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synagogue de Nancy

Orgue

Dossier IM54010349 réalisé en 2011

Fiche

Dénominations orgue
Aire d'étude et canton Région Grand Est
Adresse Commune : Nancy
Adresse : 19 boulevard Joffre
Emplacement dans l'édifice Sur la tribune, au-dessus de l'entrée

Des harmoniums sont utilisés en France dans certaines synagogues dès les années 1840 lors des fêtes patriotiques et des mariages. A Nancy un harmonium est installé en 1844, lors de la réouverture de la synagogue, l'introduction de cet instrument ayant été approuvée par le rabbin Salomon Ulmann (1806-1865), peu avant sa nomination à Nancy, dans une lettre envoyée le 10 octobre 1843 au président du consistoire de Nancy dans laquelle il explique qu'il n'y a aucune raison de penser que la musique est interdite dans la synagogue ou que l'orgue est un instrument spécifique aux chrétiens mais insiste en revanche sur le fait que l'instrument ne doit pas être joué par un juif le shabbat et qu'il doit être introduit avec ménagement. Devenu grand rabbin de France, c'est lui qui sera à l'origine en 1856 de la conférence rabbinique ayant officiellement autorisé l'instrument à cette double réserve, au grand scandale du courant orthodoxe. Le premier orgue fixe installé dans une synagogue est celui de la synagogue de la rue Notre-Dame de Nazareth à Paris en 1851, bientôt suivi de celui de la synagogue de rite portugais de la rue Lamartine où il est placé derrière le chœur. A cette date, selon Samuel Cahen, l'instrument n'est utilisé le shabbat qu'à Nancy, Marseille et Lyon (sans que l'auteur précise si c'est un juif ou un non-juif qui tient alors un instrument). En 1861, la synagogue de Nancy, acquiert un orgue Cavaillé-Coll. Cet orgue, présentant 420 tuyaux dont 31 en façades, 42 en bois et 347 en métal sur sommier correspondait selon Christian Lutz et François Ménissier au modèle n° 17 du catalogue Cavaillé-Coll de 1889. Premier orgue fixe installée dans une synagogue de l'Est de la France, il est suivi par celui de Sarreguemines (1866) puis celui de Strasbourg (1869), celui de Metz n'étant pas installé avant 1897. En 1880, les tribunes des femmes étant devenues trop exiguës, l'instrument est reculé contre le mur du fond. Après la 2e guerre mondiale, il est doté d'un bourdon 16 et d'un ventilateur électrique. Détruit lors de la seconde guerre mondiale, il est remplacé en 1948 par un instrument de la maison Roethinger de Strasbourg. En 1973, il est déplacé par la manufacture Haerpfer-Erman du fond vers le milieu de la tribune. Cet instrument n'est plus utilisé aujourd'hui.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle
Principale : 2e quart 20e siècle , daté par source
Dates 1861, daté par source
1948, daté par source
Lieu d'exécution Édifice ou site : Ile-de-France,75,Paris
Lieu d'exécution Commune : Strasbourg
Lieu d'exécution Commune : 57-Boulay
Auteur(s) Auteur : Cavaillé-Coll Aristide, facteur d'orgues
Auteur : Roethinger Edmond-Alexandre, facteur d'orgues
Auteur : maison Haerpfer-Erman,
maison Haerpfer-Erman

La famille Haerpfer est une famille de facteurs d'orgues lorrains. Charles Haerpfer (1835-1909) natif de Nördlingen en Bavière, vint s'établir à Boulay en Lorraine. Il avait travaillé chez des facteurs illustres tels que Steinmeyer, Walcker, Haas, Cavaillé-Coll. Il fonda, avec Nicolas Etienne Dalstein, en 1863, les Ateliers Dalstein-Haerpfer à Boulay. Les orgues de cette manufacture lorraine, d'abord à traction mécanique, furent à traction pneumatique dès 1863. Frédéric Haerpfer (1879-1956), fils de Charles Haerpfer travailla avec la manufacture Weigle. Il fut aussi lié avec Albert Schweitzer.

Au lendemain de la seconde guerre mondiale, le fils de Frédéric, Walter Haerpfer (1909-1975) travailla en association avec le facteur Pierre Erman (1913-1990) : la manufacture devint la Maison Haerpfer et Erman. Elle restaura de nombreux instruments ou en construisit de nouveaux. son activité est particulièrement liée aux dommages de guerre. Frédéric Haerpfer, désigné comme expert, fut chargé d'estimer les pourcentages de destruction, préalable nécessaire aux versements des indemnités.

