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Usine de tissés métalliques Gantois

Dossier IA88002044 réalisé en 2012

Fiche

Œuvres contenues

Constitué principalement d'éléments métalliques (demi-fermes ; poteaux) assemblés par rivetage ou boulonnage, le bâtiment pouvait se prêter à un déplacement aisé sur une longue distance, par chemin de fer en particulier. Sa structure modulable, par travures, facilitait une réaffectation à d'autres usages et des modification de sa longueur originelle. Sa largeur originelle (18 à 20,00m) et l'entraxe des travées de fermes, proches de 5,00 m (4,96m), évoquent plus particulièrement un manège couvert type 1888 réduit (45,00 m de longueur) pour troupes montées (cavalerie ou artillerie de campagne), ou un hangar à manœuvres (principalement pour casernes d'infanterie).

1-Hypothèse, conforme à la tradition orale, lui attribuant comme origine une caserne de Lunéville.

Edifiées pour l'essentiel entre 1882 et 1885 les casernes Stainville (infanterie), Diettmann (cavalerie) et Treuille de Beaulieu (artillerie à cheval) offrent des dispositions intérieures dont l'état antérieur à 1914, est largement connu (vues aériennes anciennes ; plans) ; aucune ne présentait de bâtiment de ce type. Bien moins connu dans son état antérieur à 1914, le quartier La Barollière (cavalerie), principalement édifié dans la seconde moitié du 18e siècle et agrandi entre 1894 et 1913, ne paraît pas avoir disposé d'un bâtiment de ce modèle. Une origine probable, mais non certaine compte-tenu de la faiblesse de la documentation ancienne disponible, pourrait concerner les quartiers désaffectés (tout ou en partie) après 1920 : Beauvau (cavalerie) ; Stanislas, actuel château (cavalerie, puis infanterie en 1914) ; Froment-Coste (infanterie, édifié partiellement en 1913 à partir d'un édifice civil acquis par les Domaines).

2-Hypothèse attribuant une origine déodatienne.

La proximité de la caserne Chérin-kellermann (infanterie), partiellement désaffectée en 1926 et dont la vente des matériaux (dont un hangar) intervient fin 1929, offre une hypothèse séduisante. Un complément de recherche dans les séries consacrées aux Dommages de Guerre 1914-1918, au bénéfice des Ets. Trimbach et/ou Blech et Trimbach de Saint-Dié permettrait de préciser cette question.

Précision dénomination tissage de toile métallique
usine de grillage
usine d'étamage
usine de tôle perforée
usine d'élémments en métal
Appellations manufacture Lorraine de Tissus Métalliques J. Gantois et Cie, puis S.A. des Ets. Joseph Gantois, puis J. gantois et J. Beucher réunis, puis Société des Ets. Gantois, actuellements Ets. Gantois
Parties constituantes non étudiées bureau, atelier de fabrication, hangar industriel, chaufferie, conciergerie
Dénominations tissage, usine de construction métallique, usine de traitement de surface des métaux
Aire d'étude et canton aire d'étude du département 88 - Saint-Dié-des-Vosges-Est
Adresse Commune : Saint-Dié-des-Vosges
Adresse : 25 rue des Quatre Frères Mougeotte
Cadastre : 2012 AS 91, 94, 113, 225 ; 2012 AT 212 Outre la parcelle 212, l'emprise originelle comportait les parcelles suivantes : 61 à 63, 211, 453, 454.
Adresse

