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Présentation de la commune de Harol

Dossier IA88032001 réalisé en 2020

Fiche

Œuvres contenues

Aires d'études Dompaire
Adresse Commune : Harol

La carte archéologique signale que la commune est probablement sur la voie romaine se dirigeant vers Escles. Des vestiges antiques ont été récoltés à la ferme de Saurupt (dont des fragments d’architectures, de statues et de stèles, des meules, une urne funéraire, et une remarquable sculpture en grès d’un génie ailé monté sur un dauphin du IIe siècle…). D’autres ont été mis à jour lors de l’établissement de la voie de chemin de fer, à l’écart de Ménil-sur-Harol. Des ossements humains ont également été signalés lors de la construction d’une maison d’école.

Mentionné en 1280, Harol fait partie en 1594 au bailliage des Vosges, prévôté de Dompaire et de Valfroicourt, ban de Girancourt, puis à partir de 1751 du bailliage et maîtrise de Darney, coutume de Lorraine. Au spirituel, Harol appartient au doyenné de Porsas (Poussay), au diocèse de Toul, puis à l’évêché de Saint-Dié. Il était autrefois le chef-lieu d’un ban qui comprenait 15 villages, hameaux ou censes. La haute, moyenne et basse justice de ce ban appartenait à L’église saint-Pierre de Remiremont pour moitié, et au Duc de Lorraine et au seigneur de Fontenoy pour l’autre moitié (Lepage et Charton. 1845). « Au Ménil, on voit une tour ancienne avec des meurtrières » (Gley 1870).

Harol a beaucoup souffert lors de la guerre de Trente ans et de l’épidémie de peste entre le 1er juillet et le 6 décembre 1631. Seuls deux ménages y sont imposables en 1647, et il reste que 6 habitants extrêmement pauvres et quelques veuves mendiantes en 1655 (Idoux. Les ravages de la guerre de Trente ans dans les Vosges.1912). Harol ne compte encore que de 15 habitants en 1710. La population de la communauté passe de 1030 habitants en 1793, à 1258 personnes en 1841, son maximum. Puis elle chute progressivement pendant le siècle et demi suivant en raison de l’exode rural (502 hab. en 1999). Une hausse est visible ces dernières décennies suite à l’établissement de activités et habitations (628 hab. en 2017).

L'église Saint-Epvre remonte à 1765. Le cimetière qui l’entourait a été déplacé en 1898 de l’autre coté du calvaire monumental. L’ancienne école de fille de Harol centre (actuellement mairie) est construite en 1885. L’école primaire de Le Ménil est ouverte entre 1878 et 2006. Celle de Puttegney est établie en 1834, puis remplacée par une nouvelle en 1878. Une autre se trouve à La Rue. L’actuel lycée professionnel rural La Providence, établissement d'enseignement privé sous contrat avec le ministère de l'Agriculture, a succédé à l’école de filles érigée en 1807 tenue par les sœurs de la Providence.

Le tracé des routes et chemins a évolué à de nombreux endroits au cours du 19e siècle, abandonnés pour d’autres parcours (chemin de Gorhey, de Dompaire…) ou conséquence du passage de la voie de chemin de fer Darnieulles-Jussey établie en 1886. Partiellement fermé en 1951, le trafic de marchandise est arrêté en 1973.

Harol est électrifié dans les années 1930. L’adduction d’eau est probablement mise en place à la même période par la construction d’un château d’eau entre Frison et Le Ménil. A cet emplacement, le « monument du Cruaulé » évoque la Mémoire des résistants qui voulaient rejoindre le maquis de Grandrupt-de-Bains (27 août 1944).

Non loin de la gare, l'entreprise Fournier S.A. est fondée en 1953 (construction métallique, sous-traitant pour l'industrie automobile, l'imprimerie, l'aviation, l'industrie du papier, la construction de climatiseur et la fabrication de machine-outil).

La tornade du 11 juillet 1984 a provoqué d’importants dégâts sur les constructions, les cultures, les vergers et les forêts, et engendrant la ruine de certaines anciennes fermes.

Harol se trouve dans les monts Faucilles et son territoire s’étend sur 27.34 km², entre 311 m et 428 m d’altitude. Il est situé sur la ligne de partage des eaux : L’Illon et le Saurupt sont des sous-affluents de La Moselle se jette dans la mer du Nord, et les ruisseaux de la partie sud de la commune font partie du bassin de la Méditerranée.

La commune est composée de six hameaux : Harol, La Rue, Longeroye, Le Ménil, Puttegney et Saucenot ; et d’écarts ou fermes isolées : Le Chanot, Le Fleuriot, Frison, Frison-Ménil, La Fosse, La Pelleuse et Saurupt.

- Harol est un des noyaux les plus anciens, situé au sommet de la côte d’Henriau et regroupe les principaux édifices administratifs et religieux. L’école primaire et la mairie (ancienne école de filles construite en 1885) sont installés à côté de l’église Saint-Epvre, du presbytère, du cimetière et du calvaire. Le lycée (établissement d'enseignement privé sous contrat avec le ministère de l'Agriculture) remplace l’école ménagère des sœurs de la Providence, dont la chapelle a été conservée.

