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Usine de la "S.A. des Produits Chimiques et Soudières de la Meurthe", puis de Saint-Gobain, actuellement zone artisanale et lotissement concerté.

Dossier IA54002720 réalisé en 2018

Fiche

Précision dénomination usine de soude
usine de carbonate de soude
usine d'engrais
Appellations S.A. des Produits Chimiques et Soudières de la Meurthe, puis de Saint-Gobain
Destinations zone artisanale, lotissement concerté
Parties constituantes non étudiées bureau, atelier de réparation, magasin industriel, cantine, infirmerie, logement de contremaître, cité ouvrière
Dénominations usine de produits chimiques
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 54 - Saint-Nicolas-de-Port
Hydrographies canal de la Marne-au-Rhin
Adresse Commune : Varangéville
Adresse : rue d' Alsace
Cadastre : 2016 AK 300, 303, 304, 306 ; 2016 AL 67, 181

La "S.A. des Produits Chimiques et Soudières de la Meurthe" est formée à Nancy le 18 juin 1891 à l'instigation d'Edmond Guérin (1844-1932), administrateur des faïenceries de Lunéville, et d'un groupe d'industriels verriers du Nord-Est de la France. Elle a pour principal objet la fabrication de soude à l'aide du procédé Solvay à l'ammoniac et de dérivés sodiques. L'édification de la plupart des bâtiments intervient entre janvier 1892 et mars 1893 sous la direction de Paul Reclus (1858-1941), ingénieur de l'entreprise ; elle comporte une première cité ouvrière, composée de 4 barres de maisons jointives orientées Sud-Ouest-Nord-Est (rue et impasse Pierre-Brossolette). L'ensemble de la fabrication s'articule autour d'un plan-masse rationnel qui repose sur la pente topographique du versant du plateau situé en bordure Nord du canal de la Marne-au-Rhin : un plan incliné à wagonnets amène, depuis le canal, les matières (calcaire ; houille pour chaufferies ; coke pour fours à chaux) en partie haute de l'usine, de manière à favoriser un traitement gravitaire des produits. Un embranchement particulier à la ligne Paris-Avricourt est établi en 1894, il s'effectue par le biais d'une voie de 0, 60 m traversant le canal. En février 1901, l'entreprise fait l'objet d'une prise de participation (?) de la Compagnie de Saint-Gobain, exploitante de la concession et de la saline d'Art-sur-Meurthe ; en 1908, elle procède à l'acquisition de l'emprise de l'ancienne usine de chaudronnerie Cabirol (IA54002191), située en bordure Sud du canal. En 1909, la Compagnie de Saint-Gobain absorbe la "S.A. des Produits Chimiques et Soudières de la Meurthe". La Première Guerre Mondiale occasionne d'importants dégâts à la soudière par obus de 210 mm (1914) et bombardements par avions (1916, 1917, 1918). En 1924 interviennent la reconstruction des fours à chaux et l'édification de silos à soude (?) de 8000 m3, réalisées par l'entreprise France Lanord et Bichaton de Nancy ; ces travaux sont probablement liés à l'exploitation, à partir de 1923, de sondages supplémentaires dans la concession salifère d'Art-sur-Meurthe, propriété de la Compagnie de Saint-Gobain. Construction d'une première cité ouvrière en 1907 (rue et impasse Pierre-Brossolette). Une seconde cité ouvrière (rues Léon Houot et du 11 Novembre 1918) est édifiée en 1924 à 100 m au Nord-Ouest de la précédente, elle comporte 18 maisons doubles avec jardins ; un bâtiment à usage de bureau central et d'infirmerie est construit dans le courant du 2e quart 20e siècle. Une seconde reconstruction des fours à chaux par l'entreprise France Lanord et Bichaton intervient de 1945 à 1949, au nombre de 5, les nouveaux fours produisent 50 tonnes de chaux par jour. A partir de 1945 la production de l'usine s'oriente principalement vers la fabrication d'engrais, au détriment des dérivés sodiques à usage de la chimie et de l'industrie verrière. La fermeture du site intervient entre 1953 et 1956 et la plus grande partie des bâtiments semble détruite dans les années 1970-1980. Les vestiges subsistants sont reconvertis en zone artisanale, le bâtiment à usage de bureau central et infirmerie en logements. La plus grande partie de l'emprise industrielle a fait l'objet, vers 2005, d'un projet de requalification en lotissement pavillonnaire, "les Bouleaux", dont seul l'ensemble du réseau viaire a été exécuté ; il n'a rencontré qu'un succès très modéré, avec l'édification de 2 maisons. Le 29 août 2018, le bâtiment le plus important de l'ancienne soudière (atelier de réparation et magasin industriel) a été détruit par incendie.