L'introduction de la fabrication de la toile métallique (alors limitée à l'usage de l'industrie papetière) à Saint-Dié date de 1872. Originaire de Liepvre (68), Camille Henry (1851-1899), fabricant de tamis et de grillage, s'installe à Saint-Dié en 1877 ; il s'associe en 1894 avec Joseph Gantois (1865-1919), originaire de Passavant (70), qu'un passage à Lyon (69) avait fortement sensibilisé à l'industrie de la toile métallique. Une première usine est édifiée à Saint-Dié, à un emplacement inconnu. A la suite du décès de Camille Henry, J. Gantois s'assure le concours de Just Beucher et fonde une nouvelle société : Joseph Gantois et Cie. Une nouvelle usine est édifiée à partir de 1900, sur 2 emprises séparées par la rue : une emprise Sud (section AT du cadastre) dont ne subsiste qu'un ancien atelier de fabrication récemment reconverti en centre culturel, "La halle" (non photographié) ; une emprise Nord (section AS du cadastre), correspondant au site actuellement en activité et constitué en plusieurs étapes, dont la première, en 1905 ou peu avant, avec l’absorption de tout ou partie d'un chantier de l'entreprise de travaux publics F. Chéry. A la fabrication de toile métallique (partiellement destinée aux lampes antidéflagrantes pour mines de houille type Davy) et de grillage pour clôture, s'ajoute la fabrication de tôle étamée et perforée. En 1902, l'augmentation du capital de la société conduit à l'édification de nouveaux bâtiments : une salle des machines en 1906 par les entrepreneurs Charles Hug (1871-1923) et Brueder ; un atelier d'étamage en 1907 par l'entrepreneur François Chéry (1859-1934), entré, en 1905, au C.A. de la société. Pour vanter la résistance de ses grillages aux perforations mécaniques, la société prend, en 1900, le rhinocéros comme emblème, associé à une devise formant argument commercial : "Ma corne s'y brise". En juin 1911, l'entreprise en commandite J. Gantois et Cie se transforme en S.A., la Société des Etablissements Gantois. Après 1919, à la suite du décès de Joseph Gantois, la société devient devient S.A. des Etablissements J. Beucher et J. Gantois Réunis, avec transfert du siège social à Paris. Un nouvel atelier de tissage est construit en 1920. A la suite de la démission de Just Beucher, qui intervient dans le courant de l'année 1927, la société devient Etablissements Gantois en mai 1928, avec transfert du siège social à Saint-Dié. la nouvelle société est alors placée sous la direction d'André Collin (1900-1978), ancien ingénieur des Hauts Fourneaux et Fonderies de Pont-à-Mousson, qui donne à l'entreprise une expansion nouvelle à travers l'acquisition de nombreux établissements en France. En 1934, est lancée l'étude de la réalisation de nouveaux bureaux, sous la direction des architectes Maurice Fiquet (1897- ?) et Edouard de Mirbeck (1869-1938). Partiellement réalisés en béton Hennebique (séparations de niveaux et escalier à tracé courbe), les travaux sont réalisés en 1935-1936 par l'entrepreneur Joseph Piantanida (1904 - ?), sous la direction technique des ingénieurs-conseils de l'entreprise Hennebique Pierre Deseigne (1896-1968) et A. Flament. Implanté à l'angle Sud-Ouest de l'assiette de l'usine, le bâtiment, sur plan en équerre, il offre une tour d'angle dont le registre supérieur paraît évoquer une lampe de mineur ; le linteau courbe de sa porte piétonne est pourvu d'une sculpture représentant un rhinocéros, emblème de l'entreprise, dû au ciseau d'Emile Surmély. Son aménagement intérieur, offre un remarquable escalier à tracé courbe, pourvu d'une rampe en métal avec bandeau de cuivre et une série de vitraux (étudiés) réalisée en 1937, contemporaine de l'équipement mobilier (étudié) du bureau de direction. La porte, à double battant, donnant accès aux pièces du premier niveau, était initialement commandée par un dispositif d'ouverture automatique par cellule photo-électrique. Après 1945 l'entreprise absorbe les locaux voisins de l'ancienne textile J. Trimbach qui avait procédé, dans le courant des années 1920-1930, à la récupération d'un ancien bâtiment (actuel hangar D) militaire (hangar à manœuvre ou partie d'un manège de cavalerie type 1888) datant du 4e quart 19e siècle ou du 1er quart 20e siècle ; bien qu'une tradition orale ancienne lui attribue comme provenance une ancienne caserne de Lunéville, l'hypothèse du remploi (total ou partiel) d'un hangar à manœuvre provenant de l'ancienne caserne Chérin-kellermann, alors toute proche, et partiellement désaffectée en 1926 ne saurait être exclue. Son transfert dans les locaux de l'entreprise J. Trimbach aurait pu intervenir dans le courant de l'année 1929, date de la mise en adjudication de son enlèvement. Trois ateliers de fabrication, totalisant 6000 m², sont construits en 1962, 1963 et 1973, deux autres en 1992 et 2000. Désaffectée depuis le début des années 2000, l'emprise Sud, fait l'objet d'une requalification après 2006 ; l'opération entraîne la destruction de plusieurs bâtiments et la restauration, intervenue en 2012-2013, de la "Halle" après transfert de propriété au bénéfice de la commune. A la suite de nombreuses difficultés, l'entreprise Gantois est acquise en 2010 par la société "Filtres Guérin", depuis 2011 sa raison sociale est Gantois Industries (S.A.S.)£242 employés en 2011.

