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Présentation de la commune de Gelvécourt-et-Adompt

Dossier IA88032000 réalisé en 2020

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'études Dompaire
Adresse Commune : Gelvécourt-et-Adompt

La carte archéologique signale qu’un site à tegulae a été découvert en 1879 au lieu-dit Marembois, et un autre est signalé en 1889 à 500 m au sud-est de la commune. A 1500 m au sud-est d’Adompt, des débris de constructions et des ossements semblent antérieurs au 17e siècle (AD88 – 11T20/140).

Le toponyme en -court indique que Gelvécourt est certainement apparu lors de la vague de peuplement entre le 7e et le 9e siècle ap. J.-C.. Adompt est mentionné à partir 1305, mais l’église paroissiale saint Martin (IMH : 03/03/1926) et la maison forte (IA88031980) remontent au XIIe siècle.

Le ban d’Adompt, s’étendant sur Gelvécourt et Begnécourt, faisait partie en 1594 du bailliage de Girancourt, bailliage des Vosges, prévôté de Dompaire et de Valfroicourt, et à partir de 1751 du bailliage et maîtrise de Darney, coutume de Lorraine. Au spirituel, Adompt était le chef-lieu d’une paroisse comprenant aussi Gelvécourt, Bainville, Bégnécourt et la basse-cour de Bonfays. Il appartenait au doyenné de Porsas (Poussay), au diocèse de Toul, puis à l’évêché de Saint-Dié, et dépendait du Chapitre de Remiremont (Lepage et Charton. 1845).

Gelvécourt-et-Adompt beaucoup souffert lors de la guerre de Trente ans, des suédois et des soldats du Vicomte de Turenne (11T20/140). Puis l’épidémie de peste en 1636 laisse Adompt sans habitants (Idoux. Les ravages de la guerre de Trente ans dans les Vosges.1912). Le village ne compte que 28 habitants en 1710 (Lepage et Charton. 1845).

La seigneurie s’étendant sur Adompt, Begnécourt et une partie de Pulligny appartient à la famille Gennetaire d’environ 1600 à 1720, période à laquelle les propriétés passent au marquis de Ville-sur-Illon. Elles sont ensuite vendues comme Bien National (dont la ferme attenant au château) en mars 1790 au fermier du marquis (AD88 – 11T20/140).

A cette période, l’abbé Jean-Antoine Maudru, né à Adompt (1742 – 1820) est évêque constitutionnel des Vosges de 1791 à 1802. (AD88- 11T15/35).

Lors de l’établissement des communes, les ¾ des propriétés bâties d’Adompt font partie de la communauté de Gelvécourt, la partie ouest dépend de Begnécourt, à qui elle paie sa contribution foncière jusqu’en 1847. Begnécourt abandonne ses droits sur Adompt en échange d’une portion de forêt, en vertu de l’Ordonnance Royale du 14 janvier 1847 (AD88- 11T15/35 ; 11T 20/140). La commune est dénommée Gelvécourt-et-Adompt à partir de 1961.

La population du village passe de 144 habitants en 1793, jusqu’à 267 personnes en 1846, son maximum. Puis, elle chute progressivement pendant le siècle et demi suivant en raison de l’exode rural (77 hab. en 1982). Le nombre de personnes dans la commune tend à s’accroître ces dernières décennies (110 hab. en 2017).

Au milieu du 19e siècle, il existe une carrière de grès sur le territoire d’Adompt, ainsi que la tuilerie Maudru, qui produit des tuiles renommées pour la qualité de la terre employée, leur dimension (56cmx21cm) et leur bonne cuisson. Augmentées par celles de deux autres tuileries, les productions annuels s’élèvent à 350 à 400 000 pièces, et fournissent à la presque totalité de la consommation du canton de Vittel et une partie de ceux de Mirecourt et de Dompaire. (Lepage et Charton. 1845). La tuilerie de Constant Blot, puis son fils Lucien, est en activité jusque vers 1906-10 (AD88-6M748).

Avant l’installation du système d’adduction d’eau vers 1976, le village est alimenté par un ensemble de puits, des fontaines et des lavoirs dans chaque hameau.La présence de la Villa Robert Mathis construit en 1891 à Adompt, et du Chalet de Belle-vue, (Grandgeorge) de 1905, est également à remarquer.

Le territoire de Gelvécourt-et-Adompt s’étend sur 3.94 km², entre 289 m et 318 m d’altitude. Il est composé de deux hameaux de part et d’autre de L’Illon, un affluent du Madon.

Adompt, situé dans un méandre au sud de la rivière, est constitué d’habitations regroupées en village-tas autour de l’église et de l’ancienne Maison Forte (IA88031980). Autour, se sont progressivement implantés, le presbytère, la mairie-école (dans l'ancien presbytère), la tuilerie (détruite), et la Villa Mathis, dont la famille de notables originaire d’Adompt depuis au moins le milieu du 18e siècle (cf. Grivel. JEV 2011. page 481). Le cimetière initialement établi autour de l’église a été déplacée et partagé avec Begnécourt.

Gelvécourt est implantée sur la rive droite de l’Illon à la jonction du Ruisseau de Prêle, et prend la forme d’un village-rue s’étirant le long de la Grande Rue. Deux anciennes fermes isolées ont aussi été construites entre les deux hameaux, sur la R.D. n°4, au lieu-dit Le Champy. Des croix se dressent au carrefour entre les deux hameaux (R.D.n°4 / R.D.n°4e), rue du Village et à l’extrémité nord du chemin du Haut du Chêne. Le monument aux morts a été installé près de l’église, et un édicule bordant la rue principale de Gelvécourt commémore l’assassinat du Capitaine de Crouson (2e DB) le 12 09 1944.

Les hameaux possèdent une structure lâche, avec des bâtiments rarement mitoyens, notamment en raison de la disparition d’un grand nombre d’anciennes fermes. Chaque usoir est généralement cadastré au profit de la ferme attenante. Les pavillons récents ont été construites en périphérie : Le Champy, quartier de l’ancienne tuilerie, et à l’Est de la Grande Rue.

Les exploitations agricoles contemporaines ont implanté leurs grands hangars à l’arrière d’anciennes fermes ou en périphérie sur 5 sites différents. La vallée de l’Illon est propice au pâturage. Ainsi le territoire est aujourd’hui principalement composé de prairies, complétées par des parcelles sur les hauteurs, mises en culture de maïs, de blé, d’orge, de colza ainsi qu’un peu de tournesol (sources : Registre parcellaire graphique 2018 – IGN). Les vergers sur le coteau dominant Gelvécourt ont quasiment tous disparu. Le Bois Banni et le Bois Marambois sont situés en bordure Nord et Sud du ban communal, et quelques taillis épars se répartissent sur l’ensemble du territoire, correspondant généralement à des pierriers enfrichés.

Une station de pompage est aménagée chemin des Ableuvenettes à la lisière de la Forêt.

La commune a fait l’objet d’un traitement de l’architecture rurale à travers une étude thématique en 2020, qui a repéré 19 bâtiments et en a étudié 2.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Poirot. Notice sur la commune de Gelvécourt-et-Adompt. (1889)

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T20/140
Bibliographie
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Michler, Mathieu. Les Vosges 88 . Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2004. - 426 p. : ill., croquis, plans, cartes ; 30 cm. (Carte archéologique)

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Grivel, Gilles. Les familles Résal et Mathis, notables engagés dans la vie politique locale. dans Le pays de Dompaire. dans Journées d'études vosgiennes (14-16 octobre 2011 ; Dompaire). Epinal : Fédération des sociétés savantes des Vosges, 2012.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
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