Période(s) Principale : 3e quart 19e siècle, 4e quart 19e siècle, 1er quart 20e siècle, 2e quart 20e siècle , daté par source
Principale
Dates 1892, daté par source
1893, daté par source
1907, daté par source
1924, daté par source
1945, daté par source
1946, daté par source
1948, daté par source
1949, daté par source
Auteur(s) Auteur : Reclus Paul, ingénieur civil, ingénieur de l'entreprise, attribution par travaux historiques
Auteur : France Lanord, et Bichaton

Bureau central et infirmerie : en rez de chaussée surélevé, encadrements de baies en béton armé surmontés de cintres en brique, enduit, croupe ; atelier de réparation et magasin industriel : brique peinte avec renforts par pilastres délimitant les travées, vestiges partiellement détruit après inventaire par incendie ; cantine, puis bains-douches : baies avec écoinçons, harpes et appuis en pierre de taille calcaire, toit à longs pans, restauré ; bureau : chaînes et encadrements de baies jumelées en brique peinte ; logement d'employés : enduit partiel, chaînes en brique, 2 étages carrés, croupe ; cité ouvrière Est : maisons jointives, soubassement en moellon de calcaire ébousiné sans chaîne en pierre de taille, chaînes en brique, encadrements de baies cintrées en brique avec appuis en pierre de taille calcaire, enduit partiel, tuile mécanique ; cité ouvrière Ouest : maisons à 2 logements, baies cintrées avec appuis en saillie pour les fenêtres, filets de séparation des niveaux en brique, toit à longs pans et appentis, restaurée ; vestiges non identifiés 1 et 2 en bordure du canal : béton, brique.

Murs calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
brique enduit partiel
béton béton armé
Toit tuile mécanique
Étages en rez-de-chaussée surélevé, 2 étages carrés
Élévations extérieures élévation à travées
Couvertures toit à longs pans
croupe
appentis
Énergies énergie thermique produite sur place
énergie électrique produite sur place
États conservations établissement industriel désaffecté, vestiges, restauré, détruit après inventaire
Statut de la propriété propriété privée

Références documentaires

Documents d'archives
  • création, machines à vapeur, agrandissements (1891-1893) Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 5 M 223
  • plan d'ensemble de l'usine au 1/1000e ; ensemble de clichés relatifs aux bâtiments avariés par bombardements (1914-1922) ; acquisitions de terrains et d'emprises diverses par la société de Saint-Gobain à Varangéville (1901-1908). Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 10 R 863
  • branchement d'eau aux cités en construction à Varangéville-Haute (1907). Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 3 S 458
  • plan relatif à l'établissement d'une voie ferrée au dessus du canal (1894). Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 2 S 123
  • établissement de 3 sondages supplémentaires, plan, 23-08-1923. Archives départementales de Meurthe-et-Moselle, Nancy : 8 S 102
Bibliographie
  • P. 162.
Périodiques
  • 17-01-1901, p.1 [projet de fusion entre la société de Saint-Gobain et la S.A. des Soudières de la Meurthe]. Bibliothèque Nationale de France
  • 7-02-1909, p. 325 [fusion avec la société de Saint-Gobain]. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • 11-05-1924 [édification d'une seconde cité ouvrière]. Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
  • no. 8681, 16-12-1893 [Paul Reclus, ingénieur, direction des travaux d'édification de la Soudière de la Meurthe]. Bibliothèque Nationale de France
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Thiébaut Pascal
Pascal Thiébaut

Chercheur à l'Inventaire général du Patrimoine culturel à Nancy


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