvrages ont été mutilés)[6].

    Il a fallu attendre l’année 1825 et la reprise en main de la bibliothèque par le maire de la ville Stanislas Bresson (maire de 1825 à 1836) pour qu’un transfert définitif des livres (1632 ouvrages) ait lieu et qu’une véritable bibliothèque publique soit mise en place. Celle-ci était installée dans les locaux de l'hôtel de ville (ancien palais abbatial) sous la direction des bibliothécaires Jean-Antoine Marc, puis Nicolas-Louis-Antoine Richard. Tous deux ont travaillé à enrichir le fond par des achats, et l’acquisition de dons (institutionnels et privés). Leur idée était de transformer la bibliothèque en « un cabinet d’histoire naturelle et d’antiquité ». L’apport de ces nombreux ouvrages divers (théologie, jurisprudence, science, art, belles-lettres etc) a fait qu’au XIXe siècle, la bibliothèque comptait un ensemble de 3046 ouvrages complets formant 8603 volumes. En 1871, un incendie a détruit l'hôtel de ville. La bibliothèque, située au rez-de-chaussée, a cependant été sauvée et installée, après la reconstruction, au premier étage jusqu'en 1977. La municipalité de Remiremont, jugeant les locaux de la bibliothèque trop exigus et vétustes a entrepris de 1974 à 1976, d'importants travaux dans le bâtiment de l'ancienne gendarmerie, situé au centre de la ville, et y a aménagé une nouvelle bibliothèque qui a ouvert au public en janvier 1977[7].

    Description de la bibliothèque :

    Le chanoine Andreu a lui-même tracé le dessin de sa bibliothèque au sein de sa maison et a régit l’arrangement des livres. Selon les descriptions, cette maison avait une telle disposition qu’elle ne pouvait servir qu’à un bibliothécaire et au clergé. Elle était composée d’un rez-de-chaussée au sein duquel se trouvait une vaste salle aux fenêtres donnant sur la rue. Cette salle abritait une partie des livres de la bibliothèque et avait cinquante pieds de longueur et trente de largeur. Elle disposait d’une cheminée en marbre située au milieu de la pièce en face d’une fenêtre. Des layettes et tablettes en bois de chênes avec des inscriptions en lettres rouges pour indiquer les différentes matières étaient également présents dans la pièce[8]. Cette grande salle était reliée à un cabinet de travail (chauffé par un placard chauffant) qui donnait lui-même sur une chambre et une antichambre qui débouchait à un escalier[9]. Une plaque de marbre noir ovale et gravée était accrochée sur la porte de la Bibliothèque. L’inscription gravée en latin et lettres d’or qui y figurait invitait le public à « venir boire à la source des sciences » (« Qui suis venius & qui vuls accipiat aquam vita gratis »). On pouvait apercevoir au-dessus de cette inscription, deux plumes, un livre (sur lequel il était écrit : « Biblis Sacra, comede volumen iflud ») ainsi que deux croix de Lorraine. Le deuxième étage de la maison était accessible par un escalier avec une grille en fer forgée sur laquelle le chanoine avait fait apposer son nom. On trouvait, juste au-dessus de la bibliothèque, une autre salle de même grandeur. Celle-ci était destinée à accueillir les livres que les chanoines, les autres ecclésiastiques du chapitre ainsi que le public voudraient par la suite ajouter[10].

    La maison disposait également d’une pièce avec un poêle et une cuisine attenante située juste à côté des deux écuries : une pour chevaux et une autre pour bêtes rouges. L’écurie pour bêtes rouges était également reliée à une petite cour et une grange donnant sur la rue[11].

    Chaque livre de la bibliothèque était rangé selon des normes spécifiques imposées par le chanoine : la salle était entourée de livres sur les quatre côtés. Dans les deux largeurs de la première longueur de la salle se trouvaient les « Historiens sacrés, les théologiens, les mistiques ». Dans la seconde longueur de la salle se trouvaient les historiens profanes, ce qui concerne la jurisprudence civile et canonique, la discipline ecclésiastique, les philosophes, les médecins et enfin les livres de Belles Lettres, les orateurs, poètes et grammairiens[12].

    Plusieurs types d’ouvrages étaient en effet présents dans la bibliothèque du chanoine[13] :

    - Un premier ensemble d’ouvrages provenant du prieuré du Saint Mont arrivés en 1720 (ceux-ci avaient été sauvés lors d’un incendie). Ces livres étaient pour la plupart des commentaires et interprétations des écritures saintes. Des manuscrits en vélins contenant d’anciens traités des saints pères ainsi que des opuscules du XIIIe siècle étaient également présents.

    - Un deuxième ensemble d’ouvrages provenant du prieur d’Hérival qui avait également subi un incendie en 1749. La collection était composée de sermonnaires et catéchistes.