Remploi provenant de Commune : Saint-Dié-des-Vosges
Période(s) Principale : 4e quart 19e siècle , daté par source, daté par tradition orale , (?)
Principale : 1er quart 20e siècle , daté par source
Principale : 2e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 3e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
Principale : 4e quart 20e siècle , daté par travaux historiques
Dates 1900, daté par source
1906, daté par source
1907, daté par source
1920, daté par source
1935, daté par source
1936, daté par source
1962, daté par source
1963, daté par travaux historiques
1973, daté par travaux historiques
1992, daté par travaux historiques
2000, daté par travaux historiques
Auteur(s) Auteur : Mirbeck (de) Edouard, architecte, peintre, attribution par source
Auteur : Fiquet Maurice,
Maurice Fiquet (1897 - )

date de décès inconnue (AD73 : 3 E 3314)

adresses à saint Dié : 11, rue du Nord (1911), 45, rue des Trois Villes (1923-1926), 14, rue du Nord (1936).

ancien dessinateur chez l'architecte E. de Mirbeck

1946 : architecte M.H. du département des Vosges (source : "geneanet.org", notes sans références précises).


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architecte, attribution par source
Auteur : Deseigne Pierre,
Pierre Deseigne (1896 - 1968)

né à Calais (62) le 22.07.1896, décédé à Nancy (54) le 20.10.1968. Ingénieur (formation inconnue), entre au service des Ets. Hennebique en temps qu'ingénieur-conseil à leur bureau régional d'Orléans (45) en 1926 ou peu avant ; remplit des fonctions analogues à Nancy à partir de 1929. Adresse à Nancy (1931) : 13, rue d'Alliance.


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ingénieur civil, attribution par source
Auteur : Flament A.,
A. Flament

ingénieur des Ets. Hennebique ; ne semble pas correspondre à Georges (1909-1998) ou Roger (1903-1935) Flament-Hennebique, au service de la même entreprise.


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ingénieur civil, attribution par source
Auteur : Hug Charles, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Brueder, entrepreneur, attribution par source
Auteur : Chéry François, Xavier, Auguste,
François, Xavier, Auguste Chéry (26.08.1859 à Amoncourt (70) - 1934)

premiers travaux publics connus : participation aux travaux d'établissement de la ligne ferroviaire Gondrecourt-Sorcy (1891-1892), renforcement du fort de Girancourt (88) en 1892 ; concessionnaire des ciments armés Demay Frères à Reims (à partir de 1901 ?) ; concessionnaire Hennebique (à partir de 1907 ?) ; membre du C.A. des Ets. Gantois à Saint-Dié (88) ; adresses : 25, rue de Rigny (1911) 13, quai Isabey (1923) à Nancy, installation à Saint-Dié à une date indéterminée.

sources : I.C.E. ; Le béton armé ; ADMM : 6 M 33/394 (recensement de la commune de Nancy, 6ème section, 1911), 10 R art. 600 (dommages de guerre 1914-1918), 3 S 415 (présence à Nancy en 1911)


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entrepreneur, attribution par source
Auteur : Piantanida Joseph,
Joseph Piantanida (14.09.1904 à Crosio-Della-Valle (Italie). - )

adresse en 1937 : rue des Trois Villes à Saint-Dié (88).

sources : J.O.R.F. (1937).


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entrepreneur, attribution par source
Auteur : Surmély Emile,
Emile Surmély (1879 (?) - )

date de naissance incertaine.


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sculpteur, attribution par source

