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Présentation de la commune de Velotte-et-Tatignécourt

Dossier IA88031895 réalisé en 2019

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Aires d'études Dompaire
Adresse Commune : Velotte-et-Tatignécourt

La carte archéologique signale que la commune se trouve sur le tracé de la voie romaine Langres-Strasbourg près du Bois de la Basse-des-Anglées, qui franchit le Madon entre Hymont et Tatignécourt. Des débris romains sont attestés « sur toute la commune », notamment une monnaie Domitien et une panthère en bronze avec une attache à l’arrière.

La première mention de Tatignécourt (Thanteneycourt) remonterait à 1276, mais le toponyme en -court indique que Tatignécourt est certainement apparu lors de la vague de peuplement entre le 7e et le 9e siècle ap. J.-C. (Paul Marichal 1941). Velotte attesté sous le nom de Vilete à partir de 1193. Le village faisait partie en 1594 du bailliage des Vosges, prévôté de Dompaire, et à partir de 1751 du bailliage et maitrise de Darney, coutume de Lorraine. C’est alors un chef-lieu dont dépendaient Hagécourt, Madecourt, Maroncourt, Rozerotte, et Valleroy-aux-Saules. Visible sur la carte de Cassini (milieu 18e siècle), le château de Fontet (ou Fontette), établi à Tatignécourt (entre deux bras de la Gitte et la R.D.266), et érigé en baronnie en 1722, a entièrement disparu (Gérard Gley. 1870).

Le plan cadastral de 1806 (AD88-3P301) mentionne un lieu-dit « Haut de la Justice » à la frontière avec Ahéville.

Velotte-et-Tatignévourt a beaucoup souffert lors de la guerre de Trente ans et de l’épidémie de peste des années 1630. Tatignécourt ne compte « plus un seul habitant entre 1636 et au moins 1659 » (Idoux. Les ravages de la guerre de Trente ans dans les Vosges.1912). Puis, 27 habitants sont dénombrés en 1710 à Velotte (Lepage et Charton. 1845).

Suite à la Révolution Française (1790), Velotte (167 habitants) est incorporé au canton de Mirecourt, et Tatignécourt (52 habitants) à celui de Valfroicourt. Ce dernier demande aussitôt son rattachement, qui est acté par la réunion des deux villages le 8 thermidor l’an IV (Paul Marichal. 1941). La population s’accroît jusqu’en 1846 pour atteindre 315 personnes. Elle se maintient autour de 280 personnes pendant la seconde moitié du 19e siècle, puis chute rapidement en raison de l’exode rural de 1890 à 1936, date à laquelle la commune ne compte plus de 146 personnes. Le nombre d’habitants reste stable depuis (158 hab. en 2017).

Au spirituel, Velotte est une annexe de la paroisse de Blaye, qui fait partie du doyenné de Jorxey, du diocèse de Toul puis de l’évêché de Saint-Dié. Cette église champêtre de Blaye, desservait Racécourt, Velotte et Tatignécourt, puis disparait suite à la construction d’églises plus proches des habitations. (Lepage et Charton. 1845). L’église Saint-Philippe est donc construite en 1845 par Victor Mathieu (entrepreneur) selon les plans de l’architecte Sartory. La mairie et l’école sont érigées en 1833.

Le village agricole est situé en bordure de l’ancienne Route Royale n°66 entre Bar-le-Duc et Bâle, entre Epinal et Dompaire. Il bénéficie aussi de l’établissement de la voie ferrée Epinal-Neufchâteau en 1878, fermée à partir 1989.

La couverture géologique du territoire de Velotte-et-Tatignécourt est dominée par des formations marneuses et marno-calcaires du Keuper. Elle s’étend sur 5.36 km², entre 272 m et 361 m d’altitude.