    - Un troisième ensemble d’ouvrages provenant du couvent des Capucins de Remiremont et Plombières.

    - Un dernier ensemble d’ouvrages ayant appartenu à des familles émigrées.

    Sources :

    Archives municipales de Remiremont :

    Ms 126 : Etat et dépenses et inventaires de meubles. Bibliothèque de Remiremont.

    Ms 95 : Plaidoyer pour les chanoines de l’Insigne Chapitre de Remiremont Défendeurs & Demandeurs incidemment.

    Archives départementales des Vosges

    Fond Friry, 6 I 42. Plan de la Bibliothèque du chanoine Andreu

    https://www.vosgesmatin.fr/edition-de-remiremont/2015/10/27/remiremont-les-archives-ouvrent-leur-bibliotheque-et-presentent-leurs-livres-anciens

    Notes

    [1]Armand-Gaston-Maximilien de Rohan est né en 1674. Il est nommé évêque de Strasbourg en 1704, cardinal en 1712 et grand aumônier de France en 1713. Il est mort en 1749. D’après URL < https://data.bnf.fr/fr/12108274/armand-gaston-maximilien_de_rohan/>, consulté le 20/03/2020.

    [2] D’après : URL <https://www.vosgesmatin.fr/edition-de-remiremont/2015/10/27/remiremont-les-archives-ouvrent-leur-bibliotheque-et-presentent-leurs-livres-anciens >, consulté le 19/03/2020.

    [3] Archives municipales de Remiremont, Ms 95 et Ms 126.

    [4] Ibid.

    [5] Archives municipales de Remiremont, Ms 95.

    [6] Archives municipales de Remiremont, Ms 126.

    [7] Archives municipales de Remiremont, Ms 126 et URL <https://www.vosgesmatin.fr/edition-de-remiremont/2015/10/27/remiremont-les-archives-ouvrent-leur-bibliotheque-et-presentent-leurs-livres-anciens>, consulté le 19/03/2020.

    [8] Archives municipales de Remiremont, Ms 95.

    [9] Archives départementales des Vosges, fond Friry, 6I42.

    [10] Archives municipales de Remiremont, Ms 95.

    [11] Archives départementales des Vosges, Fond Friry, 6I42.

    [12] Archives municipales de Remiremont, Ms. 95.

    [13] Archives municipales de Remiremont, Ms 126 : Etat et dépenses et inventaires de meubles de la Bibliothèque de Remiremont.

  • Descriptif en 1789

    Lettres / vogiennes, / ou / lettres écrites / de Plombières par M.le Cheva-/-lier de *** Gentilhomme Breton, / à Madame de la *** Marquise / de *** en Bretagne. / Par Dom Pierre TAILLY, Bénédictin / de la Congrégation de Saint Vanne et / Saint Hydulphe.A Liège, chez J.F. Bassompierre. Et se trouve à Neufchâteau chez la Veuve Monnoyer Imprimeur Libraire. 1789.

    Bibliothèque de l’Ecolâtre de Remiremont, p. 187

    L’Ecolâtre eut la complaisance de me montrer sa collection de tableaux, sa petite bibliothèque très bien choisie et son cabinet de curiosité. Messieurs ses frères, chevalier de saint-Louis, se plaisoient à seconder son goût, en lui envoyant toutes les raretés qu’ils pouvoient recueillir dans les différens pays ou destination du corps dans lequel ils servoeint, les transporta. De chez lui, M. L’Ecolâtre me conduisit à la bibliothèque qui appartient au Corps de Messieurs les Chanoines ; elle est fort nombreuse et bien composée. Ces Messieurs ont entre eux une émulation louable pour l’augmenter, par achat de livres nouveaux et estimés.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Vosges, Plan de la maison/bibliothèque du chanoine Andreu, Fond Friry, cote : 6I42.

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 6I42
  • Archives départementales des Vosges, Procès-verbaux de vente des biens nationaux. District de Remiremont, 1791. Cote : 5Q109.

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 5Q109
  • Archives départementales des Vosges, Procès-verbaux de vente des biens nationaux. District de Remiremont, 1792. Cote : 5 Q 110.

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 5 Q 110
  • Archives municipales de Remiremont, notice sur la bibliothèque du chanoine Andreu par M. Richard (bibliothécaire). Cote : Ms 126/1.

    Archives municipales de Remiremont : Ms 126/1
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Noël Lara
Lara Noël (24/07/1997 - )

Stagiaire au SRI de Nancy du 10 février 2020 au 3 avril 2020.


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- Puton Françis - Bouvet Mireille-Bénédicte
Mireille-Bénédicte Bouvet

Conservateur régional à l'Inventaire général Lorraine depuis 1995, Grand Est depuis 2018


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