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Présentation de la commune de Madonne-et-Lamerey

Dossier IA88031893 réalisé en 2019

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'études Dompaire
Adresse Commune : Madonne-et-Lamerey

La carte archéologique signale que la commune se trouve sur le tracé de la voie romaine allant d’Escles à Vaubexy. Au nord-est du village sur une colline, des hypocaustes provenant sans doute de thermes sont découverts vers 1820 par l’ingénieur-antiquaire Meschini, ainsi qu’une étuve, des tuiles, des murs peints et un dépôt de monnaies romaines en argent. Un second bain et des restes d’aqueduc ont été localisés à 80 m, avec un pilier en calcaire sculpté de quatre divinités adossées à une colonne, qui a été utilisé dans une construction du village, puis extraite et conservée au MDAAC d'Epinal. Il est sculpté d’une colonne à laquelle sont adossés 4 divinités qui semble être Hercule, Diane, Vénus et Junon, qui témoignent de l’évolution des cultes issus de la romanisation dans les campagnes, attachées à la fertilité, la force l’énergie et la nature. (Claudel, Jean-Paul. La stèle à quatre dieux de Lamerey. 1996). Une tête antique en grès aurait été repérée près de la source du Couchant ou Couchont. Des fragments de mosaïque et une fibule en bronze sont aussi mentionnés par la carte archéologique, mais non localisés. La toponymie de Lamerey (-acum) évoque également une occupation dès la période gallo-romaine, et est attesté à partir de 1109 (Paul Marichal. 1941).

Madonne était le chef-lieu d’un ban composé des villages de Madonne, Lamerey, Naglaincourt, du Val-d’en-Haut et du Val-d’en-Bas, des fiefs de Chenimont et de Craincourt, ainsi que quelques habitations situées au vignoble du Haut-Fays. L’ensemble faisait partie en 1594 du bailliage des Vosges, prévôté de Dompaire et de Valfroicourt, et à partir de 1751 du bailliage et maitrise de Darney, coutume de Lorraine. Au spirituel, Madonne n’a pas d’église et est une annexe de Laviéville qui fait partie du doyenné de Jorxey, du diocèse de Toul puis de l’évêché de Saint-Dié. Le ban de Madonne appartenait à l’abbesse de Remiremont qui partageait l’administration de la haute, moyenne et basse justice avec la dame sonrière et le chancelier de son église (Lepage et Charton. 1845).

Madonne-et-Lamerey a beaucoup souffert lors de la guerre de Trente ans et de l’épidémie de peste dans les années 1630 (Idoux. Les ravages de la guerre de Trente ans dans les Vosges.1912). La population se reconstitue progressivement au 17e siècle, période d’érection de la Croix Sainte-Anne (datée 1676) située rue du Maréchal Leclerc. La commune ne recense que 41 habitants en 1710 (Lepage et Charton. 1845). La population du village se développe ensuite rapidement, passant de 254 habitants en 1793 à 515 personnes en 1846, son maximum. Puis cette population décroît progressivement pendant le siècle suivant en raison de l’exode rural (346 hab. en 1926). Le nombre d’habitants se stabilise depuis autour de 400, hormis une hausse dans les années 1960.

La monographie de la commune de Madonne-et-Lamerey réalisée en 1889 par l’instituteur Thenot apporte les précisions suivantes sur les modes de vies et pratiques dans le village (sources : AD88 - 11T23/206). Il mentionne qu’à la veille de la Révolution, aucun noble ne réside dans la communauté. Mais que le chapitre de Remiremont y possédait 91 jours 14 verges de terres labourables, 21 fauchés 1 ornée 15 verges de pré et 4 ornées, 3 verges de chènevières, qui furent vendus en 1791 pour 17500 francs, ainsi que 90 arpents de bois au Haut-Fays vendus pour 5775 francs. Les Dames de Remiremont prélevaient la dîme pour les deux tiers des terres du ban, et le dernier tiers appartenait au curé de Dompaire. L’emplacement et les dépendances (environ 2 ornées) de La Chapelle Saint-Étienne de Madonne, tombant en ruines à la veille de la Révolution, sont vendus en 1791 pour 55 livres.

Ce village agricole prospère aux 18e et 19e siècles est situé en bordure de l’ancienne Route Royale n°66 entre Bar-le-Duc et Bâle, entre Epinal et Dompaire. Les approvisionnements se font surtout par le marché de Mirecourt. Les revenus agricoles sont complétés par l’exploitation de la vigne, le commerce de chevaux et de dentelles, ainsi que deux moulins, l’un à grains à Madonne et l’autre à huile à Lamerey. La commune bénéficie aussi de l’établissement de la voie ferrée Epinal-Neufchâteau en 1878, passant entre les deux hameaux. Celle-ci est partiellement fermée en 1989.