Pierre Erman cessa ses activités en 1978 et Théo Haerpfer, fils de Walter Haerpfer reprit la manufacture dont les travaux cessèrent à son décès en 1999. Sous cette direction une trentaine d'orgues sont réalisés et plus d'une vingtaine restaurés, principalement sous l'esthétique néoclassique.

La maison Haerpfer-Erman a construit environ 550 instruments construits de 1863 à 1999.


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facteur d'orgues, attribution par source, attribution par travaux historiques

Buffet de série en chêne et dont la façade est dotée d'un fronton figurant les Tables de la Loi et une étoile à 6 branches (Magen David). Tuyaux en zinc. L'instrument porte une plaque en acajou, incrustée de laiton avec la mention "E.A. Roethinger Strasbourg".

Catégories menuiserie, facture d'orgue
Matériaux chêne, taillé
zinc
Iconographies les Tables de la Loi
étoile : David
Précision représentations

Tables de la Loi ; étoile à 6 branches (Magen David)

Inscriptions & marques signature, français, gravé
Précision inscriptions

transcription : "E.A. Roethinger Strasbourg

Précision état de conservation

moyen

AC Nancy 2 M 50, 352 Z 25 ; Archives israélites de France, 1841, p. 646 (1er orgue à Marseille), 1844, p. 377-379, (lettre de Salomon Ulmann au consistoire de Nancy) p. 659, (acquisition orgue à Nancy) p. 796-797 (succès croissant de l'instrument à Nancy), 1851, p. 337-344 (synagogues où orgue utilisé le shabbat) ; Haguenauer (Robert), " L'orgue de Notre synagogue " in Revue juive de Lorraine, n° 86, août 1932, p. 187-195 ; Maison A. Cavaillé-Coll, Orgues de tous modèles, Paris, 1889, p. 32, reprint Berlin 1977 ; Huybens (Gilbert), Aristide Cavaillé-Coll, Liste des travaux exécutés, Orgelbaufachlag Rensch, Lauffen/Neckar, 1985, p. 40 ; Stora (André), " A propos de l'orgue [de la synagogue de Nancy] " in Revue Juive de Lorraine, dec. 1993, p. 21-23 ; Lutz (Christian) et Ménissier (François), " Nancy - synagogue " in Orgues de Lorraine. Meurthe-et-Moselle, Metz : ASSECARM : Ed. Serpenoise, 1990, p. 321-323<import cindoc>Juif-Obj</import cindoc><lot>0201-2</lot><publication MCC></publication MCC>

Statut de la propriété propriété d'une association cultuelle

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives municipales, Nancy : 2M50
  • Archives municipales, Nancy : 352Z24 et 25
  • Maison A. Cavaillé-Coll, Orgues de tous modèles. Paris, 1889, reprint Berlin 1977

    p. 32
Bibliographie
  • HAGUENAUER, Robert. " L'orgue de Notre synagogue ". Revue juive de Lorraine, n° 86, août 1932, p. 187-195

  • HUYBENS, Gilbert). Aristide Cavaillé-Coll, Liste des travaux exécutés, Orgelbaufachlag Rensch. Lauffen/Neckar, 1985

    p. 40
  • STORA, André. " A propos de l'orgue [de la synagogue de Nancy] ". Revue Juive de Lorraine, dec.1993, p. 21-23

  • LUTZ, Christian et MENISSIET, François, Orgues de Lorraine. Meurthe-et-Moselle. Metz : ASSECARM : Ed. Serpenoise,1990

    Nancy - synagogue, p. 321-323
Périodiques
  • 1841, p. 646 (1er orgue à Marseille), 1844, p. 377-379, (lettre de Salomon Ulmann au consistoire de Nancy), p. 659, (acquisition orgue à Nancy) p. 796-797 (succès croissant de l'instrument à Nancy), 1851, p. 337-344 (synagogues où orgue utilisé le shabbat)
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Decomps Claire
Claire Decomps

conservateur en chef du patrimoine, chercheur en Lorraine de 1994 à 2018 puis responsable de la conservation du musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris.


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