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Présentation de la commune de Dompaire

Dossier IA88031889 réalisé en 2019

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Dompaire
Adresse Commune : Dompaire

La carte archéologique mentionne la présence d’une nécropole gauloise au lieu-dit Bennevise et des habitations mérovingiennes aux lieux-dits Rehaucourt et Le Vert Chêne. Des prospections aériennes ont identifié des doubles fossés, des cercles et un ancien chemin au lieu-dit Les Culs Pesants.

Dompaire est attesté dès 1065 (Larose, Dompaire. Notes historiques. 1935), se développe à partir de l’installation des seigneurs au 12e siècle, et devient un centre politique, juridique et économique important au début du 13e siècle, au détriment de Laviéville qui est la paroisse mère. Protégé par une enceinte, le bourg médiéval de Dompaire abrite notamment un château, un four, deux moulins (farine et huile) des halles et une église. Deux foires annuelles à Dompaire permettent d’alimenté le commerce local au 15e siècle. (Mallet, Nicolas. Dompaire, un bourg castral au Moyen-Age. JEV 2011). C’est le chef-lieu de prévôté (bailliage des Vosges), qui comprenait 28 villages, dont 9 bans : Escles, Uxegney, Bouxières, Avillers, Vomécourt, Ahéville, Tatignécourt, Hagécourt et Madonne, et 9 arrière bans : Harol, Gorhey, Girancourt, Hennecourt, Derbamont, Bettegney, Begnécourt, Legéville et les Ableuvenettes. Place forte médiévale, la forteresse de Dompaire est incendiée par les armées bourguignonnes de Charles le Téméraires en 1475. (Lepage et charton. 1845). La Chapelle Notre-Dame-de-la-Porte serait établie pour protéger la statue de la Vierge érigée en remerciement du retour de la paix après le pillage de la ville par les bourguignons.

Régulièrement entretenues par la suite, les fortifications sont toutefois proches de la ruine au 17e siècle, n’offrant pas de résistance pendant la guerre de Trente Ans. Dompaire est à nouveau pillé et subit l’épidémie de peste comme les villages alentours dans les années 1630. Le village de La Rue-Devant-Dompaire, mentionné en 1594 comme de la paroisse de La Viéville est alors complètement détruit. Du hameau de Chenimont en aval de Naglaincourt, il ne reste plus qu’une ferme (Idoux. Les ravages de la guerre de Trente ans dans les Vosges.1912). La commune de Dompaire ne compte que 83 habitants en 1710 (Lepage et Charton. 1845).

La « carte topographique et plan de la reconnaissance des murs, fossés, étangs et dépendance de la ville de Dompaire » dressé en 1753 (AD54 – B 11702), ne montre que deux tours et quelques fragments de remparts, et l’emplacement probable du château.

La population du village se développe ensuite rapidement, passant de 589 personnes en 1793, à un maximum de 1642 habitants en 1846. Puis cette population chute progressivement pendant le siècle et demi suivant en raison de l’exode rural (881 habitants en 1982), hormis une petite augmentation lors des Trente Glorieuses. Depuis les années 2000, la ville bénéficie d’une attractivité qui lui permet d’atteindre 1152 habitants en 2014.

Écarts et hameaux :

Ces fiefs de Chenimont et de Craincourt, ainsi que Naglaincourt et le Val d’en Bas ont appartenu à la communauté de Madonne, jusque vers 1790-1794 lorsqu’ils sont rattachés à Laviéville, puis à Dompaire suite à l’ordonnance du 6 mai 1836, sur demande des habitants. Chenimont était autrefois assez important, et comprenait plusieurs bâtiments dont une chapelle, en grande partie détruite lors de la guerre de Trente Ans. Craincourt sur le territoire de Lavieville, est érigé en fief par le duc de Lorraine François III, en 1736, avec le droit de troupeau à part, de colombier et de chasse.

L’Ermitage de Notre-Dame de Consolation, est fondé en 1682 par Urbain Perrin, consacrée en 1684. Il adhère à l’ordre des ermites de saint Jean-Baptiste, s’y retire, et en fait don à la cure de Dompaire le 1er mai 1710, en engagement de son vœu de pauvreté. Vendu comme Bien National en 1791, le bâtiment est entièrement restauré à la fin du 19e siècle. (Claudel, Jean-Paul. L’ermitage Notre-Dame de Consolation de Laviéville-Dompaire. La revue Lorraine Populaire, n°190, juin 2006).

Dompaire est donc une annexe de Laviéville, qui fait partie du doyenné de Jorxey, du diocèse de Toul puis de l’évêché de Saint-Dié jusqu’en 1790. (Lepage et charton. 1845). L’église saint Jean-Baptiste de Laviéville (CMH 25/11/1943) édifié dans la seconde moitié du 12e siècle et modifiée au 16e siècle. (Claudel, Jean-Paul. Église Saint-Jean-Baptiste de la Viéville. La revue Lorrraine Populaire, n°129, avril 1996.) Tandis que l’église Saint-Nicolas de Dompaire est édifiée en 1840 en remplacement de celle construite en 1524, visible sur le plan de Dompaire dressé en 1753 (AD54 – B 11702).

