Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

Présentation de la commune de Begnécourt

Dossier IA88031999 réalisé en 2020

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'études Dompaire
Adresse Commune : Begnécourt

La carte archéologique signale que la commune se trouve sur un prolongement de la voie romaine Langres-Strasbourg, qui passe par Le Pransureux et Haut du Mont. Une nécropole mérovingienne est attestée dans le Bois Le Tombouchau (Les Auchottes). Le toponyme en -court indiquant que Begnécourt s’est certainement développé lors de la vague de peuplement entre le 7e et le 9e siècle ap. J.-C.

Begnécourt est attesté dès 1289, et fait partie en 1594 du bailliage des Vosges, prévôté de Dompaire et de Valfroicourt, ban de Girancourt, et à partir de 1637, du marquisat de Ville-sur-Illon, puis de 1751 du bailliage de Darney, coutume de Lorraine. Au spirituel, Begnécourt est également une annexe d’Adompt qui appartient au doyenné de Porsas (Poussay), au diocèse de Toul, puis à l’évêché de Saint-Dié.

Le village a beaucoup souffert lors de la guerre de Trente ans et de l’épidémie de peste des années 1630 (Idoux. Les ravages de la guerre de Trente ans dans les Vosges.1912). Seules trois maisons échappèrent à l’incendie (AD88- 11T15/35). Le village ne compte que 28 habitants en 1710 (Lepage et Charton. 1845).

Les actes d’état civil mentionnent aux 16e et 17e siècles la présence de la famille seigneuriale des Gennetaire, seigneurs de Begnécourt et d’Adompt, résidente au château d’Adompt. Elle disparait vers 1720 et ses biens passent au marquis de Ville-sur-Illon (AD88- 11T15/35). Au moment de la Révolution, la haute justice appartenait donc au duc de Lorraine, la moyenne et la basse justice aux seigneurs de Ville-sur-Illon et Adompt. L’église et la maison de cure sont à Adompt.

Le Moulin d’Heucheloup est mentionné dès 1289, et appartenait, sous l’ancien régime au marquis de Ville-sur-Illon. Vendu comme Bien National en 1795, le moulin est toujours en activité aujourd’hui (Chossenot Daniel, Les moulins du canton de Dompaire, XVIIIe et XIXe siècles. JEV 2011). Non loin, la source d’eau minérale d’Heucheloup est étudiée en 1760 ou 1763, possède des propriétés proches de celle de Contrexeville. Elle est ainsi embouteillée à Hymont-Mattaincourt au 19e siècle, et quelques villas s’installent à côté (Chalet des Aunelles, Chalet d'Heucheloup…).

Jusqu’en 1847, Adompt payait sa contribution foncière à Begnécourt, et les ¾ des propriétés bâties faisaient partie de la communauté de Gelvécourt. Begnécourt abandonne ses droits sur Adompt en échange d’une portion de forêt, en vertu de l’ordonnance royale du 14 janvier 1847 (AD88- 11T15/35 ; 11T 20/140).

Le village de 224 habitants en 1793, se développe jusqu’à 364 personnes en 1836, son maximum. Puis, cette population chute progressivement pendant le siècle et demi suivant en raison de l’exode rural (120 hab. en 1982). La hausse assez importante du nombre de personnes dans la commune ces dernières décennies suite à la création de lotissements (171 hab. en 2013), tend à s’inverser (157 hab. en 2017).

Le territoire de Begnécourt s’étend sur 4.57 km², entre 283 m et 366 m d’altitude. Il est délimité à l’Est par le Madon, affluant de la Moselle et au nord par le Peut Rupt. L’Illon, un autre affluant du Madon, traverse le ban dans la partie Sud.

Le village est placé au pied d’un coteau, hors de la zone inondable de l’Illon. Les anciennes fermes sont mitoyennes et alignées le long de la Grande Rue, sous forme de village-rue, située sur l’ancienne voie reliant Vesoul à Metz, au 18e siècle. Des habitations ont aussi été établies le long de la route principale se dirigeant vers Ville-sur-Illon qui passent perpendiculairement. La mairie-école est implantée sur la place formée à leur intersection, où se trouvent aussi les plus anciennes constructions, le calvaire et une fontaine circulaire (en cours de travaux). Il n’y a pas de lieu de culte, le village dépendant de la cure d’Adompt.

Des ruelles complexifient l’organisation du village : la rue du Bois des Meix monte sur le coteau dominant le village ; la Petite Rue s’est développée parallèlement à la Grande Rue, orienté nord-sud ; un autre chemin d’exploitation a été tracé à l’Est pour desservir l’arrière des fermes de la rue principale. Les usoirs sont généralement cadastrés au profit du propriétaire privé, sauf dans la rue du Bois des Meix. Le cimetière est isolé à proximité d’Adompt à partir de 1855, et deux fermes (détruites) se trouvaient près du Pont de la Pèche.

Le Moulin d’Heucheloup et le Chalet des Aunelles (Villa de l'architecte François Clasquin établie en 1896) sont situés sur la route de Mirecourt à proximité des sources dont les vertus sont indiquées pour le traitement des voies, du foie et l’arthritisme. Les Eaux Minérales d’Heucheloup était amenée par une conduite en porcelaine émaillée sur 9 km jusqu’au parc de Bonzan à Hymont-Mattaincourt, pour y être embouteillée.

Une exploitation agricole contemporaine est isolée à 1.5 km au Nord-Est du village, près de la Fontaine de Bayeux, et un entrepôt de la Coopérative Agricole de Lorraine est construit le long de la R.D. n°40. La vallée de L’Illon est propice au pâturage. Ainsi le territoire est aujourd’hui principalement composé de prairies, complétées par des terrains mis en culture de maïs, de blé ou de colza située sur les hauteurs dans la partie Nord (sources : Registre parcellaire graphique 2018 – IGN). Quelques arbres fruits persistent sur le coteau dominant le village qui était occupé en verger et vigne.

L’extrémité Nord-Est du ban communal est couverte de forêt appelée Les Aulnes, correspondant à une part du Grand Bois. Le Bois le Tombouchau est à proximité du Moulin d’Heucheloup. Quelques taillis épars se répartissent sur l’ensemble du territoire, correspondant généralement à des pierriers enfrichés.

La route entre Dompaire et Bulgnéville qui passait antérieurement dans le village, a été modifiée pour le contourner par le sud (R.D. 165).

La commune a fait l’objet d’un traitement de l’architecture rurale à travers une étude thématique en 2020, qui a repéré 26 bâtiments et en a étudié 3.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Marque. Notice sur la commune de Begnécourt avant 1789 et après. (1889)

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T15/35
Bibliographie
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Idoux, M.-C. Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges : 2e fascicule. Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1912, p. 1-234

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Michler, Mathieu. Les Vosges 88 . Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2004. - 426 p. : ill., croquis, plans, cartes ; 30 cm. (Carte archéologique)

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Chossenot Daniel, Les moulins du canton de Dompaire, XVIIIe et XIXe siècles. In Actes des 13eme Journées d'Etudes Vosgiennes.14, 15, et 16 octobre 2011. Imprimerie Thorax. Nancy. 2012.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général ; (c) Conseil départemental des Vosges - Varvenne Vanessa