La commune est composée de deux villages de part et d’autre de la Gitte, un affluant du Madon qui délimite le territoire à l’Ouest. Tatignécourt est situé sur l’ancienne Route Royale n°66 entre Bar-le-Duc et Bâle (actuellement R.D. n°266), au point de passage de la rivière. Sur la rive droite, le château de Fontet (ou Fontette), visible sur la carte de Cassini (milieu 18e siècle), a entièrement disparu. Sur la rive gauche, les habitations sont rassemblées par deux ou trois, non alignées.

A l’Est, Velotte est placé au pied d’un coteau, hors de la zone inondable de la rivière. Les anciennes fermes sont alignées le long de rues, plus souvent mitoyennes, et regroupées au carrefour de la route de la route de Blaye et d’Ahéville et celle de Racécourt. Chaque usoir est généralement cadastré au profit de la ferme attenante.

Les édifices publics (Église, cimetière, mairie, école, lavoirs, station d’épuration) sont placés entre les deux hameaux en formant la jonction. De même, certaines maisons d’habitation récentes ont été implantées à l’ouest de la Grande Rue. Les autres ont été construites en périphérie Nord de Velotte, et Sud de Tatignécourt en allant vers l’ancienne gare. En effet, la route départementale n°166 est établie parallèlement à l’ancienne voie de chemin de fer entre Epinal-Neufchâteau.

La menuiserie et les exploitations agricoles contemporaines ont implanté leurs grands hangars à l’arrière d’anciens bâtiments ou en dehors des hameaux. La vallée de la Gitte est propice au pâturage. Ainsi le territoire est aujourd’hui principalement composé de prairies, complétées par quelques parcelles mises en culture de blé, de maïs, d’orge et de colza sur le plateau situé au Nord de la commune (sources : Registre parcellaire graphique 2018 – IGN). Un remembrement des parcelles a eu lieu en 1997, à l’occasion de la construction de la voie de contournement des habitations (RD n°166), puis un autre a été finalisé vers 2012. Les vergers qui couvraient le coteau dominant Velotte ont en bonne partie disparu, mais complété par la création du verger conservatoire. Les taillis épars correspondent généralement à des pierriers enfrichés.

Sur ce coteau, la Bonne Fontaine est réputée par la qualité de ses eaux ferrugineuses. L’extrémité Sud du ban communal est couverte de forêt, correspondant à une part du Grand Bois.

La commune a fait l’objet d’un traitement de l’architecture rurale à travers une étude thématique en 2019, qui a repéré 27 bâtiments et en a étudié 3.

Références documentaires

Bibliographie
  • Lepage, Henri et Charton, Charles. Le département des Vosges : statistique historique et administrative. Nancy : Berger-Levrault 1978, réimpression de l'ouvrage paru en 1845.

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Gley, Gérard. Géographie, physique, industrielle, administrative et historique des Vosges. Epinal 1870

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Idoux, M.-C. Les ravages de la guerre de Trente Ans dans les Vosges : 2e fascicule. Annales de la société d'émulation du département des Vosges, 1912, p. 1-234

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Marichal, Paul. Dictionnaire topographique du département des Vosges comprenant les noms de lieu anciens et modernes. Paris : Imprimerie nationale, 1941

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Michler, Mathieu. Les Vosges 88 . Paris : Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 2004. - 426 p. : ill., croquis, plans, cartes ; 30 cm. (Carte archéologique)

    Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
  • Jacopin, Rachel. Paysages et pratiques des agriculteurs dans le Sud du Plateau Lorrain : logiques d'organisation et effets sur l'environnement, sous la direction de Jean-Pierre Husson. Thèse de doctorat Géographie. Université Nancy II. 2011. Consulté en ligne le 30 04 2020 : https://udl.primo.exlibrisgroup.com/discovery/fulldisplay?docid=alma991010019359705596&context=L&vid=33UDL_INST:UDL&lang=fr&search_scope=MyInst_and_CI&adaptor=Local%20Search%20Engine&tab=Everything&query=any,contains,madon%20jacopin&mode=basic

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