Logo =Inventaire Général du Patrimoine Culturel - Retour à l'accueil

présentation de la commune de Neufchâteau

Dossier IA00127092 réalisé en 1978

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'études Neufchâteau
Adresse Commune : Neufchâteau

La vallée de la Meuse, orientée nord-sud, a constitué très tôt une voie de circulation vers le Bassigny et, au-delà, vers la Bourgogne. C'est d'ailleurs cet itinéraire obligé qu'empruntait la voie romaine de Lyon à Trèves qui coïncide avec le tracé de la principale artère commerçante de la ville, l'actuelle rue de France. L'histoire de la ville commence au XIe siècle avec une charte de l'évêque de Toul, Pibon, datée de 1094, mentionnant l'existence d'une agglomération qualifiée de novum castrum , crée par le duc de Lorraine Thierry II. Elle conservera son nom durant tout le Moyen Age sous la forme de neuf chastel, d'où l'appellation « Neufchâteau ». Ce point d'ancrage territorial permettait au duc de conforter sa position aux marges de son territoire, de façon à mieux surveiller les comtes de Champagne et de Bar, tout en assurant la protection des marchands itinérants qui transitaient par ce nœud routier. Dès le début du XIIe siècle, Neufchâteau était en effet un portus de marchands au carrefour des routes de l'Italie à la Rhénanie, de l'Italie à la Flandre et de la Champagne à la haute vallée du Rhin. Si la ville a bénéficié de cette situation privilégiée sur le plan économique, au moins jusqu'au XIVe siècle, elle a en revanche été l'enjeu des rivalités entre le duché et le comté de Champagne, encore que les bourgeois aient fait preuve d'un certain opportunisme en se tournant vers l'une ou l'autre autorité en fonction de leurs intérêts économiques du moment.

La prospérité que connaît Neufchâteau aux XIIe et XIIIe siècles, grâce surtout au négoce à longue distance des draps de laine, s'est traduite par de nombreux édifices comme l’enceinte urbaine, dont il ne subsiste que de maigres vestiges, les deux églises paroissiales, Saint-Christophe et Saint-Nicolas, les couvents des cordeliers et des clarisses ainsi que l'hôpital du Saint-Esprit.A cette période d'expansion succèdent, aux XIVe et XVe siècles, des phases d'insécurité et de récession économique liées aux guerres puis à des conflits survenus entre le duc et les bourgeois au sujet du château, enfin au déclin du grand commerce, consécutif à la guerre entre la Lorraine et la Bourgogne.A la fin du Moyen Age, la topographie de la ville se fixe durablement autour des deux axes perpendiculaires que sont les actuelles rues de France et Saint-Jean, celle-ci, à vocation marchande, menant à la place du Marché (l'actuelle place Jeanne d'Arc), au pied du château. Au-delà se développent les faubourgs Saint-Pierre au nord, des tanneries au sud et de l'hôpital au nord-ouest. La plupart d'entre eux abritent alors des artisans qui travaillent la laine ou le cuir.

Dans la seconde moitié du XVIe siècle, l'activité dans le domaine de l'architecture civile l'emporte sur l'architecture religieuse, avec la construction d'hôtels particuliers, à l'initiative de riches marchands comme Jean de Houdreville. Occupée tour à tour par les Français et les Lorrains pendant la guerre de Trente ans, la ville participe, malgré les difficultés, au renouveau religieux du XVIIe siècle favorisé par l'autorité ducale. Elle accueille plusieurs établissements religieux : capucins, annonciades, carmélites, sœurs de la Congrégation Notre-Dame et de la Charité de Saint-Charles. Tous vont laisser une empreinte durable dans la topographie urbaine ainsi qu'un riche patrimoine mobilier qui survivra en partie à la Révolution.

Dans les premières années du XVIIIe siècle, sous le règne du duc Léopold d'abord, puis grâce à un double rôle de centre administratif et militaire, la ville entre dans une période de prospérité (elle compte plus de 3000 habitants à la fin du siècle) dont l'architecture civile constitue une preuve éclatante. Le plus bel exemple en est sans conteste la place Jeanne-d'Arc, avec ses alignements stricts de façades d’hôtels et de maisons bourgeoises remis au goût du jour. L’architecture conventuelle n'échappe pas à cette profonde mutation, tout comme le mobilier religieux, dont les auteurs sont parfois connus par les textes.

Si, au cours du XIXe siècle, la ville connaît une certaine expansion grâce à une économie plus diversifiée (bonneterie, broderie, tanneries, industries de transformation, petite métallurgie), elle ne bénéficie pas de mutations urbanistiques et restera pratiquement dépourvue de grandes réalisations dans le domaine de l'architecture publique.

(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Guillaume Jacques
Jacques Guillaume

Ingénieur CNRS, chercheur à l'Inventaire Lorraine jusqu'en 2004.


Cliquer pour effectuer une recherche sur cette personne.