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Présentation de la commune de Bainville-aux-Saules

Dossier IA88031998 réalisé en 2020

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'études Dompaire
Adresse Commune : Bainville-aux-Saules

La carte archéologique signale que la commune se trouve sur le tracé de la voie romaine Langres-Strasbourg. L’embranchement d’Escles-Bainville traverse la commune. Des sépultures mérovingiennes semblent avoir été découvertes dans des pierriers sur le coteau de Jean Chatel. Des squelettes et divers objets antiques ont été situés au Haut-de-la-Croix. Un squelette avec un sabre a été signalé au Musée Départemental en 1879. Le toponyme en -villa indique que Bainville est certainement apparu lors de la vague de peuplement entre le VIIe et le IXe siècle ap. J.-C.

Le village de Bainville attesté dès 1327 et son château sont pillés et incendiés en 1634 et 1635 par les troupes françaises et suédoises, seules deux maisons anciennes subsistent (Idoux. Les ravages de la guerre de Trente ans dans les Vosges. 1912).

Bainville fait partie en 1594 du bailliage des Vosges, prévôté de Dompaire et de Valfroicourt, bans d’Uxegney et d’Harol, et à partir de 1751 du bailliage de Darney, coutume de Lorraine. Au spirituel, c’est également une annexe d’Adompt qui appartient au doyenné de Porsas (Poussay), au diocèse de Toul, puis à l’évêché de Saint-Dié.

Bainville est érigé en comté par le duc Léopold le 13 juin 1726, en faveur de Marc-César d’Hoffelize et prend le nom de ce seigneur, jusqu’à la Révolution (Lepage et Charton. 1845).

Bainville est érigé en comté par le duc Léopold le 13 juin 1726, en faveur de Marc-César d’Hoffelize et prend le nom de ce seigneur, jusqu’à la Révolution (Lepage et Charton. 1845). La carte de Cassini (milieu 18e siècle) mentionne ainsi le village comme « Hoffelise ou Bainville ». Elle figure aussi le moulin en amont et un important gibet au sommet de la colline de la Justice.

La population du village passe de 28 habitants en 1710, à 250 habitants en 1793, jusqu’à 347 personnes en 1836, son maximum. Puis elle chute progressivement pendant le siècle et demi suivant en raison de l’exode rural (108 hab. en 1982). Une légère hausse du nombre d’habitants dans la commune est visible ces dernières décennies (137 hab. en 2017).

La monographie communale de 1889 (sources : AD88 - 11T14/23) mentionne qu’au 18e siècle, le centre du village correspondant au lit de L’Eau de la Ville, était humide et couvert de nombreux saules et peupliers. Des travaux d’assainissement sont entrepris pour former une place plantée de tilleuls et d’érables, et une passerelle piétonne en pierre pour relier la rue du Petit Ménil à celle du Pâquis. Cet espace public est dédié au capitaine Grandidier, qui en donna l’idée et les moyens. Il exploitait notamment les carrières du village ; et le linteau de la porte de sa maison est sculpté d’une étoile et de la Légion d’honneur.

Le village bénéficie de sa propre église à partir de 1866. Le Chêne d’environ 400 ans, situé au lieu-dit "La Grande Poirière" est arbre remarquable Classé Monument Historique depuis 1921. Une dizaine de fontaine-lavoir irriguaient le village, dont le celle du Petit Ménil reconstruite en 1829 avec un bassin est hexagonale (cf. IA88030953).

La résidence de Charles-Auguste Liégeois (21 08 1854 – 21 08 1925) est également à relever. Maire de Bainville-aux-Saules de 1896 à 1925, il est avant tout un médecin de campagne dévoué, apprécié pour ses compétences médicales, réputé et décoré. Sa maison de maître, le parc attenant, et une propriété foncière à Repel, sont légués à la commune Bainville-aux-Saules sous conditions d’entretenir la propriété et de recevoir quelques religieuses catholiques, qui prennent notamment en charge le catéchisme jusqu’en 1967.

Bainville-aux-Saules est située sur la rive Est du Madon, affluant de la Moselle. Son territoire s’étend sur 5.61 km², entre 283 m et 382 m d’altitude.

Le village est composé d’habitations implantées de part et d’autre du ruisseau de L’Eau de la Ville, qui forme une large zone inondable traversée par plusieurs ponts, et où se trouvait un kiosque. Au nord, les anciennes fermes sont regroupés près de l’ancien Château, dont seul le puits semble subsister. Au sud du cours d’eau, les constructions mitoyennes s’alignement le long de la rue qui mène à la Grande Route de communication n°7 de Bulgnéville à Dompaire (R.D. n°165). Quelques habitations sont alignées plus au sud de celle-ci, suite à la rectification du tracé de la route, non loin de la propriété du Docteur Liégeois. Un autre quartier s’étend à l’ouest, de l’autre côté de l’Eglise et de la Mairie. Chaque usoir est généralement cadastré au profit de la ferme attenante. Un ancien moulin se trouve en amont du village et l’Huilerie est isolée sur ruisseau Le Mêle Dansuron.

Les exploitations agricoles contemporaines (production de lait, de viande et de céréales) ont implanté leurs grands hangars à l’arrière d’anciens bâtiments en périphérie Est. Celui d’une société de transport est installée en périphérie Sud. La vallée de L’Eau de la Ville et du Ruisseau du Poncé sont propices au pâturage. Ainsi le territoire est aujourd’hui principalement composé de prairies, complétées par des terrains en hauteur mis en culture de blé ou de maïs, ainsi que quelques parcelles d’orge et de pois (sources : Registre parcellaire graphique 2018 – IGN). Suite au remembrement de 1985, les vergers et les murgers qui entouraient les jardins sur le coteau dominant le village, ont pratiquement tous disparu. Des parcelles en bordure du Madon initialement en herbe ont aussi été labourées.

Le Bois Banni est situé en bordure Nord du ban communal, tandis que le Bois du Rouan s’étend au Sud. Le Frécul Bois s’est aussi développé en droite de la R.D. n°165 et quelques taillis sur le coteau Les Arbures correspondent à des pierriers enfrichés. Le Grand Chêne champêtre, vieux de plus de 500 ans et de 6 mètres de circonférence, est également à signaler au-dessus du village (rue du château).

La commune a fait l’objet d’un traitement de l’architecture rurale à travers une étude thématique en 2020, qui a repéré 37 bâtiments et en a étudié 7.

Références documentaires

Documents d'archives
  • La communauté de Bainville-aux-Saules avant 1789. (1889) Anonyme

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T14/23
Bibliographie
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Idoux, M.-C. Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges : 2e fascicule. Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1912, p. 1-234

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Michler, Mathieu. Les Vosges 88 . Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2004. - 426 p. : ill., croquis, plans, cartes ; 30 cm. (Carte archéologique)

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Jacopin, Rachel. Paysages et pratiques des agriculteurs dans le Sud du Plateau Lorrain : logiques d'organisation et effets sur l'environnement, sous la direction de Jean-Pierre Husson. Thèse de doctorat Géographie. Université Nancy II. 2011. Consulté en ligne le 30 04 2020 : https://udl.primo.exlibrisgroup.com/discovery/fulldisplay?docid=alma991010019359705596&context=L&vid=33UDL_INST:UDL&lang=fr&search_scope=MyInst_and_CI&adaptor=Local%20Search%20Engine&tab=Everything&query=any,contains,madon%20jacopin&mode=basic

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