Le ban de Dompaire appartenait à l’abbesse de Remiremont qui partageait l’administration de haute, moyenne et basse justice avec la dame sonrière et le chancelier de son église, conjointement avec le Duc de Lorraine. Le roi était seigneur haut justicier de cette ville, siège de la municipalité de police entre 1771 et 1782, puis le prévôt royal est rétabli en sa qualité de juge et de chef de la police. L’abbaye de Senones y possédait aussi des biens considérables dès le XIIe siècle, mais les abbayes et couvents ne possédaient plus de propriétés en 1789 (AD88- 11T19/111_1 - Dompaire. Notice historique. 1888. Thiriet).

Activités et développement urbain

Des foires et marchés sont attestées à Dompaire dès 1103 et 1124, et la ville se dote de halles. Situé sur la route royale N°66 de Bar-le-Duc à Bâle en passant par Epinal et Mirecourt, c’est un bourg agricole qui bénéficie du commerce de grains, de vins et de dentelles. (Lepage et charton. 1845).Cette route traversait initialement Laviéville, et est déplacée en contre-bas des habitations et pour améliorer la sécurité dans le village (actuelle RN n°66) entre 1724 et 1784. L’octroi est établi Dompaire par lettres patentes du 13 décembre 1717.

L’hôtel de ville et les halles ont été établies en 1777, à l’emplacement de la maison incendiée de Mademoiselle Bietach de Bouzemont. Les prisons de Dompaire ont été reconstruite en 1783. La mairie actuelle est construite en 1822 en même temps que des écoles de garçons et de filles. L’école de Laviéville date de 1835. (Léon Louis, Paul Chevreux. Département des Vosges. Vol. I, Communes de A à I - Département des Vosges Dictionnaire des communes, hameaux, écarts, fermes. 1889) Le nouveau cimetière est aménagé à partir de 1879 selon les plans de l’architecte Mangin. (Fédération des ainés ruraux. Dompaire raconte ses cimetières. 1995). Au 19e siècle, une bascule est installée à coté de la Croix de 1522 (IMH) et de l’Eglise saint-Nicolas, ainsi qu’un abattoir près du moulin du Saulcy.

L’exploitation de la vigne est progressivement abandonnée suite à de faibles débouchés et aux crises du mildiou et du phylloxera vers 1900. Les pratiques de la vaine pâture et de l’assolement triennal sont encore en vigueur dans la commune au milieu du 20e siècle (sources orales). Les affouages sont encore pratiqués.

Dans le cadre de la bataille de char de Dompaire, une partie du centre bourg (près de l’Eglise Saint-Nicolas) est détruite est détruit en septembre 1944.

Avant l’installation du système d’adduction d’eau vers 1950 avec un château d’eau près du cimetière, le village est alimenté par un ensemble de puits, de fontaines et de lavoirs, dont le lavoir de Baxon, près de l’huilerie qui date de 1809 et est rénové en 1881.

La voie de chemin de fer Epinal-Neufchâteau qui contourne Dompaire est active entre 1878 et 1989 (fermeture partielle de la ligne). Elle a favorisé le dynamisme commercial et l’industriel de la ville, complété par la création de la R.D. n°166 à partir de 1997. Quelques usines importantes ont marqué l’histoire de la ville, notamment les établissements de tissage Haffner (entre 1925-1960), les établissements de fabrication de brosses et balai Pierrot (fondé en 1886) …

Dompaire est situé dans la vallée de la Gitte, un affluant du Madon, à l’intersection des routes entre Epinal, Mirecourt et Bulgnéville. Son territoire s’étend sur 16.63 km², entre 278 m et 387 m d’altitude.

Il est composé de plusieurs villages indépendants (cf. Carte de Cassini), qui ont été reliés au fil du temps et des regroupements administratifs. Le bourg de Dompaire, anciennement fortifié, est composé d’habitations mitoyennes densément alignées le long de deux rues (Rue Charles Gérôme et Rue derrière les Halles), formant un ilot central, caractéristiques des sites en éperon. L’ancien château se trouve à la jonction avec la place de l’Église, réaménagée à l’issue de la seconde guerre mondiale. L’ensemble est encadré par deux canaux, celui du moulin à l’Est et celui du ruisseau de Gidevenet à l’Ouest. Ce quartier regroupe les activités administratives, commerciales, religieuses et les professions libérales (mairie, perception, poste, gendarmerie, ancienne prison, église, presbytère, chapelle Notre-Dame de la Porte, croix IMH…). Des habitations ont été ajoutées en dehors du tracé de l’ancien rempart au sud, le long de la route allant vers Epinal, en passant par Lamerey. Des activités industrielles se sont développées à proximité de la Gitte (brasserie, huilerie, moulin, puis usine de balais Pierrot - actuellement centre de santé -).

