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Présentation de la commune de Légéville-et-Bonfays

Dossier IA88032002 réalisé en 2020

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'études Dompaire
Adresse Commune : Légéville-et-Bonfays

La carte archéologique signale que la commune se trouve sur le tracé de la voie romaine pavée de Monthureux-le-Sec à Hermacourt, autrement dit probablement sur la voie Langres-Strasbourg, qui passe sur les hauteurs de la commune. La voie Autreville-Escles pourrait aussi traverser la commune. Un fragment de statue est signalé en 1827 dans des labours, ainsi que des tuiles à rebords. Une tour détruite appelée Château Gaillard semble garder le souvenir d’une structure fortifiée surveillant les vallées du Madon et du Cendrier (Ruxelle) au Moyen-Age.

Le toponyme en -villa indique que Légéville est certainement apparu lors de la vague de peuplement entre le 7e et le 9e siècle ap. J.-C.. Bonfays est mentionné à partir de 1048, comme bien du prieuré de Deuilly. L’abbaye de Bonfays, fille de celle de Flabémont, est fondée en 1145 par Guillaume d’Arches qui y fit venir des prémontés de Flabémont. Détruite par les Bourguignons en 1436, elle reconstruite en utilisant notamment les trois carrières de grès toutes proches (Idoux-Thivet, Anne. L’abbaye de Bonfays dans la circarie de Lorraine (XIIe-XIIIe siècle). JEV 2011).

Légéville est mentionné en 1480, date à laquelle le seigneur de Craincourt (Famille Maison-Blanche, puis de Lalande de Muli) dispose des haute, moyenne et basse justices sur Légéville. Légéville-et-Bonfays appartenait en 1594 au bailliage des Vosges, prévôté de Dompaire et de Valfroicourt, ban de Girancourt, puis à partir de 1751 du bailliage et maîtrise de Darney, coutume de Lorraine. Au spirituel, Légéville-et-Bonfays est une annexe d’Adompt qui appartient au doyenné de Porsas (Poussay), au diocèse de Toul, puis à l’évêché de Saint-Dié. (Lepage et Charton. 1845).

Légéville a beaucoup souffert lors de la guerre de Trente ans et de l’épidémie de peste. Le village est pillé en 1634 et 1635 par les troupes françaises et suédoises, il n’y a plus un seul habitant relevé en 1647 et 1651 (Idoux. Les ravages de la guerre de Trente ans dans les Vosges.1912). Le village qui ne compte que 22 habitants en 1710, s’accroit pour atteindre 112 habitants en 1793 (Lepage et Charton. 1845).

Suite à la Révolution, le dernier seigneur de Craincourt s’éteint en 1804 et les 9 moines quittent l’Abbaye qui est vendue comme Bien National et détruite progressivement (AD88 - 11T22/195). Le portail est par exemple remployé à Ville-sur-Illon (IM88030564). Le moulin et les carrières continuent à être exploités tout au long du 19e siècle et au début du 20e siècle. Village agricole, Légéville se caractérise aussi par son activité textile (nombreuses dentellières, quelques brodeuse, festonneuse, passementière ou perleuse, dans la première moitié du 20e siècle). Des tisserands (employé par Joseph Febvay) et une fabrique de brosses (Thérès et Cie) soutiennent l’activité économique du village pendant l’entre-deux-guerres, après la fermeture des carrières (AD88- 6M823).

Le village est électrifié à partir de 1925-1930 (AD88- 2O276/11). Avant l’installation du système d’adduction d’eau, il est alimenté par un ensemble de puits, et de trois fontaines-lavoirs publics.

Le territoire de Légéville-et-Bonfays s’étend sur 5.21km², entre 287 m et 380 m d’altitude. Il est placé dans la vallée du Madon, affluent de la Moselle. Le Ruisseau de la Prairie et le Cendrier rejoignent le Madon dans la partie Sud.

Légéville est placé au pied d’un coteau, à l’Est, hors de la zone inondable. Les anciennes fermes se regroupent de manière non mitoyenne et peu dense, le long de la route principale (R.D.40). Les usoirs sont en majorité cadastrés au profit des propriétaires des fermes. En l’absence d’édifice religieux, le centre du village est marqué par un îlot bordé d’une place, équipé de trois fontaines et lavoirs, à côté de la mairie-école. On y trouve également une croix de chemin. Des habitations pavillonnaires se sont implantées ces dernières décennies aux entrées nord et sud du village, ainsi que le long du chemin d’Adompt.

Le hameau de Bonfays est situé en aval du Madon, à l’emplacement de l’ancienne abbaye des Prémontrés fondée vers 1145. En grand partie détruite lors de la Révolution, elle figure comme Moulin de Bonfays sur la carte d’État major (1820-1866) et des carrières de grès sont exploitées jusqu’au début du 20e siècle à proximité. La plupart des bâtiments encore présents au milieu du 20e siècle ont aujourd’hui disparu, quelques éléments sont remployés dans les constructions avoisinantes, notamment le portail monumental (Ferme n°11 de Ville-sur-Illon).

Les exploitations agricoles contemporaines ont implanté leurs grands hangars à l’arrière d’anciens bâtiments. La vallée du Madon est propice au pâturage. Ainsi le territoire est aujourd’hui principalement composé de prairies, complétées par quelques terrains mis en culture de maïs, de blé, d’orge et de colza située sur les hauteurs (sources : Registre parcellaire graphique 2018 – IGN). Les vergers et les vignes situés sur le coteau Est dominant le village ont disparu.

Les extrémités Sud et Ouest du ban communal est couverte de forêt : Le Bois de Ruxelle, les Bois des Baumes et de Barde. En plus du Berlimbois, à l’est de Bonfays, quelques taillis épars se répartissent sur l’ensemble du territoire, correspondant généralement à des pierriers enfrichés.

La commune a fait l’objet d’un traitement de l’architecture rurale à travers une étude thématique en 2020, qui a repéré 7 bâtiments et en a étudié 1.

Références documentaires

Documents figurés
  • Clasquin, François, Liégeois, Charles. Essai de reconstitution de l'abbaye de Bonfays et de ses dépendances. Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1908, p. 1-27

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
Bibliographie
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Idoux, M.-C. Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges : 2e fascicule. Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1912, p. 1-234

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Michler, Mathieu. Les Vosges 88 . Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2004. - 426 p. : ill., croquis, plans, cartes ; 30 cm. (Carte archéologique)

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Idoux-Thivet, Anne. L’abbaye de Bonfays dans la circarie de Lorraine (XIIe-XIIIe siècle). In Actes des 13eme Journées d'Etudes Vosgiennes.14, 15, et 16 octobre 2011. Imprimerie Thorax. Nancy. 2012

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
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