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Présentation de la commune de Domrémy-la-Pucelle

Dossier IA88030061 réalisé en 2010

Fiche

Á rapprocher de

Œuvres contenues

Aires d'études Coussey
Adresse Commune : Domrémy-la-Pucelle

Les premières mentions de Domremy apparaissent à l'époque carolingienne dans les sources foncières des grands établissements religieux qui y possèdent quelques terres (abbaye Saint-Remi de Reims, prieuré Saint-Pierre de Châtenois). Le village est probablement né à la suite des défrichements monastiques au VIIIe siècle. En 1397, un dénombrement est réalisé par Jean II de Bourlémont indiquant que la localité comptait trente-cinq foyers de cultivateurs pratiquant l'élevage et cultivant les céréales (froment et avoine) et la vigne. Le village comprenait également un four banal et une maison forte. Le seigneur du village est, dès le XIIe siècle, le comte de Bourlémont qui possédait dans le village un château, appelé "Château de l'Isle" situé sur l'île Nautroppe sur le cours de la Meuse.

A l'époque de Jeanne d'Arc, le village se situe dans les confins du royaume de France, entre le royaume de France et l'Empire germanique, dans le Barrois mouvant, partie du duché de Bar pour laquelle le duc doit prêter hommage au Roi de France en vertu du traité de Bruges (1301). La paroisse de Domremy et Greux fait partie du diocèse de Toul, donc de l'archevêché de Trêves. La frontière passait à l'intérieure du village, le ruisseau des Trois-Fontaines délimitait deux obédiences féodales : le fief des seigneurs de Bourlémont comprenant l'église, le château et les maisons se situant au sud du ruisseau, et le fief de l'abbaye prémontré de Mureau au nord, appartenant au domaine royal. Le village de Domremy prend le nom de Domremy-la-Pucelle au milieu du XVIe siècle.

L’activité touristique se développe et s’amplifie du XIXe siècle aux années 1970, période marquant le début du déclin. De nombreuses infrastructures se développent structurant le village. A partir du XIXe siècle, le village de Domremy a connu trois grandes périodes de travaux qui ont refaçonné le village :-

- Entre 1818 et 1820 : restauration et valorisation de la maison natale de Jeanne d'Arc, construction d'un monument commémoratif, déplacement de l'église Saint-Remy.

- Reconstruction d’après-guerre (1955-1956) : travaux menés à l'occasion du cinquième centenaire de la réhabilitation de Jeanne d'Arc : restructuration du musée par l'historien Pierre Marot (1900-1992), restauration de l'église Saint-Remy, déplacement du monument Mercié.

- Début du XXIe siècle : réorganisation du centre du village suite à la création du centre d'interprétation "Visages de Jehanne", ouvert en 1999.

Depuis 2011, la commune a engagé de nouveaux travaux d'urbanisme et d'aménagement visant à redonner au village sa dimension paysagère et rurale : création d'un jardin autour de la maison de Jeanne d'arc (réalisé en 2012), remplacement du parking goudronné jouxtant la maison natale par un vaste parc liant la maison aux rives de la Meuse (projet), déplacement des statues afin de les remettre à leur emplacement initial (projet).

Le paysage si caractéristique de Domrémy-la-Pucelle est lié à sa situation particulière dans la haute vallée de la Meuse, entre Neufchâteau et Vaucouleurs, couramment appelé le pays de Jeanne d'Arc. Inscrit dans le relief de cuesta des côtes de Meuse, formant le pourtour extérieur du bassin parisien, Domrémy-la-Pucelle occupe un site d'entonnoir de percée cataclinale où la Meuse, qui fait à Maxey-sur-Meuse sa confluence avec le Vair, traverse le front de côte pour couler à l'ouest du talus. La plaine argilo-limoneuse accueillant la vallée des deux cours d'eau est dominée des deux côtés par le relief calcaire des côtes de Meuse : à l'ouest, la côte du Bois-Chenu et à l'est la butte-témoin de Moncel-sur-Vair.

Le village de Domremy-la-Pucelle est de type village-rue. La population est majoritairement agricole et l’habitat, ancien, est le reflet de cette activité. D’après la carte des Naudin (1728-1739), l’habitat était disposé en arc-de-cercle de la rue de l’Isle à la rue du Moulin (actuelle rue de la Basilique), épousant la courbe de la Meuse. Le noyau central était situé autour de l’église paroissiale. La partie la plus ancienne du village se situe entre le triangle formé par la rue de la Basilique (AB 69), l’extrémité de la rue de l’Isle et la rue des Roises (AB164). La zone se situant autour de l’église peut être divisé en deux cercles. Le premier cercle était constitué de la maison natale de Jeanne d’Arc et d’un ensemble de maisons entourant l’enceinte du cimetière et de l’église. Le deuxième cercle a été complètement modifié avec la construction du centre d’interprétation. Des éléments d’architecture caractéristique du 18ème siècle sont encore visibles dans ce secteur. La rue des Roises est déjà un axe loti sur la carte des Naudin mais a été modifié au 19ème siècle. Deux pavillons ont été construits au 20e siècle au niveau de la place de la Fontaine. L’extérieur de la rue se développe avec l’implantation du pensionnat.

La rue Principale se développe entre 1824 et 1890 suite aux importants travaux réalisés sur la grande route pour améliorer les conditions de circulation et au développement du tourisme. Le ruisseau des Trois-Fontaines a été détourné vers l’est et le sud de façon à couler le long de la maison natale de Jeanne d’Arc. Ces travaux ont contribué à couper de l’axe principal de circulation le quartier du moulin et à dégrader les bâtiments se situant le long du nouveau parcours du ruisseau. Le tracé de la grande route est revu et modifié. Le pont en bois se situant à l’extrémité de la rue de l’Isle est remplacé par un pont en pierre jeté sur la Meuse et se situant dans le prolongement de la rue Principale. La rue de l’Isle devient alors une voie secondaire sans issue et l’habitat reste figé sur son emprise attestée par le cadastre de 1824. Parallèlement à l’habitat traditionnel, l’habitat se diversifie, à partir du 19ème siècle, avec l’apparition de résidences non agricoles (auberges, villas, magasins de souvenir, restaurants, hôtels) pour accueillir une population saisonnière. L’affluence de cette nouvelle population impacte également les villages avoisinants (Greux et Coussey).

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives départementales des Vosges, Épinal : 10N23
  • Archives départmentales des Vosges : 3P509/4
  • Plan 3
  • Archives départementales des Vosges, Épinal
Bibliographie
  • Domremy-la-Pucelle (Lorraine, Vosges). Histoire et patrimoine / réd. Magali Delavenne. Epinal : Conseil général des Vosges, 2013. 76 p., ill., plans.

    p.66-67 Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : C DOM
  • Domremy-la-Pucelle (Lorraine, Vosges). Histoire et patrimoine / réd. Magali Delavenne. Epinal : Conseil général des Vosges, 2013. 76 p., ill., plans.

    p.6-15 Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy : C DOM
  • Étude historique et géographique sur Domremy. Pays de Jeanne d'Arc / réd. Jean-Charles Chapellier. Saint-Dié: Impr. Humbert, 1890. 49p.: plans; In octavo.

    p. 327-373 Archives départementales des Vosges, Épinal : BR3400
(c) Région Grand-Est - Inventaire général ; (c) Conseil départemental des Vosges - DELAVENNE Magali - TAUREAU Nadège