Par l’ordonnance du 6 mai 1836, les populations de l’ouest du ban sont rattachées à Laviéville et à Dompaire (Paul Marichal 1941). L’Église, le presbytère et le cimetière sont en commun avec Dompaire. Une maison d’école est construite à Lamerey en 1824, et la mairie est établie en 1886. L’électrification s’est faite progressivement à partir de 1931 (AD88 - 2O293/13). Avant l’installation du système d’adduction d’eau, chaque quartier est alimenté par un lavoir couvert et un ensemble de puits à Madonne, de fontaines à Lamerey.

Madonne-et-Lamerey est au centre de la Bataille de Dompaire des 12 et 13 septembre 1944, qui est un important affrontement permettant aux unités blindées de la Division Leclerc de stopper la contre-offensive de la 112e Panzer Brigade allemande. Le site commémoratif du « Monument Leclerc » situé à l’entrée Est de Lamerey, rappelle cet évènement.

Madonne-et-Lamerey est placé dans la vallée la Gitte, un affluent du Madon, qui traverse le territoire d’Est en Ouest, bordé de l’ancienne Route Royale n°66 entre Bar-le-Duc et Bâle (actuellement R.D. n°166). Son territoire s’étend sur 7.02 km², entre 294 m et 433 m d’altitude.

Plusieurs hameaux sont implantés de part et d’autre : Madonne au sud, dont les quelques anciennes fermes se sont regroupées à côté du moulin. Quasiment toutes détruites, elles ont été remplacées par des maisons pavillonnaires ces dernières décennies.

Lamerey est situé au nord de la Gitte, et est constitué de trois parties : l’une sur les rives du petit ruisseau du Haut-Fays qui prend la forme d’un village-rue avec des anciennes fermes mitoyennes. Un autre moulin était situé au nord, figurant sur la carte d’État major (1820-1866) comme « Huilerie ». Le deuxième quartier borde de manière moins dense les deux côtés de la route départementale, et s’étire dans la rue de la Corvée. La troisième partie, le Val d’en Haut, sur la rive droite de Gitte, forme un faubourg de Dompaire dont elle n’est pas séparée, avec des édifices soignés de taille imposante, dont la villa Pierrot (famille exploitant l’usine de balai de Dompaire). La mairie-école est élevée entre ces deux quartiers. Il n’y a pas de lieu de culte, l’église et le cimetière étant communs avec Dompaire.

Chaque usoir est généralement cadastré au profit de la ferme attenante. Les ruines d’un établissement de bains romains se trouvent le long du Haut-Fays, au Nord des dernières maisons sur la rive droite. La source est située à 400 m plus haut (Fournier, A. Topographie ancienne du département des Vosges. 1899.).

Le Monument du Général Leclerc a été élevé à l’Est, à proximité de la R.D. n°166. Les maisons d’habitation récentes sont bâties en périphérie des hameaux plus anciens, et une petite zone industrielle flanque la R.N. n°166 autour des établissements Bazard. Cette route longe l’ancienne voie de chemin de fer qui séparait les deux hameaux.

Les grands hangars de l’exploitation agricole contemporaine sont éloignés des habitations, le long de la route de Bouzemont. Le fond de vallée de la Gitte est propice au pâturage. Ainsi le territoire est aujourd’hui principalement composé de prairies, complétées par des parcelles mises en culture de maïs, de blé, d’orge, de colza et de triticale (sources : Registre parcellaire graphique 2018 – IGN). L’extrémité Nord du ban communal est couverte de forêt : Bois du Fays, Bois Parousse, Bois Banni et La Fouillie. Les vergers situés sur le coteau dominant Lamerey ont quasiment disparu et les taillis épars correspondent généralement à des pierriers enfrichés.

La commune a fait l’objet d’un traitement de l’architecture rurale à travers une étude thématique en 2019, qui a repéré 36 bâtiments et en a étudié 5.

Références documentaires

Documents d'archives
  • Thenot. Madonne-et-Lamerey. Communauté de Madonne à la veille de la Révolution de 1789. (28 mars 1889)

    Archives départementales des Vosges, Épinal : 11T23/206
Bibliographie
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • FOURNIER, Alban. Topographie ancienne du département des Vosges : 8e fascicule- La Plaine (2e partie). Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1899

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Idoux, M.-C. Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges : 2e fascicule. Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1912, p. 1-234

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Marichal, Paul. Dictionnaire topographique du département des Vosges comprenant les noms de lieu anciens et modernes. Paris : Imprimerie nationale, 1941

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Michler, Mathieu. Les Vosges 88 . Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2004. - 426 p. : ill., croquis, plans, cartes ; 30 cm. (Carte archéologique)

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Claudel, Jean-Paul. La stèle à quatre dieux de Lamerey. La revue Lorraine Populaire, n°131, aout 1996

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
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