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Synagogue de Sarrebourg

Dossier IA57030093 réalisé en 2007

Fiche

Dossiers de synthèse

Œuvres contenues

Dénominations synagogue
Aire d'étude et canton Région Lorraine
Adresse Commune : Sarrebourg
Adresse : 12 rue du Sauvage
Cadastre : 5 12

Interdits à Sarrebourg jusqu’en 1791 par la crainte d’une concurrence commerciale mais présents dans les villages voisins d’Imling, Gosselming et Langatte, les juifs commencent à s’installer à Sarrebourg dès l'émancipation, malgré une certaine hostilité de la population. Dès 1823, une synagogue est aménagée dans un local loué par la communauté au 1er étage d’une maison particulière. En 1843, elle compte déjà 230 personnes. En 1845, un terrain est acquis rue du Sauvage pour 7 800 francs (parcelle 268 du cadastre de 1825) mais la communauté semble mettre une douzaine d’années avant de réunir les fonds qui lui permettent d'achever la nouvelle synagogue, inaugurée en 1857. Construite à l'économie, aux frais exclusifs de la communauté, pour un montant total de 26 000 francs, cette dernière pose rapidement problème puisqu’elle est l’objet d’un arrêté de péril de la commune vers 1862-1863. Elle apparaît en outre dès cette époque trop petite. Par rapport aux constructions des décennies précédentes qui étaient construites en fond de parcelle, cette synagogue se distingue par son ouverture directe sur la rue mais reste très discrète dans son caractère "israélite" qui ne transparaît que dans la plaque en hébreu surmontant la porte centrale.

Dès 1863, la communauté entreprend donc de nouvelles démarches pour son agrandissement. Elle reçoit effectivement 3 000 francs de l'Etat par un arrêté du 27 juillet 1864 (somme normalement versée à l’achèvement des travaux). Les plans sont dessinés par l’architecte de la ville Ferdinand Boudot, également auteur des synagogues de Phalsbourg (1857) et Maizières-lès-Vic (1870). On ne connaît en revanche pas le nom de l’architecte de la première phase, Boudot n’étant pas encore en poste en 1846. Le devis estimatif des travaux dressé les 20 mai et 4 décembre 1863 s’élève à un total de 9 365 f. C'est sans doute à cette date qu'est ajoutée la tribune des femmes (qui ne repose que sur deux colonnes et coupe les fenêtres de la façade) et le petit corps de bâtiment comprenant l'entrée et l'escalier y conduisant. La communauté ne disposant que de 2 040 f de souscription et d’une aide de 3 000 f de la commune, le versement d’une subvention de l'Etat s’avère décisif pour la conduite des travaux.

En 1913, la communauté bénéficie du transfert du poste rabbinique de Phalsbourg. Transformée en dépôt de chiffons par les nazis, elle est une des rares synagogues du département à avoir échappé à leur folie destructrice même si quelques restaurations ont dû être effectuées par l’aumônerie militaire américaine après la guerre. Les vitraux offerts par le banquier Simon Lièvre de Blâmont, démontés juste avant le conflit et restaurés par le maître verrier Ott de Strasbourg, sont reposés pour le centenaire de l’édifice le 16 mars 1958 (24 Adar 5718). Les dommages de guerre sont aussi utilisés pour la reconstruction de l’oratoire attenant en 1959, sous la direction de l’architecte Paul Schott de Sarrebourg, agréé par le Ministère de la Reconstruction et de l’Urbanisme.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle , daté par source
Dates 1857, daté par source
1864, daté par source
Auteur(s) Auteur : Boudot Ferdinand,
Ferdinand Boudot

Fernand Boudot est actif dans l'arrondissement de Sarrebourg entre 1850 et 1866. Il construisit plusieurs temples (Lixheim en 1866) et synagogues (Phalsbourg en 1857, Sarrebourg en 1864 ; Maizières-les-Vic en 1865-1867) ou en restaura (agrandissement de la synagogue d'Imling en 1869-1870).


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architecte d'arrondissement, attribution par source
Auteur : Ott Frères,
Frères Ott

La maison Ott est créée à Strasbourg (1 quai des bateliers) en 1852 et s'étend dans ce quartier vers la cour du corbeau. l'entreprise faisait travailler plus de 30 personne entre les deux guerres.

Deux générations s'y sont succédées : Joseph-Hippolyte Ott (1825-1893) et Antoine-Jérôme-Isidore Ott (1834-1908) puis Léon-Théodore Ott (1865-1917) et Henri-Isidore Ott (1874-1945) tous deux fils d'Antoine Jérôme Isidore Ott.


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peintre-verrier, attribution par source
Auteur : Schott Paul,
Paul Schott

architecte à Sarrebourg au milieu du XXe siècle


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architecte, attribution par source

La synagogue est construite en moellon de calcaire enduit, les encadrements des baies étant en grès. Elle est surmontée d’une toiture à longs pans en ardoise. Construite directement sur la rue, elle présente une façade de 3 travées (une porte centrale surmontée d’une ouverture en demi-lune encadrée par deux fenêtres en plein-cintre). A sa gauche, un petit corps de bâtiment d’une seule travée avec une porte surmontée d’une ouverture en demi-lune, offre un accès direct à la tribune des femmes. Le caractère israélite de l’édifice est très discret, n’apparaissant que dans l'inscription hébraïque placée sur une plaque de marbre au-dessus de l’entrée des hommes : « Dans la maison du Seigneur, nous nous rendons avec respect ». La façade arrière donnant sur une cour minuscule présente une petite abside à l’emplacement de l’arche sainte.

A l’intérieur, un vestibule débouche sur une vaste salle, éclairée seulement par les baies de la façade (au niveau de la tribune) et celles qui encadrent l’aron qodesh (arche sainte). Ne reposant que sur deux colonnes à l’entrée (peintes faux marbre), la tribune court sur trois côtés. L'almemor (estrade de lecture), occupe tout le fond de l’édifice devant l’arche sainte, avec deux passages fermés par une grille en fonte isolant une sorte de "choeur". Derrière la synagogue, une petite cour abrite une soukkah (cabane) permanente.

Murs calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille
Toit ardoise
Plans plan allongé
Étages 1 vaisseau
Couvrements
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans

Escaliers escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en charpente
Statut de la propriété propriété d'une association cultuelle, Propriété du consistoire de la Moselle
Intérêt de l'œuvre à signaler
Protections inscrit MH, 1984
Précisions sur la protection

5 décembre 1984

Références documentaires

Documents d'archives
  • Archives nationales de France, Pierrefitte-sur-Seine : F19/11024
  • Archives nationales de France, Pierrefitte-sur-Seine : F19/11101
  • Archives nationales de France, Pierrefitte-sur-Seine : F19/11107
  • Archives départementales de Moselle, Saint-Julien-lès-Metz : 35P630
  • Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 7V22
  • Archives départementales de Moselle, Saint-Julien-lès-Metz : 7AL131
Bibliographie
  • [Exposition. Nancy, Musée lorrain. 2009]. Les Juifs et la Lorraine, un millénaire d'histoire partagée : catalogue / dir. Claire Decomps, Eric Moinet. Paris : Somogy. Nancy : Musée lorrain, 2009. 368 p.

    p. 122 et notice 389 (red. C. Decomps) Région Grand Est, Service Régional de l'Inventaire général du Patrimoine Culturel, Nancy
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Decomps Claire
Claire Decomps

conservateur en chef du patrimoine, chercheur en Lorraine de 1994 à 2018 puis responsable de la conservation du musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris.


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