- La Rue s’est installée dans un méandre de l’Illon, le long de la Rue des Vergers et sur des Vergers. Le hameau était équipé d’une école avec une fontaine et d’un lavoir couvert.

- Longeroye a bénéficié du tracé de l'ancienne ligne de chemin de fer reliant Darnieulles à Jussey (70) entre 1886 et 1975 (fermeture trafic passager à partir de 1951). La gare (actuellement salle des fêtes), la halle à marchandises, la maison du garde-barrière, complétées par la poste et le centre des sapeurs-pompiers matérialisent le centre du hameau. L’emprise des voies a été aménagée par un lotissement d’habitation et quelques locaux industriels dont ceux de Paget-Caput (fournisseur de matériel agricole). Les anciennes fermes se regroupent au carrefour de la route principale et de la rue du Maquis.

- Celles de Le Ménil remontent plutôt au 18e siècle et sont rassemblées à l’intersection des routes de Mirecourt à Bain et celle de Darney à Epinal, autour d’un îlot et de l’école primaire (de 1878 à 2006). Une importante quincaillerie y ventait notamment du vin, des semences et engrais agricoles à la fin du 19e siècle et au cours du 20e siècle.

- Puttegney qui se trouve sur la route d’Agémont, bénéficie aussi d’une école construite en 1834, puis déplacée dans un nouveau bâtiment en 1878 et du lavoir de la Fontaine Brosse.

- Saucenot est installée à la frontière Sud du ban communal d’Harol et s’étend aussi sur celui de Charmois-l’Orgueilleux. Les habitations se répartissent de part et d’autre de la rue principale qui marque la limite communale. Le lavoir sur le chemin menant à l’Etang de la Couverte est en ruines.

Chaque hameau profite d’au moins un calvaire.

- Une construction est esseulée en aval de l’Etang de la Pelleusse, correspond à une ferme utilisée jusqu’au début du 20e siècle.

- Le Fleuriot, Frison et La Fosse sont composés d’anciennes fermes isolées dans la partie sud-ouest du territoire (route de Darney),

- Celles de Frison-Ménil et de Le Chanot sur la route d’Epinal ont disparu.

- La ferme expérimentale de Saurupt est établie en bordure de l’ancienne route reliant Epinal à Ville-sur-Illon.

Le tracé des routes et chemins a évolué à de nombreux endroits au cours du 19e siècle, abandonnés pour d’autres parcours (chemin de Gorhey, de Dompaire…) ou conséquence du passage de la voie de chemin de fer. Les anciennes fermes de Harol se répartissent de manière peu dense, rarement mitoyenne, le long des rues de chaque hameau, près des intersections. Les usoirs sont généralement cadastrés au profit des propriétaires des fermes. La faible densité est accentuée par les destructions assez nombreuses dues à l’abandon des anciennes fermes. Toutefois les hameaux ont tendance à se rejoindre ses dernières décennies en raison de la construction d’habitations pavillonnaires. Elles s’établissent en périphérie des anciens hameaux (La Rue, Le Ménil) et principalement entre Harol et Longeroye (à proximité de la rue de la Romme et sur l’emprise de l’ancienne voie de chemin de fer), et en allant vers Le Ménil (route de Mirecourt). C’est également là que se sont implantées les sites industriels : Usine Saint Jean Industries (créé en 1963), les anciennes menuiserie et tuilerie (visible sur la carte d’état-major) …

L’activité agricole reste prédominante et une douzaine d’exploitations agricoles sont encore présentent dans la commune. Elles ont implanté leurs grands hangars à l’arrière d’anciens bâtiments en périphérie des hameaux. Les vallées sont propices au pâturage. Ainsi le territoire est aujourd’hui principalement composé de prairies, complétées par des terrains situés sur les hauteurs mis en culture de blé, de maïs, de seigle, d’avoine, et quelques parcelles de colza, de triticale, d’orge, de lentilles et pois (sources : Registre parcellaire graphique 2018 – IGN). Les vergers et vignes qui se trouvaient sur les coteaux dominant La Rue, Harol, Longeroye et Le Menil ont quasiment tous disparu.

Les franges Est et Sud du ban communal est couverte de forêt, correspondant au Bois de la Planchotte et Vanne, et au Bois de Froide Fontaine. D’autres petits bois et taillis épars se répartissent sur l’ensemble du territoire, correspondant généralement aux bordures des cours d’eau et à des pierriers enfrichés. Le territoire se caractérise aussi par la présence de nombreux étangs, parfois en chapelets : Neufs Étangs, Les Étangs de l’Aune, Les Quarelles, Noir Étang, Étang de la Rochotte

La commune a fait l’objet d’un traitement de l’architecture rurale à travers une étude thématique en 2020, qui a repéré 92 bâtiments et en a étudié 12.

Références documentaires

Bibliographie
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Gley, Gérard. Géographie, physique, industrielle, administrative et historique des Vosges. Epinal 1870

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Idoux, M.-C. Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges : 2e fascicule. Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1912, p. 1-234

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Association des Maires des Vosges. Tornade Vosges – 11 juillet 1984 – Imprimerie Aymard Epinal 1985.

    Consulté en ligne le 5 11 2019 : http://croqcentrevosges.free.fr

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