Les rues Carnot, Division Leclerc et Saint-Jacques prennent la forme de villages-rue avec des anciennes fermes mitoyennes, plus modestes que dans le bourg. Un quartier de maisons de manouvriers s’est aussi implanté sur le coteau au nord de la Gitte dans le quartier du Val d’en Bas.

La route d’Epinal à Mirecourt traversant Dompaire et La Viéville a été commencée en 1724 et n’a été achevée qu’en 1784. La route actuelle RN n°66 de Bar-le-Duc à Bâle passe en plaine sous le village et non au centre sur la colline comme à l’origine, pour améliorer la sécurité.

Le village de Laviéville est composé de grosses fermes non mitoyennes, groupées autour de l’Église Saint-Jean-Baptiste (CMH) en village-tas à la structure lâche. Le cimetière, initialement autour de l’Église, a été déplacé et isolé sur la route de Lamerey. Le hameau de La Rue-Devant-Dompaire disparu lors de la Guerre de Trente Ans, était probablement situé non loin de l’ancien Ermitage. Naglaincourt est constitué d’anciennes fermes mitoyennes placées sur un point de passage de la rivière menant vers le hameau de Chenimont (détruit), qui est encore matérialisé par une exploitation agricole.

Les usoirs communaux à usage privé ne sont généralement pas cadastrés, sauf à Naglaincourt et autour de l’Eglise de Laviéville, où ils sont bornés au profit de la ferme attenante. Les constructions se sont développées aux fils des siècles autour des noyaux villageois, les reliant entre eux progressivement. Les habitations les plus récentes sont établies en périphérie nord au-delà de l’école et du collège, et au sud à proximité de l’Ermitage et de l’ancienne voie de chemin de fer entre Epinal-Neufchâteau. Celle-ci contourne la ville par le sud-ouest, et a permis le développement de plusieurs usines (établissements de tissage Haffner…) non loin de la gare. Suite à la fermeture de la ligne, d’autres activités se sont implantées à la place, formant un nouveau quartier alliant locaux commerciaux et industriels, habitations et services publics (casernes des pompiers, terrains de sports, salle polyvalente, maison de retraite…). Le tracé de la R.D. n°166 constitue une délimitation au sud et à l’ouest de la ville.

Les exploitations agricoles contemporaines ont élevé leurs grands hangars en dehors de l’agglomération (lieux-dits Chenimont, Collignon, à l’Ouest de Naglaincourt, et de Laviéville). Le territoire de Dompaire est en grande partie exploitée en prairie, les vallées de la Gitte et de ses affluents étant propices au pâturage. Les terrains situés plus en hauteur sont mis en culture de blé, de maïs, d’orge, de colza, et ainsi que de seigle et du tournesol (sources : Registre parcellaire graphique 2018 – IGN). Les vergers sur les coteaux dominant le bourg ont quasiment tous disparu. Le Grand Bois est situé en bordure Ouest du ban communal, tandis que les Bois La Dame, La Choueure, Mirombois et Le Bouchot s’étendent au Nord. Le Bois de Nove, Le Chanot et quelques taillis sont inclus au milieu des cultures dans la partie sud du territoire.

La commune a fait l’objet d’un traitement de l’architecture rurale à travers une étude thématique en 2019, qui a repéré 73 bâtiments et en a étudié 11.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Thirier. Dompaire. Notice historique. (1888)

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T19/111
Documents figurés
  • Plan cadastral napoléonien de Dompaire (1841)

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 3P5091
Bibliographie
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Léon Louis, Paul Chevreux. Département des Vosges. Vol. I, Communes de A à I - Département des Vosges. Dictionnaire des communes, hameaux, écarts, fermes. 1889.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Idoux, M.-C. Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges : 2e fascicule. Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1912, p. 1-234

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Capitaine Larose, Dompaire. Notes historiques. Imprimerie Coopérative, Rue A. Briand. Epinal. 1935. Date de mise en ligne le 10/03/2020 : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33605970/f2.image

    Bibliothèque Nationale de France : 8-LK7-46988
  • Claudel, Jean-Paul. Eglise Saint-Jean-Baptiste de la Viéville. La revue Lorraine Populaire, n°129, avril 1996

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Thomas, Jean-François. Histoire géologique d’un village de la Plaine des Vosges. Dompaire et sa région, Epinal, 79 p, 2005.

  • Claudel, Jean-Paul. L’ermitage Notre-Dame de Consolation de Laviéville-Dompaire. La revue Lorraine Populaire, n°190, juin 2006

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Mallet, Nicolas. Dompaire, un bourg castral au Moyen-Age. In Actes des 13eme Journées d'Etudes Vosgiennes.14, 15, et 16 octobre 2011. Imprimerie Thorax. Nancy. 2012.

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