Chaufferie J (0993632;6805599) : enduit partiel, pans de béton délimitant des surfaces vitrées sur murs Nord et Ouest) ; atelier de fabrication A (0993588;6805552) : enduit, bardage partiel en matériau synthétique translucide sur façade Nord, charpente métallique apparente, shed en verre ; atelier de fabrication B (0993704;6805576) : enduit, bardage en métal et matériaux synthétique translucide sur façade Nord, charpente métallique apparente, toit à longs pans en métal, shed ; atelier de fabrication C (0993805;6805573) : enduit, charpente métallique apparente, toit à longs pans dissymétriques en tuile mécanique, shed, lanterneau en matériau synthétique translucide ; atelier de fabrication G (0993923;6805589) : vêture en métal, terrasse ; atelier de fabrication L (0993731;6805377) : toit bombé en béton, lanterneau (restauré) ; bureau, remise et conciergerie F (0993665;6805486) : calcaire, pan de béton armé enduit, sous-sol partiel, 2 étages carrés, plan en L comportant 2 corps principaux à élévation ordonnancée (le premier niveau du corps Ouest abritant les remises à véhicules automobiles formant saillie, couverte en terrasse béton armé sur façade Ouest), l'angle formé par les 2 corps est occupé par une tour couverte d'une terrasse avec entrée piétonne surmontée d'un rhinocéros en calcaire sculpté, l'intérieur du bâtiment est distribué par un escalier principal en demi-hors-oeuvre en béton armé éclairé par des vitraux (étudiés), toit à longs pans, croupe en cuivre ; bureau d'études H (0993723;6805482) : enduit, 2 étages carrés, élévation à travées avec encorbellement partiel du 2e étage côté Nord et Est, escalier de distribution intérieur (dans l'angle Sud-Est, partiellement vitré) tournant à gauche en béton armé avec revêtement en "granito", croupe en cuivre ; hangar D (0993506;6805516) : en remploi avec allongements latéraux du bâtiment originel et réduction probable du nombre des travures, brique silico-calcaire à pan de fer, charpente métallique apparente à demi-fermes à treillis riveté assemblées par boulonnage sur poteaux en cornières et fers plats rivetés, avec boulonnage sur fermes en partie haute, toit à longs pans en tuiles mécaniques (détruit après inventaire) ; hangar E (0993627;6805478) : enduit, mur-pignon Est à gradins, toit à longs pans en tuile mécanique (détruit après inventaire) ; bâtiment non identifié K (0993645;6805494) : brique et brique silico-calcaire enduite, toit à longs pans en tôle ondulée (détruit après inventaire).

Murs béton parpaing de béton enduit
brique silico-calcaire moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
pan de béton armé enduit
métal essentage de tôle
brique silico-calcaire pan de fer
matériau synthétique en gros oeuvre pan de béton armé
moellon sans chaîne en pierre de taille enduit
essentage de matériau synthétique
Toit verre en couverture, béton en couverture, cuivre en couverture, tuile mécanique, tôle ondulée
Étages sous-sol, 2 étages carrés
Couvrements charpente métallique apparente
Élévations extérieures élévation à travées, élévation ordonnancée
Couvertures shed croupe
toit à longs pans
toit bombé lanterneau
terrasse
Escaliers escalier demi-hors-oeuvre : escalier tournant, en maçonnerie
escalier dans-oeuvre : escalier tournant à retours avec jour, en maçonnerie
Énergies énergie électrique achetée
énergie thermique produite sur place
États conservations restauré, détruit après inventaire
Techniques sculpture
maçonnerie
vitrail
Représentations figure allégorique profane
Précision représentations

Sujet : Rhinocéros ; Support : dessus de porte piétonne de la tour d'angle

Statut de la propriété propriété d'une société privée
propriété de la commune
Intérêt de l'œuvre à signaler
Éléments remarquables bureau
Protections inscrit MH partiellement, 2013/07/18
Précisions sur la protection

Eléments suivants du bâtiment du siège social (bâtiment F) selon son meprise historique (à l'exclusion de l'extension) : les façades et toitures ; l'entrée et le vestibule ; la cage d'escalier avec l'ensemble des verrières ; le bureau du directeur avec ses décors immeubles par nature (cad : AS 91) ; inscrption par arrêté du 18 juillet 2013 (référence : PA88000053)

Références documentaires

Documents d'archives
  • ARCHIWEBTURE. base de données d'inventaires du centre d'archives de l'Ifa. Cité de l'architecture et du patrimoine.

    Immeuble de bureaux pour les Ets. Gantois, Saint-Dié (Vosges), 1935. Institut Français d'Architecture (IFA) : BAH-15-1910-27821
Périodiques
  • COLIN (Philippe), Origine et développement d'une entreprise déodatienne : les établissements Gantois, 121e année, 1995-96, vol. XCVIII, p. 133-155 [Développement économique et industrialisation dans la Haute Vallée de la Meurthe] v
  • Editeur : le béton armé, Lille, 1898-1939.

    n0. 95, 04-1906, p. 59 (affaire no. 26 880, plancher pour salle des machines, entrepreneurs : Hug et Brueder).
  • Editeur : le béton armé, Lille, 1898-1939.

    no. 105, 02-1907, p. 31 (no. d'affaire : 33293, plancher de l'escalier d'étamage, entrepreneur : Chéry).
  • 17-11-1929 (adjudication pour vente des matériaux provenant de la désaffectation partiell de la caserne Chérin-kellermann, dont "hangar"). Bibliothèque municipale, Nancy : 755027
(c) Région Grand-Est - Inventaire général - Thiébaut Pascal
Pascal Thiébaut

Chercheur à l'Inventaire général du Patrimoine culturel à Nancy


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